Lettre d'information

La nécropole nationale d’Albert

La nécropole nationale d’Albert. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_Albert

 

La nécropole nationale d’Albert regroupe les dépouilles de soldats morts pour la France lors de la Première Guerre mondiale. Créée en 1923, cette nécropole est aménagée successivement en 1928 et 1935 afin d'y réunir les corps de soldats exhumés d’autres cimetières militaires provisoires ou de tombes isolées situés sur l'ancienne ligne de front de la Somme. Cette nécropole rassemble 6 290 corps dont 3 411 reposent en tombes individuelles et 2 879 inhumés dans quatre ossuaires. A leurs côtés, sont inhumés les corps de trois soldats britanniques dont deux dans un ossuaire.

A proximité, deux nécropoles britanniques rassemblent de nombreux soldats du Commonwealth. A 7 km au nord-est d’Albert, le cratère d’Ovillers-La-Boisselle demeure l’un des plus impressionnants vestiges de la guerre de mines dans la Somme.

Les premiers combats sur la Somme, 28 août - 12 octobre 1914

Après avoir traversé la Belgique puis franchit la frontière, la 1re armée du général allemand von Kluck atteint, le 28 août 1914, la région d'Amiens, défendue par la 6e armée française du général Maunoury. Avec pour objectif d'endiguer l'avance allemande, les troupes françaises livrent d'âpres combats, notamment sur le plateau de Combles ou à Proyart. Pour autant, le 31 août, les Allemands s'emparent d'Amiens qu'ils doivent abandonner, au terme de dix jours d'occupation éprouvante pour les civils. Il en est de même pour la ville d'Albert. Après le sursaut allié sur la Marne, au début de septembre 1914, les troupes franco-britanniques tentent en vain de rejeter l’ennemi derrière les frontières. Dans un dernier effort, chaque armée tente de déborder son adversaire par le nord. La "Course à la mer" est jalonnée de nombreux accrochages autour de Roye, Villiers-Bretonneux, Péronne, Montauban ou Albert. Chaque belligérant ne peut obtenir de franc succès. La guerre s’enlise. Albert devient une ville du front où à proximité les combats se multiplient. Mais la ville reste aux mains des Français et subit de nombreux bombardements.

L'offensive de la Somme, 1er juillet - 18 novembre 1916

En 1915, secouée ponctuellement par des actions limitées, le front de la Somme ne connaît pas d'opération majeure. A la fin de l’année, les alliés décident de conduire, au printemps 1916, une action puissante sur ce front. Toutefois, ce plan est contrarié par l'offensive allemande conduite à Verdun. Afin de soulager le secteur de la Meuse de la pression ennemie, cette stratégie offensive est maintenue et confiée aux forces du Commonwealth qui en portera l'effort principal. Les moyens français sont, en grande partie, détournés vers la Meuse.

Bien que ralentis, les préparatifs sont importants. L’arrière front est traversé de nouvelles routes et de voies ferrées pour acheminer munitions et soldats. Des postes de secours, des cantonnements et des dépôts de munitions sont créés. Long de près de 30 kilomètres, le front concerné est traversé par la Somme à la droite de laquelle se déploient les 4e et 5e armées britanniques. Sur la rive gauche, se positionnent les 6e et 10e armées françaises qui soutiendront l'effort britannique. Albert devient alors un centre majeur dans l'organisation dans la bataille qui se prépare.

Le 1er juillet, après une semaine de bombardements, les premières vagues britanniques s'élancent. Mais, très vite, elles sont stoppées par les tirs nourris des mitrailleuses. En effet, les IIe, VIe et IVe armées allemandes tiennent solidement les lignes de crête qui dominent les vallées de l’Ancre et de la Somme. En quelques heures, près de 30 000 hommes sont hors de combat. Plus au sud, les Français arrivent aux portes de Péronne. Le 1er Corps d'Armée colonial enlève le plateau de Flaucourt. Les succès sont limités et les alliés adoptent une attitude essentiellement défensive.

