Lettre d'information

La nécropole nationale du "Chêne Millet" à Metzeral

La nécropole nationale du "Chêne Millet" à Metzeral. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_necropole_Metzeral

 

Située au lieu-dit du Chêne Millet, la nécropole nationale de Metzeral regroupe les dépouilles de soldats morts pour la France lors des combats des Vosges pendant la Première Guerre mondiale. Ce site tient son nom du peintre Jean-François Millet (1814-1875), qui en 1868, a rendu visite à l’industriel et maire de Munster, Frédéric Hartmann. Conservant le souvenir des soldats engagés, en 1915, dans les combats de Metzeral, de Rechakerkopf, du Sillacker, du Braunkopf, et du Linge, ce cimetière rassemble 2 630 Français, dont 855 en ossuaire. Créé en 1920, il est aménagé jusqu'en 1924 afin d'y rassembler les corps exhumés de plus de soixante cimetières disséminés dans les communes de voisines.

Au centre de la nécropole est érigé un monument ossuaire dédié aux Chasseurs alpins de la 66e division d'infanterie qui se sont illustrés lors des batailles du Linge et celle de Metzeral au cours de l’année 1915. Non loin de là, le sommet du Linge avec ses ouvrages fortifiés sont classés monuments historiques depuis 1982.

 

Les combats du massif du Linge

De février à mars 1915, le massif du Linge, culminant à près de 1 000 m d’altitude entre les vallées de l’Orbey et de Munster, est le théâtre de violents combats où l'approvisionnement et l'évacuation des blessés sont difficiles. Les Français portent leur effort sur la haute vallée de la Fecht en vue de stopper les infiltrations et les attaques allemandes. Deux offensives sont successivement lancées : l'une du 17 au 20 avril 1915 et l'autre du 15 au 23 juin 1915. Le massif du Linge connaît, de l’été à l’automne 1915, un regain d'attention. Tant du côté français qu'allemand, cette "bataille des observatoires" a pour objectif la conquête des points hauts afin de disposer de vues sur la vallée rhénane. Souvent, les Français, sans soutien de l'artillerie, s'élancent contre des positions fortifiées. En effet, l'ennemi s'est retranché dans des tranchées bétonnées et protégées par des réseaux barbelés, masqués dans les bosquets ou les couloirs rocheux. Pourtant, le 16 octobre 1915, grâce à l'appui de l'artillerie, des lance-flammes et des gaz, les troupes françaises réussissent à prendre définitivement le piton. Après ces combats et jusqu'à la fin de la guerre, le Linge perd en intensité. Les pertes subies sont importantes : 10 000 morts français de juillet à octobre 1915 et 7 000 Allemands sont tués lors de ces assauts.

En perdant jusqu'à 80% de leurs effectifs, les bataillons de chasseurs ont payé un lourd tribut. Le massif est depuis lors surnommé "Le tombeau des Chasseurs".

La bataille de Metzeral, juin 1915

Après l'échec de l'offensive d'août 1914 dans la plaine d’Alsace, le front se fixe dans la vallée de la Fecht. Les Allemands occupent le secteur de Munster et de Metzeral. De violents combats se déroulent alors sur les hauteurs du Linge, de l’Echwald, du Hohrod, du Stosswihr, du Rechackerkopf et de l'Altmatt.

En février 1915, les Allemands attaquent le secteur du Hahrod et de l’Altmatt où la 2e brigade de chasseurs du colonel Passaga résiste vaillamment. Pourtant, les Français, contraints d'abandonner leurs positions, se retranchent notamment sur le col de Wettstein. De l’autre côté, la 4e brigade de chasseurs du colonel Roux perd le Reichackerkopf. En avril, l'ennemi maintient sa pression contre les Français. En juin, à l'approche d'une offensive française, les villages de Metzeral et de Sonderbach sont évacués.

 Le 9 mai, le 23e bataillon de chasseurs à pieds (BCP) relève le 297e régiment d'infanterie (RI) et occupe les pentes du Sillakerwasen, entre le Hohnek et Metzeral. Après deux jours de bombardements, l'assaut est lancé le 4 juin. Le 6e bataillon de chasseurs alpins (BCA) attaque le Braunkopf. Pour sa part, le 133e RI associé au 24e BCP doit prendre la cote 830. Mais, les mitrailleuses allemandes et les obstacles accumulés brisent leurs efforts. Au prix d’importantes pertes humaines, quelques centaines de mètres sont, malgré tout, conquis. Le 21 juin, les Français reprennent le village de Metzeral, incendié et entièrement détruit par les Allemands. A la fin juin 1915, le secteur perd en intensité. Le village de Metzeral est reconstruit après l’armistice du 11 novembre 1918.

Un hôpital militaire de campagne à Mittlach

Le 19 avril 1915, les troupes françaises investissent le village de Mittlach. Malgré sa proximité avec Metzeral, celui-ci n’est pas détruit lors des combats du printemps 1915. Une ambulance alpine est implantée dans la mairie-école de Mittlach en juillet 1915. Cette situation permet le ravitaillement à la fois des civils et des militaires notamment grâce au câble transbordeur, construit entre décembre 1915 et le printemps 1916 et qui relie Mittlach à Retournemer. Cette structure médicale, l’Ambulance Alpine 301 de Mittlach fonctionne jusqu’à la fin du conflit et connaît plusieurs modifications et agrandissements successifs. Beaucoup des combattants qui sont y sont décédés reposent aujourd’hui dans la nécropole nationale de Metzeral.

 

  • La nécropole nationale du "Chêne Millet" à Metzeral. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale du "Chêne Millet" à Metzeral. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale du "Chêne Millet" à Metzeral. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale du "Chêne Millet" à Metzeral. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale du "Chêne Millet" à Metzeral. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale du "Chêne Millet" à Metzeral. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale du "Chêne Millet" à Metzeral. © Guillaume Pichard

  • Combats dans les Vosges, 1915. © MINARM/SGA/DPMA/Joëlle Rosello

  • Canon français de 65 mm de montagne en batterie aux environs de Metzeral, 1915. © Collections BDIC

  • Position sur la cote 830 située aux environs de Metzeral, 1915. © Collections BDIC

  • Palissade installée aux abords de Metzeral afin de masquer le boyau menant à ce village, 1915. © Collections BDIC

  • Brancardiers transportant des blessés aux environs de Metzeral, juillet 1915. © Collections BDIC

  • Dans la vallée de la Fecht, soldat français occupant un ancien poste de commandement allemand, cliché issu du journal Le Miroir du 4 juillet 1915. © Collection particulière - ML - DR

  • Devant Metzeral, les généraux Joffre et Dubail se rendent à un poste de commandement d'une brigade, septembre 1915. © Collections BDIC

  • Ruines à l'entrée ouest de Metzeral, janvier 1916. © Collections BDIC

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    Infos pratiques

    Adresse

    Metzeral
    À 25 km au sud-ouest de Colmar. À la sortie de la ville, en direction de Mittlach (suivre le fléchage)

    Horaires d'ouverture hebdomadaires

    Visites libres toute l’année