Lettre d'information

La croix de l’ordre de la Libération

Source : collection Maurice Bleicher

 

Le 18 juin 1940, le général de Gaulle, refusant la défaite, prononce sur les ondes de la BBC le fameux discours par lequel il engage la France à poursuivre la guerre. Quelques milliers d’hommes le rejoignent dès 1940, qui reprennent le combat aux côtés de leurs alliés britanniques, puis soviétiques et américains. Très vite, il apparaît nécessaire de créer une distinction spécifique pour « récompenser les personnes ou les collectivités militaires et civiles qui se seront signalées dans l'œuvre de libération de la France et de son Empire ».

Ce sera l’Ordre de la Libération, créé par le général de Gaulle le 16 novembre 1940, il y a 80 ans.

Conçu comme un véritable ordre de chevalerie – de Gaulle envisagea d’ailleurs un temps de créer un ordre des « croisés de la Libération », cet ordre ne comporte qu’un seul grade, celui de Compagnon, et qu’un nombre limité de titulaires – seule 1061 croix ont été accordées. Ces caractéristiques en font un ordre particulièrement prestigieux, le deuxième ordre national français après la Légion d’honneur, mais également un ordre voué à l’extinction, seul son fondateur décédé depuis 50 ans étant habilité à attribuer la précieuse distinction. L’ordre est, de fait, forclos depuis 1946.

Dernier compagnon de la Libération, Hubert Germain a été nommé chancelier d'honneur de l'Ordre de la Libération le 25 novembre 2020. Il est décédé le 12 octobre 2021 à l'Hôtel national des Invalides à Paris.

 

L'insigne de l'ordre de la Libération a été créé par le capitaine Mella, officier du BCRA et décorateur de profession. Écu de bronze représentant à l'avers un glaive surchargé d'une croix de Lorraine, la croix de la Libération porte au revers la devise Patriam Servando VictoriamTulit (En défendant la Patrie, il a remporté la victoire). 

Le ruban, de couleurs noir et vert, symbolise le deuil et l'espérance de la Patrie. Les bandes noires du ruban des premières croix étaient placées en diagonale. Assez rapidement, une modification fut apportée et depuis les bandes sont verticales.

Les premières croix furent frappées par la maison John Pinches à Londres. A compter de la Libération, elles furent frappées par la Monnaie de Paris et par des fabricants privés.

 

Pour en savoir plus :

Visionnez un film sur les Compagnons de la Libération

Consultez l’historique de l’ordre de la Libération

Renseignez-vous sur Hubert Germain, dernier Compagnon de la Libération, décédé le 12 octobre 2021