La guerre 39-45 dans le Nord

Les contrées du Nord de la France ont vu se succéder trois types d'événements qui ont meurtri tant les terres que les hommes de ce pays :

 

- Les combats de mai-juin 1940,

- Les actes de résistance, plus précoces que dans le reste de la France,

- Les constitutions d'ouvrages intéressant le Mur de l'Atlantique.

 

Nord de la France - Mur de l'Atlantique, bunkers. Source : German Federal Archive (Deutsches Bundesarchiv)

 


 

Dès le 13 mai, la 7ème Panzer d'Erwin Rommel réussit sa percée du front. Le 16, Avesnes et Maubeuge sont atteintes, tandis qu'en provenance de la Meuse, la 6ème Panzer se trouve le même jour entre Vervins et Laon. Dans la région de Sedan - Charleville, les blindés de Guderian passent en force et s'ouvrent les couloirs de la Sambre et de l'Oise. Les Néerlandais ayant déposé les armes le 15 mai, les Allemands étant aussi sur l'Aisne le 16 mai, les forces françaises et alliées en Belgique étaient menacées par le mouvement tournant qui s'opérait alors depuis le sud-est vers le nord-ouest. Péronne, Cambrai puis Abbeville tombent.

 

Heinz Guderian. Source : German Federal Archive (Deutsches Bundesarchiv)

 



La contre-attaque alliée entre Cambrai et Arras se solde par un échec. La retraite vers la mer du Nord se précise. Les batailles acharnées à Valenciennes, Lille et les communes environnantes , à Haubourdin, Phalempin, Loos, Lambersart ne retardent que faiblement l'ennemi. Le repli vers Dunkerque s'opère inéluctablement, Lille et Boulogne étant perdues. Dans ces conditions, l'armée Belge enserrée capitule le 28 mai, jour même du massacre des troupes Britanniques par les Allemands à Lestrem. C'est alors le temps fort de l'opération Dynamo, dont le but était de permettre le sauvetage par rembarquement des Britanniques et de l'armée française du Nord.



Dynamo a été décidée le 19 mai et s'est déroulée, après un arrêt momentané des chars allemands du 24 au 26 mai, du 26 mai au 4 juin. La retraite se déroule le long de la côte pour les villages des Flandres des environs de Gravelines, Bourbourg, Bergues et Dunkerque. A Gravelines, devant le pont mobile Vauban, fermé par les Alliés, les réfugiés Belges sont pris entre deux feux le 24 mai. A Esquelbecq le 28 mai, des Waffen S.S. assassinent les prisonniers Britanniques qui leur ont vaillamment résisté avant de se rendre. A Bergues, les Britanniques jusqu'au 1er juin et les Français jusqu'au 2 juin, tiennent sous les bombardements. A Zuydcoote au Sanatorium, on soigna des milliers de soldats alliés en pleine bataille jusqu'au 4 juin. Le fort des Dunes tout proche, fortification à la Séré de Rivières, vit le 2 juin la mort de l'intrépide Général Janssen. Plus près de Dunkerque, ce fut sur la digue de Malo que de petites embarcations, les "little ships", assurèrent l'embarquement des soldats sur les navires restés plus au large. Le 4 juin, peu avant l'aube les derniers embarquements ont lieu. Le même jour, dans Dunkerque qui n'est plus que ruines, 35 000 soldats français sont faits prisonniers mais près de 340 000 alliés dont 123 000 français ont réussi à être évacués. Ensuite, tout le Nord de la France étant occupé, ce qu'il restera jusqu'en 1944 et même jusqu'au 9 mai 1945 pour Dunkerque, les armées allemandes envahirent le Sud.


Sous l'occupation allemande, le Nord-Pas de Calais fut marqué d'une part par le rattachement au commandement militaire allemand de Bruxelles, d'autre part par le terrible souvenir de l'occupation de la précédente guerre, ravivé par les exactions qui s'étaient notamment produites en mai 1940 à Oignies, Lestrem et Esquelbecq, enfin par la misère et l'exploitation des mines et des mineurs par l'occupant.

 

Dans ce contexte, la Résistance se développa plus vite qu'ailleurs en France, et la mémoire du Bassin Minier et des exécutions dans les forts environnant Lille et dans la citadelle d'Arras doit ici être soulignée. Peu avant la libération, d'autres événements terribles ont lieu, ainsi à Ascq et à Lomme, non loin de Loos, oû stationne un train de sinistre mémoire. De nombreux mémoriaux perpétuent le souvenir des héros et des victimes innocentes.


Pendant l'occupation, l'armée allemande, dont le centre de détection des messages de la Résistance installée à Tourcoing était pourtant efficient, renforça le littoral qu'elle croyait être celui du débarquement en y édifiant un véritable "mur" de l'Atlantique. Plusieurs ouvrages côtiers ou de l'immédiat arrière-pays témoignent aujourd'hui encore de ce que fut l'organisation systématique de cette défense mais aussi des ultimes tentatives hitlériennes de terroriser les Britanniques en faisant bombarder l'Angleterre par des obus de canons géants ou des fusées V1 et V2.

 

 

Source : MINDEF/SGA/DMPA territoire Nord