Lettre d'information

La nécropole nationale de Condé-Folie

La nécropole nationale de Condé-Folie. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_CondeFolie

 

Située à 30 kilomètres d’Amiens et 25 kilomètres d’Abbeville, la nécropole nationale de Condé-Folie regroupe les corps de 3 312 combattants français morts pour la France lors de la Campagne de France. Les tirailleurs ayant combattu à Hangest-sur-Somme sont enterrés en ce lieu. Créée en 1950, la nécropole s’articule en deux parties. Au sud, ont été aménagés le carré métropolitain et le carré musulman comportant 829 stèles, tandis que la seconde partie, au nord de la route, en plus des tombes, un ossuaire rassemble un millier de corps. De 1953 à 1957, les corps de combattants sont exhumés de nombreux cimetières de la région pour être transférés en ce lieu.

 

La campagne de France

Le 10 mai 1940, la Wehrmacht franchit la frontière des Pays-Bas, de la Belgique et du Luxembourg, le haut commandement français déclenche, conformément aux plans, la manœuvre Dyle en vue de contenir, en Belgique, les forces ennemies. Pour la première fois, Abbeville est bombardée. Les civils fuient. Mais, le 12, l’ennemi atteint la Meuse. Au terme d’une traversée de trois jours à travers les Ardennes et après avoir balayé les divisions légères de cavalerie envoyées à sa rencontre, les Allemands s’emparent de Sedan. Les défenses françaises sont rompues, perdant toute cohérence. Le rythme imposé par les Allemands aux opérations et l’incapacité française de s’adapter aux formes de guerre nouvelle condamnent les contre-attaques montées à la hâte par le commandement français à l'échec.

Les Allemands manœuvrent sous la forme d’un coup de faux pressant les troupes françaises et britanniques à s’enfermer à Dunkerque. Après l’élimination des armées du nord (le Groupe d’armée n°1) et de ses divisions les plus modernes, le général Weygand, qui a remplacé Gamelin le 19 mai cherche à reconstituer un front continu s’appuyant sur les lignes d’eau suivantes : la Somme, le canal de Crozat, celui de l’Ailette et l’Aisne. Après avoir réorganisé son corps de bataille la reprise de l’offensive allemande a lieu le 5 juin sur la Somme. Les combats atteignent alors une intensité peut-être jamais égalée depuis le début de la guerre.

Pressant leur marche vers la Manche en vue d’avoir un accès à la mer et en vue de prendre à revers les troupes françaises, les armées allemandes se dirigent vers Abbeville et Amiens. Le 20 mai 1940, elles atteignent l’Étoile. Les habitants qui n’ont pas pris les chemins de l’exode sont surpris d’une telle rapidité et impressionnés par les engins des divisions de Panzer. Les Allemands cherchent alors à poursuivre leur progression. En face d’eux, de l’autre côté de la rive de la Somme, se déploient les 2e, 3e, et 5e divisions légères de cavaleries.  

Les combats autour de Condé-Folie

Les 19-20 mai 1940, dès que les Allemands atteignent la Somme, les Français dynamitent l’ensemble des ponts et organisent la résistance autour de Péronne, Amiens, Corbie, Picquigny, Abbeville et Saint-Valery-sur-Somme. Deux ponts à Condé-Folie et Hangest-sur-Somme n’ont cependant pas été détruits.

Le 5 juin, la 7e Panzer-Division conduite par Rommel s’élance vers ces deux objectifs. Malgré la résistance de la 5e division d’infanterie coloniale, les Allemands, grâce à leur appui-feu, s’emparent de ces ponts : la route vers Paris est ouverte. Les combats à Condé sont des plus violents. Les Allemands utilisent les lance-flammes pour enlever chaque point de résistance que tiennent les tirailleurs.

Au terme d’une journée de combats le village de Condé n’est que ruines où les nombreux blessés sont soignés. Près de 200 hommes ont été tués. Parmi les victimes, on relève le capitaine Magnien qui conduisait ces hommes. Après avoir réduit chaque point de résistance occupé par les Sénégalais et par les troupes coloniales, l’ennemi peut progresser vers le sud en vue d’atteindre Quesnoy-sur-Airaines.

