Lettre d'information

La nécropole nationale d’Haguenau

La nécropole nationale d’Haguenau. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_Haguenau

 

Ancien cimetière de garnison créé en 1896 par l’armée allemande, la nécropole nationale d’Haguenau regroupe les corps de soldats décédés lors des trois conflits qui ont opposé la France et l’Allemagne sur le sol alsacien. Il est ensuite aménagé successivement de 1914 à 1919 puis dans les années 1930 pour regrouper les corps exhumés des cimetières militaires de la région de Haguenau-brumath, de la Petite-Pierre, de Hatten et la région de Woerth. À partir de 1955, ce sont les corps exhumés dans le Bas-Rhin qui sont ajoutés, puis en 1976 les prisonniers soviétiques initialement enterrés en Alsace.

Il comprend dix sépultures de soldats décédés lors de la guerre de 1870-1871. Pour la Première Guerre mondiale, aux côtés des 91 Français, reposent 475 Roumains, 122 Russes et un Britannique. Pour la Seconde Guerre mondiale, 536 Soviétiques dont 493 en ossuaires, 358 Français, sept Britanniques, un Polonais et un Belge sont inhumés.

Pour la Seconde Guerre mondiale, les sept aviateurs britanniques, tombés dans la nuit du 24 au 25 avril 1944 lors du crash de leur bombardier sur Soufflenheim, sont également inhumés dans le cimetière. Dans ce village, une plaque en leur mémoire a été inaugurée en mai 2014.

À proximité, un carré militaire allemand de 188 tombes y a été aménagé.

La guerre franco-prussienne : la bataille de Woerth-Froeschwiller, 6 août 1870

Le 19 juillet 1870, la France déclare la guerre à la Prusse. Le 4 août, les troupes prussiennes marchent vers Wissembourg. Submergée par le nombre, la 2e division d’infanterie (DI) du général Douay abandonne le plateau du Geisberg et le col du Pigeonnier. Après cette défaite, l’armée du Rhin conduite par le maréchal Mac-Mahon se replie sur la rive droite de la Sauer. Le 6, au nord d’Haguenau dans les bois de Woerth et de Froeschwiller, les Français subissent un nouveau revers. Les Français luttent à 1 conte 3 et sont surclassés par le feu ennemi. Un nouveau repli s’impose au cours duquel la cavalerie se sacrifie lors de furieuses charges dans les rues de Morsbronn ou devant Elsasshausen. Finalement, l’ennemi s’empare de l’Alsace tandis que l'armée française se retranche en Lorraine.

Les batailles de Morhange et de Sarrebourg, 19-27 août 1914

Tout au long de la guerre, Haguenau est à l’écart des combats et des destructions. Pour autant, aux premiers jours de la guerre, de violents affrontements se déroulent à quelques kilomètres de la ville. Le 3 août, alors que l’ennemi déploie par la Belgique un large mouvement visant à envelopper l’armée française, le général Joffre engage le 7e corps d’armée (CA) en Alsace occupée depuis 1871. Mulhouse est libérée par les Français. Mais l’ennemi réagit et reprend Mulhouse, rejetant les Français de l’autre côté de la frontière.

Joffre relance une action en Haute Alsace et le 14 août, les 1re et 2e armées s’élancent en direction de Morhange et Sarrebourg. La 2e armée du général de Castelnau progresse rapidement dans les premiers jours, enlevant Château-Salins, Sarrebourg et Dieuze, mais, l’ennemi occupe de solides positions dominant le canal des Salines et la Sarre. Là, dans des tranchées bétonnées et appuyés par des mitrailleuses, il se prépare à affronter les Français. Le 19, le 20e CA atteint ces positions et le 20 au matin, après un violent bombardement, l’ennemi surgit, infligeant de lourdes pertes aux Français. Dans l’après-midi, ces derniers reculent sur la Meurthe. À l'est, devant Sarrebourg, la 1re armée française connaît le même revers. Près de 10 000 hommes sont hors de combat de part et d’autre. La 1re armée gagne la vallée de la Bruche et s’accroche aux hauteurs des Basses-Vosges. Après ces défaites, les Français se replient sur les Vosges et sur le Grand-Couronné de Nancy où se joue, en septembre 1914, le sort de la Lorraine française.

Pour la Première Guerre mondiale, nombre de soldats français sont décédés en 1918-1919 à l’hôpital d’Haguenau ou encore à l’asile de Stephansfeld-Brumath des suites de maladies. Ils reposent aujourd’hui dans la nécropole.

