5 décembre. Journée nationale d'hommage aux Morts pour la France pendant la guerre d'Algérie et les combats du Maroc et de la Tunisie

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Cérémonie devant le mémorial du quai Branly. © A. Thomas Trophime/DICOD.
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© P. DiMeglio / Défense

Message

de Madame Alice RUFO, ministre déléguée auprès de la

ministre des Armées et des Anciens combattants

5 décembre 2025


[Vidéo] - Comprendre la journée nationale d’hommage du 5 décembre. Le 5 décembre est, depuis 2003, une journée nationale d’hommage aux victimes civiles et militaires de la guerre d’Algérie et des combats du Maroc et de Tunisie. Cette journée commémore également la mémoire et l’engagement de ceux qui ont souffert : les militaires de métier, les appelés du contingent, les harkis et leurs familles, les disparus. Ce film pédagogique, réalisé par l'Établissement de communication et de production audiovisuelle de la Défense (ECPAD) et la direction de la mémoire, de la culture et des archives (DMCA) du ministère des Armées, permet de contextualiser historiquement cette cérémonie et d’en comprendre le sens. 


Enjeu mémoriel

Cette journée nationale a été instituée en reconnaissance des sacrifices consentis pour la France par les militaires et les supplétifs lors de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie entre 1952 et 1962, et a été instaurée par le décret n° 2003-925 du 26 septembre 2003. Cet hommage a ensuite été étendu aux rapatriés d’Afrique du Nord, aux personnes disparues et aux victimes civiles.

Elle fait l'objet d'une cérémonie d'hommage à Paris, devant le Mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie, Quai Branly. La date du 5 décembre correspond à la date d’inauguration, en 2002 par le président de la République Jacques Chirac, du mémorial du Quai Branly.


Historique

Algérie

 

Soldat français à Oran, avril 1962. 
© Photographe inconnu/ECPAD

 

L’Algérie tient au XXe siècle une place à part dans l’empire français par l’ancienneté de ses liens, par sa proximité avec le territoire métropolitain et par un important peuplement européen qui s’est installé à partir de 1830 au côté des populations locales. Son rôle s’accroît au cours de la Grande Guerre, où elle contribue à l’effort militaire français, et surtout lors de la Seconde Guerre mondiale où Alger devient, du printemps à l’été 1944, la capitale de la France Libre. Français et musulmans venus d’Algérie participent nombreux à la libération de la métropole. La politique officielle d’assimilation apparaît cependant contradictoire avec l’inégalité politique entre les deux catégories de population. Aussi bien, le nationalisme algérien s’y développe et réclame la reconnaissance de l’autonomie politique et des droits égaux pour les Musulmans.

L’insurrection de mai 1945, durement réprimée, apparaît comme le prélude de la guerre d’indépendance qui éclate lors de la Toussaint 1954, principalement dans les Aurès. Dans un contexte global de décolonisation, au moment où les protectorats voisins de Tunisie et du Maroc vont accéder à l’indépendance, l’image d’une Algérie française, prospère et pacifiée, est trompeuse. Le fossé s’approfondit entre le million d’Européens, souvent citadins attachés à un territoire qu’ils considèrent tout à la fois comme leur pays et comme le prolongement de la France, et les 8 millions d’Algériens musulmans. Ruraux pour la plupart, ceux-ci sont menacés par la paupérisation, peu scolarisés et sous-administrés.

La politique d’intégration et de modernisation économique et sociale de l’Algérie, engagée en 1955, se heurte à la fois aux Européens désireux de maintenir le statu quo et aux nationalistes algériens regroupés au sein du F.L.N. (Front de libération nationale). Loin de s’apaiser, le conflit se durcit et s’étend, le F.L.N. contraignant la population algérienne à choisir son camp. De son côté, la France intensifie l’action militaire en envoyant le contingent en Algérie dès 1955. L’armée française quadrille ce territoire, l’administre, fait de l’action psychologique, de l’assistance sociale et pourchasse les membres de l’A.L.N. (Armée de libération nationale). Cependant, aucune solution n’est en vue.

La loi-cadre de février 1958 reconnaît la personnalité algérienne, tout en affirmant que l’Algérie fait partie intégrante de la République française. La faiblesse de la IVe République, qui ne parvient pas à venir à bout de l’insurrection algérienne, la crainte éprouvée par les Européens d’Algérie de voir leur pays abandonné au F.L.N. et la volonté de l’armée de ne pas céder expliquent la crise de mai 1958 et le retour au pouvoir du général de Gaulle. Tout en relançant l’effort militaire, le général de Gaulle propose la « paix des braves » et met en place un vaste programme de modernisation économique: le plan de Constantine. Les effets en restent limités.