Pendant dix semaines, les alliés, à l’image des 42e et 39e Division d’Infanterie (DI) françaises devant Rancourt et Maurepas grignotent des positions allemandes sans réussir la percée décisive. Méthodiquement ils pilonnent les positions ennemies avant que l'infanterie ne réussisse à conquérir quelques mètres de tranchées. Le 18 novembre 1916, les alliés, perdant l'espoir d'une rupture effective du front, suspendent ce mouvement. Au terme de quatre mois, ces combats ininterrompus ont causé la perte de 650 000 Allemands, 420 000 Britanniques et 195 000 Français.

Les combats sur la Somme en 1918

En mars 1918, après l'effondrement de l'armée russe, le général allemand Luddendorff dispose de nouvelles troupes. Engagées rapidement sur le front occidental, elles reprennent la région. Sous de violents coups de boutoirs lancés à la charnière des armées britanniques, le front de la Somme menace de rompre. En avril 1918, Moisel, Ham, Péronne ou Montdidier sont aux mains des Allemands. Mais, malgré de violents bombardements et des assauts répétés, Amiens reste aux mains des Britanniques. En effet, la résistance des troupes australiennes à Villiers-Bretonneux permet de sauver Amiens. En juillet 1918, l’armée allemande est arrêtée une nouvelle fois aux portes de Paris. Les Alliés contre-attaquent alors sur l'ensemble du front. Le 8 août 1918, Canadiens et Australiens de la 4e armée britannique et Français de la 1ère armée attaquent entre Albert et Roye. Soutenue par les chars et l'aviation, l'infanterie, bouscule l'ennemi qui déplore, en quatre jours, la perte de 27 000 morts et de 21 000 prisonniers. Le front recule de plus de 10 km. Le 22, Albert est définitivement libérée. Poursuivant leur effort, à la fin août, les alliés libèrent entièrement le département de la Somme où les destructions sont importantes.

 

  • La nécropole nationale d’Albert. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale d’Albert. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale d’Albert. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale d’Albert. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale d’Albert. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale d’Albert. © Guillaume Pichard

  • Pièce d'artillerie française de 75 mm, avril 1915. En position dans les environs d'Albert, ce canon a été baptisé, par ses servants : "L’anti-boches". © ECPAD/Fonds Cassard

  • Défilé de la musique du 118e régiment d'infanterie dans les rues de Laviéville, à proximité d’Albert, avril 1915. © ECPAD/Fonds Cassard

  • Rue d’Amiens à Albert, 9 avril 1915. Dès le début des combats, la basilique Notre-Dame de Brébières est prise pour cible par l'artillerie allemande. Le 15 janvier 1915, un obus manque de faire tomber la statue de la vierge au sommet de la tour. A partir de cette date, une rumeur se propage dans l'opinion publique, pensant que si la "Vierge penchée" tombe, la guerre cessera. En 1916, les soldats australiens traversant Albert lui donneront le surnom de Fanny Durack, du nom de la championne olympique de natation et de plongeon des jeux de Stockholm. Cette statue, symbole du martyre de la ville d'Albert, tombera, au cours d'un bombardement britannique, le 16 avril 1918. © ECPAD/Fonds Cassard

  • Basilique Notre-Dame de Brébières d'Albert, 14 avril 1915. A l'intérieur, le grand autel et le chœur en ruines. © ECPAD/Fonds Cassard

  • Ambulance n°3 installée dans l’église Dernancout, à côté d’Amiens, 29 avril 1915. Une partie du chœur reste reservée au culte. © ECPAD/Fonds Cassard

  • Pièce d'artillerie française de 105 mm en position entre Auveluy et Authuille, mai 1915. © ECPAD/Fonds Cassard

  • Guetteur français dans une tranchée de 1ère ligne située sur la côte 141 entre Thiepval et le bois d’Authuillec, 4 mai 1915. © ECPAD/Fonds Cassard

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