Lettre d'information

La nécropole nationale de Ménil-sur-Belvitte

La nécropole nationale de Ménil-sur-Belvitte. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_Menil_sur_Belvitte

 

Créée en 1914 au terme des combats de la Mortagne, la nécropole nationale de Ménil-sur-Belvitte rassemble 1 096 Français dont 197 reposent en ossuaire. En 1924, ce site est aménagé pour réunir les corps exhumés de cimetières militaires provisoires de la région. A l'initiative de l'abbé Collé, curé du village et délégué local du Souvenir Français, un monument a été érigé, face à la nécropole, afin de commémorer les 13e, 14e, 15e, 21e corps d'armée. Dans l'église paroissiale, un vitrail rappelle aussi l'engagement de ces unités. Au cours de la guerre, ce prêtre avait transformé son presbytère en infirmerie. Dès 1915, il crée un musée avec des objets glanés sur les champs de bataille alentours. En 1944, cette collection disparaît lors du repli des troupes d'occupation. Parmi les combattants inhumés au sein de cette nécropole, reposent le corps du commandant Baille (Tombe n°412) et ceux des lieutenants Rochet et Simyan (Tombes n°459-504), décédés en 1914, initialement inhumés à côté de l’église.

 

La bataille de la Mortagne, 24 août - 13 septembre 1914

Conformément aux objectifs du plan XVII, le général Joffre conduit, à la mi-août 1914, deux mouvements offensifs. L'un est porté en Alsace par la 1e armée et l'autre en Lorraine par la 2e armée. Plus symbolique que stratégique, chacune de ces actions visent à reprendre les départements perdus en 1871. Malgré quelques succès initiaux, ces offensives s'enrayent. La manœuvre tournante des Allemands en Belgique, les combats qui se déroulent à la frontière et la résistance de l'ennemi en Alsace contraignent Joffre à engager un mouvement rétrograde. Ainsi, la 2e armée se replie hâtivement vers le Grand Couronné de Nancy où elle s'y déploie.

L'ennemi talonne les Français dans leur retraite. Marchant sans répit, ces derniers sont harassés. De brefs mais violents accrochages leur infligent des pertes importantes. Le 24 août 1914, les Allemands marchent en direction de la Trouée de Charme, lieu hautement stratégique. Située à la jonction de la 1ère et la 2e armée française, cette Trouée, seule plaine entre le Grand Couronné et les contreforts des Vosges, est le seul point qui permettrait aux Allemands de prendre les Français à revers puis de marcher sur la Meuse et d’enlever la position fortifiée de Verdun.

Aussi, les Français s'accrochent aux pentes ouest des Vosges, où se déroule la bataille de la Mortagne. Adoptant une posture défensive, ils résistent vaillamment aux assauts allemands. Situé dans l'axe sud de l'attaque dirigée vers Rambervillers, le col de la Chipotte est au cœur de tous les enjeux.

Le 24 août 1914, le 157e RI atteint Saint-Dié. Le 25, il se dirige vers Ménil. Les Allemands repoussent le 21e corps puis convoitent le col de la Chipotte. Le 26, le village du Ménil ainsi que le bois d’Anglemont sont au cœur des combats. Le 27, à l'exception du nord du village, les Français s'emparent du Ménil où la lutte a été des plus acharnées. Le 28, disparaît le sous-lieutenant Paoli (Tombe n°505), tué dans une maison incendiée volontairement par les Allemands. Les combats se poursuivent dans la région notamment à Saint-Barbe. Pour se protéger du feu de l'artillerie ennemi, les Français creusent les premières tranchées. Le 12 septembre, le 157e RI franchit le col de la Chipotte, laissant, au milieu de la forêt, derrière plus de 400 militaires tués à l'ennemi.

Du 26 août au 11 septembre, de violents combats s'y déroulent où s'illustrent chasseurs, fantassins et coloniaux français. En ce lieu âprement disputé, le col de la Chipotte, surnommé le "col de la mort", près de 4 000 Français y perdent la vie. Au terme de ces combats et du sursaut allié sur la Marne, l’ennemi ne peut plus poursuivre sa manœuvre et se retranche sur des positions précédemment fortifiées, libérant ainsi Saint-Dié. D'octobre 1914 à la fin de la guerre, en novembre 1918, ce front de Lorraine se stabilise et ne connaît plus que quelques actions aux effets limités.

 

  • La nécropole nationale de Ménil-sur-Belvitte. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Ménil-sur-Belvitte. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Ménil-sur-Belvitte. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Ménil-sur-Belvitte. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Ménil-sur-Belvitte. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Ménil-sur-Belvitte. © Guillaume Pichard

  • Portail de l'église de Ménil-sur-Belvitte, les cloches fondues, 30 août 1915. © Collections BDIC

  • Musée de la bataille de Ménil-sur-belvitte, 30 août 1915. © Collections BDIC

  • Ruines du village de Ménil-sur-Belvitte, 31 août 1915. © Collections BDIC

  • Ruines du château de Villé à Ménil-sur-Belvitte, août 1915. © Collections BDIC

  • Maisons bombardées de Ménil-sur-Belvitte, 28 août 1916. © Collections BDIC

  • Vue du cimetière de Ménil-sur-Belville, 1920. © CIL/Collection JM Picquart

  • Tombes du commandant Baille et des lieutenants Rochet et Simyan du 157e RI à Ménil-sur-Belvitte. © ECPAD

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