La guerre continue en dépit des revers subis par l’A.L.N. La cause de l’indépendance algérienne gagne chaque jour des partisans sur le plan international et dans l’opinion publique française. L’évolution de la politique algérienne du général de Gaulle, qui le conduit de l’idée d’autodétermination (septembre 1959) à celle d’Algérie algérienne (novembre 1960), radicalise les oppositions. Elles se manifestent notamment à Alger lors des barricades (janvier 1960) et du Putsch (avril 1961).

Conforté par les résultats du référendum de janvier 1961 qui lui apporte le soutien des trois-quarts des Français métropolitains, le général de Gaulle recherche avec le G.P.R.A. (Gouvernement provisoire de la république algérienne) les voies de la paix par de longues négociations qui aboutissent à la signature, le 18 mars 1962, des accords d’Évian.

La proclamation du cessez-le-feu à partir du 19 mars n’arrête pas les violences dont les harkis sont, par milliers, les principales victimes. C’est dans une situation chaotique que la France reconnaît l’indépendance de l’Algérie le 3 juillet 1962. Ainsi, prenait fin, avec le retour des Européens en métropole, une présence française qui avait duré plus de 130 ans de l’autre côté de la Méditerranée.

Maroc

Dans un Maroc devenu protectorat français depuis 1912, la défaite de 1940 porte un coup sévère au prestige français, même si le recrutement d’unités marocaines au service de la France ne se tarit pas. Le nationalisme se développe à l’initiative du parti de l’Istiqlal et du sultan Mohamed V ben Youssef qui devient le symbole des revendications d’indépendance.

En 1952, les manifestations anti-françaises se développent. Dès lors, l’épreuve de force devient inévitable: méfiant à l’égard des forces progressistes, le gouvernement français remplace le Sultan le 20 août 1953. Cette action politique ne fait pas cesser le terrorisme nationaliste et engendre même une action violente dans les classes populaires européennes.

Rentré triomphalement dans son pays, après un exil imposé en Corse puis à Madagascar (1953-1955), Mohamed V obtient la reconnaissance de l’indépendance du Maroc par la France, le 2 mars 1956.

Tunisie

Placée sous protectorat français par le traité du Bardo (1881), la Tunisie est au cours de la Seconde Guerre mondiale le théâtre de l’affrontement des troupes de l’Axe et des Alliés (1942-1943), tandis que des régiments tunisiens s’illustrent en Italie et en France en 1943-1944. Le nationalisme tunisien, conduit par le parti du Néo-Destour mené par Habib Bourguiba, donne lieu à des actes de terrorisme et à un début de guérilla dès 1952.

Pendant deux ans, l’armée française doit faire face à un mouvement armé qui commet plusieurs attentats à Tunis et dans les grandes villes du pays.

Après les accords signés en juin 1955 mais caducs avant même d’avoir été appliqués, le protocole du 20 mars 1956 abolissant le traité du Bardo reconnaît l’indépendance totale du royaume de Tunis. Un an plus tard, la république de Tunisie est proclamée et Bourguiba en devient le premier président.


Ressources

Couverture Indochine, 1954, Les Chemins de la mémoire[Revue] - 1962, Fin de guerre en Algérie. Les Chemins de la mémoire, numéro 278, printemps 2022.

Le 18 mars 1962, à Évian-les-Bains, le gouvernement français et ses homologues algériens signent un accord qui, ouvrant la voie à l’indépendance de l’Algérie, annonce la fin de 132 années de colonisation et d’une guerre débutée en 1954. Il ne fait pour autant pas cesser immédiatement la violence ni les affrontements.

 

[Vidéo] - Évian, le temps des négociations. En janvier 1961, les Français approuvent largement, par référendum, le principe d’autodétermination des populations algériennes. Ainsi, dès le mois de mai de la même année, des négociations sont entamées à Evian entre une délégation française, emmenée par Louis Joxe, et une délégation algérienne, emmenée par Krim Belkacem. L’accord conclu lors de cette ultime rencontre doit s’avérer décisif dans la résolution d’un conflit que l’on ne nomme pas encore « guerre d’Algérie » mais qui oppose depuis 1954 l’armée française aux indépendantistes algériens.

 

[Vidéo] - 18 octobre 1999 : reconnaître la guerre d'Algérie. De 1954 à 1962, plusieurs centaines de milliers de soldats français combattent en Algérie. Près de 23 000 y trouveront la mort, plus de 60 000 y seront blessés et davantage encore en reviendront marqués à vie. Retour sur la date du 18 octobre 1999 marquant la reconnaissance officielle de la guerre d’Algérie part l’État français. Sur la chaîne Youtube du SGA.
 

[Photographies] - Fonds Algérie, sur le site de l'ECPAD.
 

