Lettre d'information

Une affiche de 1944 appelant à la libération de Paris

©Collection Maurice Bleicher

 

Pour les Parisiens qui, depuis les débarquements du 6 juin 1944 en Normandie et du 15 août 1944 en Provence, suivent avec ferveur la progression des Alliés, le déclenchement de l’insurrection s’accompagne d’une floraison d’affiches dans les rues de la capitale. Les appels à la mobilisation s’y multiplient, parfois désordonnés, exhortant la population à la discipline autant qu’à la "fureur patriotique", tandis que les Allemands menacent Paris de sévères représailles.

Le 18 août voit l'apparition sur les murs de Paris de quatre affiches : un ordre de mobilisation générale des Francs-Tireurs et partisans français, un appel à la grève générale de la CGT et de la CFTC, un appel à l'insurrection des élus communistes et un ordre de mobilisation du chef FFI de la région parisienne, le colonel Tanguy, alias Rol.

L'affiche présentée, co-signée de Rol et du chef FFI de la Seine, le colonel de Marguerittes, alias Lizé (orthographié Lizey sur l’affiche) offre un texte identique à cette dernière directive et date probablement du même jour : les chefs de la Résistance parisienne lancent un appel à la mobilisation générale en application des ordres du Comité d’action militaire (COMAC) du Conseil national de la Résistance (CNR). Tous les Français et toutes les Françaises doivent rejoindre les formations FFI ou les milices patriotiques de leur quartier ou de leur usine. Les objectifs sont fixés : attaquer l’ennemi, ses postes de gardes, ses véhicules, ses dépôts de carburant, s’emparer de ses dépôts de ravitaillement et protéger les services publics indispensables à la vie des Parisiens.

 

Menée avec des moyens rudimentaires, cette insurrection permet à la capitale de laver la souillure de 4 années d’occupation et au peuple parisien d’être, une fois de plus, au rendez-vous de l’Histoire. L’arrivée, le 24 août au soir, des premiers éléments de la 2ème DB, bientôt rejoints par des unités américaines de la 4ème division d’infanterie, entraîne le 25 août la capitulation du général Von Choltitz, commandant les troupes d’occupation allemandes dans la capitale. Le même jour, le général de Gaulle prononce son célèbre discours de l’Hôtel de ville (« Paris outragé ! Paris brisé ! Paris martyrisé ! Mais Paris libéré ! ») avant de descendre, le lendemain, les Champs Elysées en direction de Notre-Dame, au milieu d’une ferveur populaire indescriptible.

 

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