Lettre d'information

Georges Politzer, intellectuel engagé

 

Georges Politzer est né en 1903 à Nagyvarad (Hongrie, aujourd'hui Oradea, en Roumanie). Membre du parti communiste hongrois dès 1918, engagé dans l’insurrection hongroise de 1919, il s’exile à l’âge de dix-sept ans à la suite de l’échec de la république des Conseils, dirigée par le communiste Béla Kun.

Il s’installe à Paris en 1921, étudie la philosophie à la Sorbonne et est reçu à l’agrégation de philosophie en 1926. Lecteur de Kant et de Descartes, il s’intéresse à la psychologie et à la théorie freudienne qu’il découvre à Vienne. Georges Politzer introduit la psychanalyse en France.

Figure intellectuelle exceptionnelle, il participe notamment à la création des revues Philosophies et L’esprit. Il rejoint le parti communiste en 1930 et renonce à son œuvre d’avant-garde et à son projet philosophique. Georges Politzer y anime à partir de 1931 le Bureau de documentation du comité central. Parallèlement, il occupe le poste de professeur de philosophie dans différents lycées dont le lycée Marcelin Berthelot à Saint-Maur-des-Fossés.

Georges Politzer est mobilisé en 1939 en tant que caporal dans l'intendance à l'École militaire. De retour à la vie civile, il fut l'un des instigateurs de la résistance intellectuelle en compagnie de Jacques Solomon et Jacques Decourdemanche [dit Decour]. Ils créent les périodiques l'Université Libre et  La Pensée Libre à destination des universitaires et des professeurs. Le premier numéro de l’Université Libre sort lors de l’emprisonnement du physicien Paul Langevin arrêté en octobre 1940. A travers ses écrits, il déconstruit les idéologies racistes et fascistes et dénonce la collaboration des intellectuels.                     

Georges Politzer est arrêté par la brigade spéciale anticommuniste de la préfecture de police le 15 février 1942 à Paris pour infraction à l’interdiction du parti communiste, en compagnie de sa femme Maïe. Remis aux autorités allemandes le 20 mars, il est désigné comme otage. Il est fusillé le 23 mai 1942 en représailles de l'attentat perpétré à Paris le 19 mai 1942, en même temps que Jacques Solomon, Geogres Dudach, André Pican, Jean-Claude Bauer, Edouard Bidaud, Roger Bru, Marcel Engros, Claude Gaulué et Albert Hervé.

Retrouvez le parcours de cette figure de l’engagement total théorique et partisan sur France Culture : https://www.franceculture.fr/emissions/les-nouveaux-chemins-de-la-connaissance/vie-et-destin-de-georges-politzer-1903-1942

L’Université Libre, 23 septembre 1941 – BNF