[Témoignages] - Des témoignages, sur le site harkis.gouv.fr. 
 

[Article] - La fin du protectorat français en Tunisie et au Maroc, de Morgan Corriou, sur le site de l'INA. 
 

[Article] - Décoloniser trois départements français : le cas de l'Algérie, de Peggy Derder, sur le site de l'INA.
 

[Article] - Les causes du conflit et les débuts de la lutte armée, par le professeur émérite Jacques Frémeaux. 
 

[Article] - Les disparus de la guerre d’Algérie, par Soraya Laribi, docteure en histoire à Sorbonne Université.
 

[Article] - 1958, une nouvelle République en guerre, par le commandant Romain Choron, chef de la division des archives orales au Service historique de la défense.
 

[Article] -  De Gaulle et l'Algérie, par Maurice Vaïsse, historien.
 

[Article] - 3 dates pour un conflit : le cas particulier de l'Algérie. Une réflexion sur les journées nationales de commémoration, in Les Chemins de la mémoire numéro hors-série « Commémorer », 2020.
 

Davantage d'articles en cliquant ici.
 

[Lieu] - Le mémorial national de la guerre d'Algérie et des combats du Maroc et de la Tunisie et sa visite à 360° !
 

[Lieu] - Le mémorial du camp de Rivesaltes

 


D'autres ressources sur le site de Mémoire des hommes


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Diaporama

  • 1954. Arrivée de parachutistes à Alger. Ces unités sont destinées à renforcer la présence militaire dans les Aurès et défilent ici à l'occasion des commémorations du 11 novembre.
    © Photographe inconnu /SCA
  • 1954. Fouille d'un prisonnier algérien par les hommes du 9ème régiment de Zouaves lors d'une opération en Kabylie. 
    © Jacques Fatio/SCA
  • 1955. Un officier du 2ème BIC et son opérateur radio lors d'une opération en Kabylie. 
    © Photographe inconnu/SCA
  • 1955. Patrouille d'auto-mitrailleuses M8 du 9ème régiment de chasseurs d'Afrique dans la région de Biskra. 
    © Bernard Pascucci/SCA
  • 1955. Soldat blessé du bataillon de marche de la légion étrangère (BMLE) dans le secteur de Tighanimine. 
    © Claude Cuny ou Bernard Pascucci/ SCA
  • 1955. Goumiers en armes du 10ème Tabor dans les Aurès. 
    © Bernard Pascucci/SCA
  • 1955. Légionnaires du 3ème régiment étranger d'infanterie en opération dans les Aurès. 
    © Bernard Pascucci/SCA
  • 1956. Opération de quadrillage du 9ème régiment de Zouaves dans la casbah d'Alger. 
    © Bouvier/SCA/ECPAD
  • 1959. Héliportage de la 5ème compagnie de la Demi-brigade de fusiliers-marins dans le cadre du Plan Challe. © Yves-Guy Berges/ECPAD
  • 1959. Un soldat instituteur corrige les devoirs d'une élève. 
    © Rault/ECPAD
  • 1959. Distribution de fusils à un groupe d'auto-défense. 
    © Marc Flandrois/ECPAD
  • 1960. Fouille d'un douar. 
    © Beauvais/ECPAD
  • 1960. La barricade "Hernandez" érigée par les insurgés rue Charles Péguy, à Alger, durant la semaine des barricades. 
    © Antoine/ECPAD
  • 1960. Un bulldozer du génie détruit une barricade à Alger, rue Michelet, à la fin de la semaine des barricades.
    © Don de Jean Baptiste Ferracci/ECPAD
  • 1961. Les généraux Zeller, Jouhaud, Salan et Challe sur le forum d'Alger durant la tentative de putsch. 
    © Claude Vignal/ECPAD
  • 1962. Inscription signant les attentats commis à Alger durant la nuit du 4 au 5 mars 1962. 
    © Fauchet/ECPAD
  • 1962. À Alger, vue d'une affiche en faveur de la paix lors de la signature des accords d'Evian, en mars 1962. 
    © Grimaud/ECPAD
  • 1962. Echange de coups de feu dans le quartier de Bab-el-Oued, le 23 mars 1962. 
    © Grimaud/ECPAD
  • 1962. Victimes civiles de la fusillade de la rue d'Isly, le 26 mars 1962. 
    © Grimaud/ECPAD
  • 1962. Départ de Français d'Algérie, en avril 1962.
    © Creuse/ECPAD
  • 1962. L'embarquement de réfugiés harkis dans le port de Bône.
    © Photographe inconnu/ECPAD
  • 1962. Prise d'armes en l'honneur du départ des dernières troupes françaises d'Alger.
    © Rasse/ECPAD