Lettre d'information

La nécropole nationale d’Esnes-en-Argonne

La nécropole nationale d’Esnes-en-Argonne. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_Esnes

 

La nécropole nationale d’Esnes-en-Argonne regroupe principalement les dépouilles de soldats morts lors des combats autour de Verdun de 1914 à 1918, et plus particulièrement ceux qui se sont déroulés, en 1916, sur la rive gauche de la Meuse. Au total, 6 661 corps de soldats français dont 3 000 reposent dans deux ossuaires y sont inhumés. Cimetière du front rattaché au poste de secours situé dans les caves du château d'Esnes, ce site est aménagé de 1920 à 1930 pour y réunir les corps exhumés de cimetières provisoires de la rive gauche, comme celui du Bois des Corbeaux ou des tombes isolées.

A proximité du village d’Esnes-en-Argonne, au carrefour des routes de Malancourt et d’Avocourt, s’élève un mémorial dédié au 173e régiment d’infanterie. Composée de combattants corses, cette unité est engagée, par deux fois, dans le secteur de Verdun. Ce monument porte ainsi l’inscription "A la mémoire des glorieux morts du 173e Régiment d’Infanterie tombés dans le secteur – Septembre à novembre 1914 – Mai à août 1916".

Avec  la cote 304, le Mort-Homme est une des positions les plus disputées sur la rive gauche de la Meuse.

La cote 304, un secteur emblématique de la défense de Verdun

Véritables menaces pour l'ennemi, la cote 304 avec les cotes 287 et 310 au sud d’Esnes, forment une ligne de forteresses naturelles. Les couverts les plus proches sont le bois d’Avocourt et de Malancourt. Pour renforcer sa pression contre les Français qui résistent vaillamment sur la rive droite, les troupes allemandes conduisent, le 20 mars 1916, leurs premiers assauts contre cette colline. Pendant deux jours, la lutte est acharnée. Trois régiments allemands perdent ainsi plus de 50% de leurs effectifs. Multipliant ses efforts, l'ennemi cherche à cerner les positions françaises pilonnées sans cesse par d'intenses bombardements. Au début de mai 1916, les troupes allemandes s’emparent des pentes nord de la cote 304, du Bois Camard et de la cote 287. Sur les pentes sud, les Français s'accrochent. En juin, employant les liquides enflammés, les Allemands lancent une dernière action d'envergure, sans succès. Jusqu’à la fin de l’année 1916, ce secteur perd en intensité. Les combats perdurent et connaissent un regain en juin et juillet 1917. Le 20 août, les troupes françaises, reprennent les abords de la côte 304. Le 24, cette position est aux mains des Français.

Cette dernière offensive française de l'été 1917 permet de dégager complètement Verdun. Cependant, la lutte continue sur la crête des Caurières où l’artillerie ennemie emploie ses nouveaux obus à gaz ypérite. Le 26 septembre 1918, les Alliés attaquent de la Champagne à la Meuse. Le Bois des Caures est repris en octobre.

Le Mort-Homme

Comme la cote 304, le Mort-Homme est une des positions les plus convoitées de la rive gauche de la Meuse. Massif avec deux buttes jumelles, la cote 265 et la cote 295, il est un observatoire précieux et une position d’artillerie redoutable. En mars 1916, l’offensive allemande, concentrée sur la rive droite, s’oriente vers la rive gauche de la Meuse. La progression est rapide. En six jours, l'ennemi atteint ce point stratégique. Les Français résistent et emploient massivement leur artillerie. Parfois, la cadence de tirs s'élève à 120 projectiles par minute. Le 9 avril 1916, conduisant un assaut simultané sur les deux rives, les Allemands progressent depuis le Bois des Corbeaux et atteignent les cotes 265 et 295. Le 20, les Français contre-attaquent. Les Allemands se replient sur le secteur du Mort-Homme par le ravin de la Hayette où les pertes sont élevées. En 1917, le secteur est encore le théâtre de violents combats. Les Allemands occupent le nord-est de cette position où ils creusent de profonds tunnels à l’épreuve de bombardements. Le tunnel des Corbeaux – tunnel Gallwitz – est finalement conquis par les tirailleurs de la 7e Division marocaine. Le 24 août 1917, les Français conquièrent définitivement cette position, permettant ainsi de dégager l'ensemble de la rive gauche.

  • La nécropole nationale d’Esnes-en-Argonne. © ECPAD

  • La nécropole nationale d’Esnes-en-Argonne. © ECPAD

  • La nécropole nationale d’Esnes-en-Argonne. © ECPAD

  • La nécropole nationale d’Esnes-en-Argonne. © ECPAD

  • La nécropole nationale d’Esnes-en-Argonne. © ECPAD

  • Groupe de soldats du 173e régiment d'infanterie (RI). Constituée en grand nombre de soldats issus de l'Ile de Beauté, cette unité est baptisée le "régiment corse". Formé en 1913, celuic-i s'illustre au mois d'août 1914 lors de la bataille de Mohrange. Il est engagé ensuite aux Eparges (Meuse) puis à Verdun où il combat dans le secteur de la cote 304. A la fin de la guerre, il enregistre la perte de 3 514 hommes, soit l'équivalent de son effectif. © Archives départementales de haute Corse

  • Cantonnement français dans la village d'Esnes, janvier 1916. © Collections BDIC

  • Abri du 84e régiment d'artillerie (RA) situé en forêt de Hesse, mai 1916. © Collections BDIC

  • Groupe de brancardiers français d'un poste de secours installé dans les ruines du château d'Esnes, juillet 1916. © Collections BDIC

  • Soldats français occupant une tranchée située sur la cote 304, juillet 1917. © Collections BDIC

  • Soldats français encadrant un prisonnier allemand - Esnes, 24 août 1917. © Collections BDIC

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    Infos pratiques

    Adresse

    Esnes-en-Argonne
    À 20 km au nord-ouest de Verdun, par la D 38

    Horaires d'ouverture hebdomadaires

    Visites libres toute l’année