Lettre d'information

"Après la bataille de Belfort", un tableau de Théodore Levigne

Théodore Levigne (Noirétable, 1848 – Lyon, 1912), Après la bataille de Belfort, Huile sur toile ; sans date ; h. 325 x L. : 225 cm
© Musée d’Art et d’Histoire de Belfort (inv. 2013.3.1)

 

Le 28 janvier 1871, la France vaincue signe un armistice avec la Prusse. Le 18 février, le colonel Denfert-Rochereau et ses hommes, qui résistaient depuis le 3 novembre 1870 dans la citadelle de Belfort assiégée, quittent la place sur ordre du gouvernement de Défense nationale. Après un siège de 103 jours, 1600 morts côté français, 2000 côté prussien et au moins 100 000 projectiles tirés, Belfort sauve l’honneur. Alors qu’une partie de la Lorraine et les départements du Bas-Rhin et du Haut-Rhin seront annexés par l’Empire allemand, la place sera ainsi épargnée par le Traité de Francfort (10 mai 1871) et  restera française.
 

L’objet présenté rend hommage aux troupes du colonel Denfert-Rochereau et à leur résistance lors du siège de Belfort


Dans cette œuvre, Théodore Levigne (1848-1912) réunit la figure emblématique de Florence Nightingale (1820-1910), pionnière des soins infirmiers modernes, et la bannière du premier Comité International de la Croix Rouge (CICR), fondé en 1870 à Bâle. L’artiste porte l’accent sur ce qui survient après une bataille, en suggérant un sursaut d’humanisme et de solidarité face à la violence guerrière. Le drapeau rappelle l’étendard de saint Georges, vainqueur du mal, et le chien est symbole de courage et de fidélité. En outre, Florence Nightingale vient au secours des vivants mais aussi des morts, empruntant avec son fiacre aux couleurs de l’espérance le chemin de de la paix et de l’humanisme jusqu’aux portes d’une ville devenue mythique en 1871, Belfort. Episode rêvé ou non, mystique en grande partie, la célèbre pionnière habillée de la couleur du deuil se dresse en contrebas d’une couronne de lauriers destinée autant aux vainqueurs qu’au courage des vaincus et des disparus.