Lettre d'information

Fort des Mille-Fourches

Detail des deux caponnières du fort des Mille-Fourches. Source Fortweb.net

Le fort des Mille-Fourches est construit entre 1887 et 1890. Il fonctionne en binôme avec le fort de la Forca, dont il est la copie. La Redoute des Trois Communes, bâtie ultérieurement, les protège.

Sa construction s'inscrit dans les suites du traité de Turin en 1860. La Savoie et Nice sont rattachés à la France. La vallée de la Roya, voie de communication nord-sud au coeur du massif alpin, est partagée entre la France et l'Italie. Le verrouillage de la nouvelle frontière devient ainsi un enjeu stratégique primordial. La déroute militaire de 1870 impose une réorganisation complète de la défense nationale : réforme du système de commandement et de l'état-major, du service militaire, redécoupage des circonscriptions militaires en dix huit régions militaires.

Toutes ces initiatives doivent préparer la Revanche et permettre de laver l'affront que représente la perte de l'Alsace-Lorraine. La frontière du Nord-Est est l'objet de toutes les sollicitudes. Cependant, le général Seré de Rivières est sensible à l'évolution de relations franco-italiennes.

La redoute des Trois Communes, bâtie ultérieurement, les protège. Elle répercute la montée des tensions entre la France et l'Italie, mais surtout les évolutions technologiques, la "crise de l'obus torpille", qui rendent caduque, en partie, le système Seré de Rivières. Les nouveaux projectiles sont en forme d'ogive cylindrique, explosent à l'air libre, l'acier remplace la fonte, les nouveaux mélanges explosifs sont plus puissants et ne font plus de fumée, les canons tirent plus loin (Bange 155 mm et 220 mm.) Les blindages et maçonneries de surface sont ainsi percés, les obstacles de surface (fossés et parapets, caponnières) bouleversés.

Le fort des Mille-Fourches appartient à la première génération du système Seré de Rivières. Une ceinture de forts, prenant appui sur des obstacles naturels, et distants de quelques kilomètres, périmètre de couverture par l'artillerie, protège une ville (ou noyau central), à 6 kilomètres en arrière, des bombardements ennemis. Le Mille-Fourches est un petit fort doté d'une façade avec peu d'ouvertures. Il est ceinturé d'un fossé et flanqué de caponnières bétonnées. La cour intérieure est remplacée par une salle voûtée.

Avec l'arrivée au pouvoir de Mussolini et la dégradation des relations franco-italiennes, l'Authion devient un massif fortifié. La construction en 1929 d'un téléphérique reliant la route de Moulinet à Turini et le camp de Cabanes Vieilles, facilite en toute saison le ravitaillement des troupes. Dans le cadre du programme Maginot, les forts de Plan Caval, Raus, la Béole et la Déa sont mis en chantier à partir de 1933. L'ensemble fait partie du secteur fortifié des Alpes-Maritimes (S.F.A.M.). Le 10 juin 1940, l'Italie déclare la guerre à la France (Mussolini espère annexer Nice et la Savoie). L'offensive italienne se déroule du 20 au 25 juin. Le 25 juin, l'armistice est signé. Les Alpes-Maritimes font partie de la zone libre à l'exception de Menton et d'une partie des communes d'Isola et de Fontan.

En 1942, à la suite du débarquement allié en Afrique du Nord, les Alpes-Maritimes sont occupées par les Italiens. Ils seront remplacés par les Allemands en 1943. Après le débarquement allié du 15 août 1944 au Dramont, dans le Var, la majeure partie du département est libérée le 6 septembre, mais la haute vallée de la Roya et le massif de l'Authion sont toujours occupés par les Allemands qui remettent en état les fortifications. Le général de Gaulle souhaite que Tende et La Brigue soient rattachées à la France. Il pense forcer la main aux Alliés qui sont assez hostiles à une modification des frontières. Ainsi le 9 avril 1945, à Nice, il annonce l'offensive sur l'Authion et la Roya. L'opération "Canard" débute le 10 avril. Le 12 avril, les Français enlèvent l'Authion. La souveraineté française sur ces anciens territoires italiens est reconnue par le traité de Paris.

 

Syndicat d'initiative de Belvédère : 04.93.03.41.23

Office du tourisme de Saint-Martin de la Vésubie : 04.93.03.21.28

 

Accès Par le col de Turini, D 2566, en direction de la station de Camp d'argent puis Authion.

Parking des Trois Communes. A pieds à partir du parking des Trois Communes.

 

Site Fortweb sur les fortifications européennes   

Association Montagne et Traditions

 

Quizz : Forts et citadelles

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