Lettre d'information

Mustapha Kemal Atatürk

1881-1938
Mustapha Kemal Atatürk Source : Licence Creative Commons. Photo libre de droit.

Mustapha Kemal est né à Salonique, en Macédoine, le 19 mai 1881.

Après des études à l'École de guerre et à l'Académie militaire d'Istanbul, capitaine d'état-major en 1905, il est affecté à Damas, en Syrie, où il sert au sein de la 5e armée en lutte contre les Druzes. Dans le même temps, il forme un petit groupe d'opposition, Vatan ve Hürriyet (Patrie et Liberté). À l'automne 1907, il est nommé à l'état-major de la 3e armée, à Salonique, où il côtoie le Comité Union et Progrès et les Jeunes-Turc, opposants au régime qui obtiennent le rétablissement de la Constitution de 1876. En avril 1909, il est chef d'état-major du général Mahmoud Chevket, commandant de l'armée mise en place par des officiers constitutionnalistes pour combattre le soulèvement, à Istanbul, des défenseurs de l'absolutisme.

Il s'illustre en décembre 1911 en Libye, durant la guerre italo-turque, en remportant la bataille de Tobrouk avant de prendre le commandement militaire de Derna, en mars de l'année suivante. Cependant, le Monténégro ayant déclaré la guerre à la Turquie en octobre, il rentre afin de participer à la première guerre balkanique qui oppose la Turquie au Monténégro, à la Serbie, à la Bulgarie et à la Grèce. Chef d'état-major à Gallipoli, il repousse les offensives bulgares. Il devient attaché militaire à Sofia en 1913.

En novembre 1914, la Turquie entre en guerre aux côtés de l'Allemagne. Lieutenant-colonel, Mustapha Kemal est chargé de former la 19e division d'infanterie et se distingue lors de la contre-offensive germano-turque visant à faire échouer le débarquement franco-anglais dans le détroit des Dardanelles. Repoussant les assauts alliés, il remporte une victoire majeure sur le front d'Anafarta, en août 1915. Promu général, il prend, en 1916, le commandement du 16e corps d'armée dans le Caucase puis celui de la 2e armée à Diyarbakir. Affrontant les troupes russes, il reprend Mus et Bitlis. Rappelé en Syrie, où il sert sous les ordres du général allemand Erich von Falkenhayn, il prend le commandement de la 7e armée. De retour à Istanbul à l'automne 1917, il accompagne à la fin de l'année le prince héritier Vahidettin dans un voyage officiel en Allemagne. Il rejoint à nouveau la Syrie en août 1918 où il reprend le commandement de la 7e armée contre les Britanniques jusqu'à la signature de l'armistice de Moudros, le 30 octobre 1918.

Après l'armistice, opposé à l'occupation et au démembrement de la Turquie, il organise la résistance nationale.

Nommé inspecteur général des armées du Nord et du Nord-Est en mai 1919, il est chargé d'assurer la sécurité de la région de Samsun, où populations turques, grecques et arméniennes s'affrontent, et lance ses forces contre les troupes grecques débarquées à Smyrne.

En désaccord avec la politique du sultan, il appelle, de la ville d'Amasya, le 22 juin 1919, à la création d'une représentation nationale indépendante puis convoque les congrès d'Erzurum et de Sivas en juillet et en septembre. Enfin, la réunion de la Grande Assemblée nationale à Ankara, le 23 avril 1920, aboutit à la formation d'un gouvernement national à la tête duquel Mustapha Kemal, président de l'Assemblée, est élu.

Obtenant le retrait de la France en Cilicie et la restitution par l'Arménie des régions occupées, il parvient en outre à repousser les Grecs d'Anatolie, menant et remportant notamment la bataille de Doumlupinar (30 août 1922), et signe avec eux, le 11 octobre 1922, l'armistice de Moudanya.

Entre-temps, le sultan a accepté, le 10 août 1920, le traité de Sèvres qui réduit considérablement l'Empire turc. Mustapha Kemal parvient à obtenir des Alliés sa révision. Le 24 juillet 1923, le traité de Lausanne met un terme aux revendications arméniennes et grecques et reconnaît la souveraineté turque sur tout le territoire national.

Cette étape franchie, il s'emploie, par de profondes réformes politiques, économiques et sociales, à faire de la Turquie un pays moderne. Le sultanat est abolit (1er novembre 1922) et la République proclamée (29 octobre 1923). Élu président, il installe la capitale à Ankara, inscrit la laïcité dans la Constitution et engage son pays dans la voie du développement économique. Conformément à la loi de 1934 imposant aux citoyens turcs de prendre un nom de famille, il prend celui d'Atatürk, "Père de tous les Turcs".

Il décède le 10 novembre 1938 à Istanbul.

 

Source : MINDEF/SGA/DMPA