Lettre d'information

La nécropole nationale du Col de Wettstein à Orbey

La nécropole nationale du Col de Wettstein. © Guillaume Pichard

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_Orbey_Wetstein

 

Située à proximité du col du Linge où se sont déroulés de violents combats en 1915, la nécropole nationale du Col de Wettstein regroupe les dépouilles de soldats morts pour la France en Haute-Alsace, dans les secteurs de Lingekopf, de Barenkopf, de Schartzmännele et de la vallée de Fecht. Créée au cours de la Première Guerre mondiale, elle est aménagée de 1919 à 1926, puis de 1932 à 1935 pour rassembler les corps exhumés de nombreux cimetières provisoires tel celui de Soultzeren ou des Trois-Epis.

Ce cimetière rassemble 3 535 Français, dont 1 334 sont inhumés dans deux ossuaires. Il s’agit majoritairement de chasseurs alpins, mais quelques soldats du 7e bataillon de tirailleurs indochinois y reposent également. Témoignant du sacrifice consenti, cette nécropole nationale porte le nom symbolique de "cimetière des chasseurs". En souvenir du dévouement de ces hommes, un monument, œuvre du sculpteur Antoine, de Colmar, a été inauguré en août 1939. A l’ombre d’une immense croix où est inscrit le mot PAX (Paix), se trouve le gisant d’un chasseur alpin, son fusil à terre. En l’absence de sépulture sur laquelle il est possible de se recueillir, des familles endeuillées ont apposé, sur les parois des deux ossuaires, des plaques à la mémoire de soldats dont les corps ont à jamais disparus.

Les combats des massifs du Linge

Devant la pression ennemie en Lorraine, la 1re armée française du général Dubail abandonne ses conquêtes, en particulier Mulhouse. Du Hartmannswillerkopf au Linge, elle se replie sur les sommets Vosgiens. Situé à 1 000 m d’altitude, le massif du Linge domine les vallées de l’Orbey et de Munster. Côté allemand, le massif est abrupt et permet d’accéder rapidement à la plaine d’Alsace et à un réseau de communication dense. Le versant français est moins avantageux car les villages sont éloignés et la progression est plus longue et fatigante.

Considérant initialement ce massif sans intérêt stratégique, le haut-commandement français concentre, au début de l’année 1915, tous ses efforts pour contrôler le sommet du massif. C’est la bataille des observatoires qui enflamme tous les hauts de Vosges, du Linge au nord au Hartmannswillerkopf au sud. Cette manœuvre tactique du débordement par les hauts se révèle inefficace et très meurtrière.

Début 1915, une offensive d’envergure est lancée contre les massifs du Linge et du Petit-Ballon. Mi-février, elle se solde par la perte de 1 500 chasseurs. Les Allemands occupent le Horodberg, le Linge et le Reichackerkopf. En mars, un nouvel effort est conduit par les Français, principalement sur la haute vallée de la Fecht en vue d’y stopper les nombreuses incursions allemandes. Cette attaque se déroule en deux temps - du 17 au 20 avril 1915 puis du 15 au 23 juin 1915.

Le 20 juillet, sans aucune protection, deux compagnies de chasseurs alpins sont lancées à l’assaut du Linge. L’ennemi est retranché derrière des tranchées bétonnées appuyées de blockhaus et protégées par des réseaux de fils de fer barbelés masqués dans les bosquets ou les couloirs rocheux. La crête du Linge semble être un bastion imprenable. Pourtant, malgré l’emploi de l’artillerie, des lance-flammes et des gaz, les Français prennent le piton.

Le 22 juillet, les assauts reprennent sur le Linge, où les 3e et 5e brigades de chasseurs échouent. Le 26, le col est repris par les Français mais la contre-attaque allemande est violente. Du 1er au 6 août, les opérations se poursuivent, sans succès. Devant l’importance des pertes et de maigres résultats, le général Joffre abandonne l’objectif d’enlever Munster par les hauts et concentre ses efforts sur une ligne Linge-Schratz-Barrenkopf. Lancée le 18 août, l’attaque n’aboutit pas et est arrêtée par le général Maud’huy.

Le 31 août, les Allemands utilisent des obus à gaz. Attaques et contre-attaques perdurent. Après les gaz, les Allemands mettent en œuvre en septembre des lance-flammes pour nettoyer les tranchées. Mi-octobre, ils tentent de chasser les diables bleus (surnom des chasseurs) du secteur, sans résultat. Devant un tel constat, Français et Allemands cessent toute nouvelle opération. Le 16 octobre 1915, le front se fige au sommet du Linge. De juillet à octobre 1915, les pertes subies sont énormes : 10 000 Français et 7 000 Allemands ont été tués lors de ces offensives. Ce secteur ne présente plus un caractère majeur jusqu’à la fin de la guerre.

En 1921, acquis par l’Etat, les champs de bataille du Hartmannswillerkopf, de la Tête des Faux et du Linge sont classés, puis les cimetières militaires de Moosch et du carrefour Duchêne en 1923-1924. Peu à peu, ils sombrent ensuite dans l’oubli pour être à nouveau valorisés en raison de leur histoire, des souffrances endurées par les combattants français et allemands.

 

  • La nécropole nationale du Col de Wettstein. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale du Col de Wettstein. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale du Col de Wettstein. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale du Col de Wettstein. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale du Col de Wettstein. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale du Col de Wettstein. © Guillaume Pichard

  • Vestiges de la forêt vosgienne et du hameau de Pairis sur la cote 917 à Orbey après les bombardements et les premiers combats de 1915. © CIL/Collection Thomas Carriot

  • Vestiges de la forêt vosgienne et du hameau de Pairis sur la cote 917 à Orbey après les bombardements et les premiers combats de 1915. © CIL/Collection Thomas Carriot

  • Soldats français à proximité d'une torpille à ailettes utilisée par l'artillerie de tranchée au " Reichaker ". © CIL/Collection Thomas Carriot

  • Pente nord-est du massif du Linge, mai 1917. © Collections BDIC

  • Entrée de la grande galerie située sur les pentes du massif du Linge, nord-est de Sultzeren, mai 1917. © Collections BDIC

  • Cavaliers du 2e peloton du 2e escadron du 4e chasseurs à cheval, Orbey, avril 1918. © Collections BDIC

  • Abris du camp Bouquet situé à proximité du massif du Linge, août 1918. © Collections BDIC

  • > Retourner aux résultats

    Infos pratiques

    Adresse

    Orbey
    À 20 km à l'ouest de Colmar. Prendre la route Munster/ Orbey, puis celle des lacs et du col du Wettstein

    Horaires d'ouverture hebdomadaires

    Visites libres toute l’année

    En résumé

    Eléments remarquables

    Monument aux morts des Diables Bleus, 1914-18

    En savoir Plus