Lettre d'information

La nécropole nationale de Biaches

Nécropole nationale de Biaches. © ECPAD

 

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La nécropole nationale de Biaches, regroupe les dépouilles de soldats morts pour la France lors des différents combats sur la Somme qui se sont déroulés lors de la Première Guerre mondiale. Créée en 1920, cette nécropole est aménagée jusqu'en 1936 pour y réunir les corps d’autres soldats exhumés des cimetières provisoires de Biaches et de Curlu. Cette nécropole réunit 1 362 corps dont 1 040 sont inhumés en tombes individuelles. Deux ossuaires recueillent les restes mortels de 322 combattants inconnus.

 

Les premiers combats sur la Somme, 28 août-12 octobre 1914

Après avoir traversé la Belgique puis franchit la frontière, la Ire armée du général allemand von Kluck est, le 28 août 1914, aux portes d'Amiens, défendue par la 6e armée française du général Maunoury. Pour endiguer l'avance allemande, les troupes françaises livrent d'âpres combats, notamment sur le plateau de Combles ou à Proyart. Pour autant, le 31, les Allemands s'emparent d'Amiens qu'ils doivent abandonner, au terme de dix jours d'occupation éprouvante pour les civils. Il en est de même pour la ville d'Albert. Après le sursaut allié sur la Marne, au début de septembre 1914, les troupes franco-britanniques tentent en vain de rejeter l’ennemi derrière les frontières. Dans un dernier effort, chaque armée tente de déborder son adversaire par le nord. La "Course à la mer" est jalonnée de nombreux accrochages autour de Roye, Villiers-Bretonneux, Péronne, Montauban ou Albert. Chaque belligérant ne peut obtenir de franc succès. La guerre s’enlise.

L'offensive de la Somme, 1er juillet-18 novembre 1916

En 1915, secouée ponctuellement par des actions limitées, le front de la Somme ne connaît pas d'opération majeure. À la fin de l’année, les alliés décident de conduire, au printemps 1916, une action puissante sur ce front. Toutefois, ce plan est contrarié par l'offensive allemande conduite à Verdun. Pour soulager le secteur de la Meuse de la pression ennemie, cette stratégie offensive est maintenue et confiée aux forces du Commonwealth qui en portera l'effort principal. Les moyens français sont, en grande partie, détournés vers la Meuse.

Bien que ralentis, les préparatifs sont importants. L’arrière front est traversé de nouvelles routes et de voies ferrées pour acheminer munitions et soldats. Des postes de secours, des cantonnements et des dépôts de munitions sont créés. Long de près de 30 kilomètres, le front concerné est traversé par la Somme à la droite de laquelle se déploient les 4e et 5e armées britanniques. Sur la rive gauche, se positionnent les 6e et 10e armées françaises qui soutiendront l'effort britannique.

Le 1er juillet, les premières vagues britanniques s'élancent. Mais, très vite, elles sont stoppées par les tirs nourris des mitrailleuses. En effet, les IIe, VIe et IVe armées allemandes tiennent solidement les lignes de crête qui dominent les vallées de l’Ancre et de la Somme. En quelques heures, près de 30 000 hommes sont hors de combat. Plus au sud, les Français arrivent aux portes de Péronne. Le 1er Corps d'Armée colonial enlève le plateau de Flaucourt. Enlevé aux premiers jours de l'offensive, le village de Biaches constitue le dernier verrou pour atteindre Péronne. Aussi, ce village est localement l'objet de tous les enjeux. Attaques et contre-attaques allemandes se succèdent. Biaches est repris mais l'ennemi ne peut soutenir son effort. Le 19, les Allemands sont chassés définitivement des ruines du village. Malgré ce succès, le mouvement franco-britannique s'enraye. Les alliés adoptent alors une attitude essentiellement défensive.

Pendant dix semaines, les alliés, à l’image des 42e et 39e Division d’Infanterie (DI) françaises devant Rancourt et Maurepas grignotent des positions allemandes sans réussir la percée décisive. Méthodiquement ils pilonnent les positions ennemies avant que l'infanterie ne réussisse à conquérir quelques mètres de tranchées. Le 18 novembre 1916, les alliés, perdant l'espoir d'une rupture effective du front, suspendent ce mouvement. Au terme de quatre mois, ces combats ininterrompus ont causé la perte de 650 000 Allemands, 420 000 Britanniques et 195 000 Français.

Les combats sur la Somme en 1918

En mars 1918, après l'effondrement de l'armée russe, le général allemand Ludendorff dispose de nouvelles troupes. Engagées rapidement sur le front occidental, elles reprennent la région en multipliant les assauts à la charnière des armées britanniques. Le front de la Somme menace de rompre. En avril, les Allemands s’emparent de Moisel, Ham, Péronne ou Montdidier. Malgré de violents bombardements et des assauts répétés, Amiens reste aux mains des Britanniques. En effet, la résistance des troupes australiennes à Villiers-Bretonneux permet de sauver Amiens. En juillet, l’armée allemande est arrêtée une nouvelle fois aux portes de Paris. Les Alliés contre-attaquent alors sur l'ensemble du front. Le 8 août 1918, Canadiens, Australiens et Français de la 1ère armée attaquent entre Albert et Roye. Soutenue par les chars et l'aviation, l'infanterie, bouscule l'ennemi qui déplore, en quatre jours, la perte de 27 000 morts et de 21 000 prisonniers. Le front recule de plus de 10 km. Le 22, Albert est définitivement libérée. Poursuivant leur effort, à la fin août, les alliés libèrent entièrement le département de la Somme où les destructions sont importantes.

 

  • Nécropole nationale de Biaches. © Guillaume Pichard

  • Nécropole nationale de Biaches. © Guillaume Pichard

  • Nécropole nationale de Biaches. © Guillaume Pichard

  • Nécropole nationale de Biaches. © Guillaume Pichard

  • Nécropole nationale de Biaches. © Guillaume Pichard

  • Nécropole nationale de Biaches. © ECPAD

  • Soldats français dans les ruines de Dompierre. Croquis de guerre réalisé dans la Somme par François Flameng et Charles Hoffbauer en 1916 et publiés dans le journal L'Illustration en 1917-1918. © AD 80/François Flameng/Charles Hoffbauer

  • Relève d’infanterie traversant de nuit un village. Croquis de guerre réalisé dans la Somme par François Flameng et Charles Hoffbauer en 1916 et publiés dans le journal L'Illustration en 1917-1918. © Archives départementales de la Somme/Charles Hoffbauer

  • Soldats anglais dans les ruines du vieux rempart de Péronne. Croquis de guerre réalisé dans la Somme par François Flameng et Charles Hoffbauer en 1916 et publiés dans le journal L'Illustration en 1917-1918. © Archives départementales de la Somme/François Flameng

  • Ruines du village de Biaches. Croquis de guerre réalisés dans la Somme par François Flameng et Charles Hoffbauer en 1916 et publiés dans le journal L'Illustration en 1917-1918. © Archives départementales de la Somme/Charles Hoffbauer

  • Poste d’observation des anciennes tranchées allemandes. Croquis de guerre réalisés dans la Somme par François Flameng et Charles Hoffbauer en 1916 et publiés dans le journal L'Illustration en 1917-1918. © Archives départementales de la Somme/François Flameng

  • Ruines du village de Dompierre. © Archives départementales de la Somme

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    Adresse

    Biaches
    À l’ouest de Péronne, D 1

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    Visites libres toute l’année