Les volontaires espagnols des régiments de marche (RMVE)

Traditionnellement, les volontaires étrangers voulant servir sous le drapeau français sont engagés dans la Légion étrangère. Un décret de mai 1939 facilite le recrutement.  En 1939, 8 465 engagements sont acceptés dont plus de 3 000 Espagnols républicains, 1 171 Allemands, 800 Tchécoslovaques, 779 Belges, 639 Italiens et 615 Polonais. À la fin de la guerre d'Espagne, des dizaines de milliers de Républicains se réfugient en France. Là, ils sont internés à Argelès, Saint-Cyprien, et Barcarès. Dans ce dernier, un camp centralisateur d’instruction est ouvert en septembre en vue de former trois régiments de volontaires, dont beaucoup vont mourir en 1940. Ces unités reçoivent la dénomination de 21e, 22e et 23e RMVE.

Créé le 24 octobre 1939, le 22e RMVE est cantonné à Barcarès où il regroupe principalement des Espagnols (25%), des Polonais et des Juifs issus de Pays d'Europe centrale. Après une instruction, menée, alternativement à Barcarès et au Larzac, cette unité est déployée en Alsace dans la région de Mulhouse. Mal équipés, les légionnaires doivent recourir à la ficelle pour faire tenir leurs équipements ; les courroies, jugulaires, cartouchières et havresacs ne leur ayant pas été fournis. Les RMVE sont d'ailleurs surnommés les "régiments ficelles". Lors de l'invasion de la Belgique, le régiment reçoit pour mission de protéger la boucle de la Somme, près de Péronne. Du 22 au 26 mai 1940, le 22e RMVE résiste bien à l'ennemi lui reprenant même des villages.

Le 5, 6 et 7 juin 1940, après la neutralisation de l'artillerie française, les bataillons accrochés aux points d'appui de Fresnes-Mazancourt, de Misery et de Marchélepot succombent les uns après les autres, faute de munitions, refusant les offres de reddition et terminant au corps à corps. Le 22e RMVE a été cité à l'ordre de l'Armée.

 

  • La nécropole nationale de Condé-Folie. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Condé-Folie. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Condé-Folie. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Condé-Folie. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Condé-Folie. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Condé-Folie. © ECPAD

  • Épave du char B1bis, Crécy-au-Mont, sur les hauteurs du Mont-Caubert après de les combats d'Abbeville. Engagé au cours de la bataille d'Abbeville, ce char commandé par le lieutenant Bondelet est parvenu au coeur des positions ennemies au Mont-Caubert. Après avoir détruit une pièce de 88mm, il est atteint par un coup au but et prend feu. Sur les quatre membres d'équipage, deux hommes, le lieutenant Bondelet et l'aide pilote Célérier sont tués.© ECPAD

  • Colonne de prisonniers français après les combats de la Somme, 1940. © ECPAD

  • Épave du char B1bis, Crécy-au-Mont, sur les hauteurs du Mont-Caubert après de les combats d'Abbeville. © ECPAD

  • Chars français français remontant une colonne de réfugiés sur la nationale 2 entre Laon et Soissons, mai 1940. © ECPAD

  • Entrainement au lancée de grenades, Somme, 1940. © ECPAD

  • Tombes de soldats allemands inhumés provisoirement dans le cimetière militaire britannique de la Chapelette (14-18) au sud de Péronne. Les corps de ces combattants allemands reposent aujourd'hui au cimetière de Bourdon (Bloc 38 - Rangée 8). © ECPAD

  • Inauguration du monument de Condé-Folie. © MINARM/SGA/DMCA

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    Infos pratiques

    Adresse

    Condé-Folie
    À 30 km au nord-ouest d’Amiens, D 3, D 216

    Horaires d'ouverture hebdomadaires

    Visites libres toute l’année

    En résumé

    Eléments remarquables

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    Comité départemental du tourisme de la Somme

    21, rue Ernest Cauvin

    80000 Amiens

    Tél. : 03 22 71 22 71

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