Les Roumains en France, 1916-1918

D’août 1916 au début de l’année 1917, des milliers de combattants roumains sont fait prisonniers par les Empires centraux. Au 1er février 1917, on dénombre près de 80 000 prisonniers, dont 43 000 sont dans des camps en Allemagne. La plupart sont transférés sur le front Ouest ou italien. Leurs conditions de détention sont très difficiles. L’accord de Berne du 7 mars 1918 améliore un peu leur sort, mais en octobre 1918, seulement 28 000 sont encore en vie. Certains sont envoyés en France entassés dans des wagons puis employés dans des kommandos agricoles, des mines, des usines ou à proximité du front. Travaillant très durs, ils sont livrés à des gardiens violents et sont très mal nourris. Les civils alsaciens, qui tentent de les aider, risquent tout autant les coups. En Alsace, Lorraine, ou encore dans les Ardennes et l’Aisne, les Roumains subissent les soldats des Rümanen-Bechachungskommando (détachement de surveillance des Roumains) et des Kriegsefangenen-Arbeiter-bataillonen (bataillons de travailleurs prisonniers de guerre). À la fin de la guerre, des responsables allemands sont désignés comme criminels de guerre sur une liste de noms issue des articles 227 à 230 du Traité de Versailles du 28 juin 1919. À Haguenau comme à Dieuze, une plaque en français et en roumain rappelle cette histoire : "À la mémoire des 2 344 prisonniers de guerre roumains morts dans les camps d’internement allemands en Alsace et en Lorraine en 1917 et en 1918. À la mémoire des Alsaciens et des Lorrains qui les ont aidés."

Les prisonniers de guerre russes en Alsace pendant la Grande Guerre

Au cours de la Grande guerre, 3,4 millions soldats russes sont faits prisonniers, dont 1,5 millions détenus en Allemagne. À partir du printemps 1915, le gouvernement allemand décrète l’utilisation des prisonniers de guerre pour pallier à la pénurie de main d’œuvre. En Alsace, plusieurs milliers de prisonniers russes sont employés aux travaux de drainage, de coupe du bois, de construction des routes ou dans l’agriculture. La dureté du travail, la faim, le manque de soins médicaux appropriés nuisent à leur santé. Selon les chercheurs russes, le taux de mortalité des prisonniers de guerre était de 7,3 %. Au cours de la guerre, 100 000 prisonniers de guerre ont péri en Allemagne.

Les libérations d’Haguenau, 11 décembre – 16 mars 1945

Depuis l’été 1944, les Allemands refluent vers le Nord-Est. En Lorraine et en Alsace, les Allemands organisent de solides points de résistance et lancent d’importants travaux de fortification sur la frontière du Rhin. A la mi septembre, la 1re armée française du général de Lattre et la 2e division blindée (DB) du général Leclerc marchent aux côtés des armées américaines sur l’Alsace. La 1re armée progresse par le Sud jusqu’à la trouée de Belfort, qu’elle reprend à la XIXe armée après de rudes combats entre le 14 et le 25 novembre. Au centre, les Français atteignent Gérardmer et la Bresse. Partout, la 1re armée bouscule l’ennemi mais au prix de pertes importantes. Au nord, le 22 novembre 1944, la 2e DB libère Strasbourg, tenant ainsi le serment de Koufra formulé en 1941 dans le désert libyen.

Le 9 décembre, la 7e armée américaine atteint Haguenau. Le 11, sans livrer de combats, la 79e division d’infanterie américaine y pénètre. Mais, très vite, l’ennemi réagit. Le 16, il contre-attaque dans les Ardennes, puis, en janvier 1945, au nord des Vosges. Les Alliés sont surpris et décident de concentrer leurs forces entre Saverne et Lunéville. Sous la pression du général de Gaulle, les Français conservent Strasbourg, menacée par cette manœuvre. Le 21 janvier 1945, à Haguenau, la partie au nord du canal de la Moder, est reprise par les Allemands. Jusqu’au 26, la 14e DB américaine livre de violents combats de rues pour stopper les Panzers. Le front se stabilise. L’ennemi s’accroche à chaque village autour desquels les combats sont des plus éprouvants, en particulier pour les troupes coloniales. L’offensive alliée du 15 mars permet progressivement de dégager cette poche de résistance. Le 18, la 36e DI américaine, renforcée par la 3e division d'infanterie algérienne repasse la Moder et reprend avant de poursuivre vers le Rhin et d’entrer en Allemagne.

 

  • La nécropole nationale d’Haguenau. © ECPAD

  • La nécropole nationale d’Haguenau. © ECPAD

  • La nécropole nationale d’Haguenau. © ECPAD

  • La nécropole nationale d’Haguenau. © ECPAD

  • La nécropole nationale d’Haguenau. © ECPAD

  • La nécropole nationale d’Haguenau. © ECPAD

  • La nécropole nationale d’Haguenau. © ECPAD

  • Prisonnier roumain interné dans le camp de Mannheim (Allemagne) en 1917. © Collections BDIC:Pierre Bertrand

  • Prisonniers russes employés, pendant la Première Guerre mondiale, à la choucrouterie d'Edmond Stoeffler, 1917. © Collection Léon Schahl

  • Entrée des troupes françaises dans Haguenau, novembre 1918. © Collections BDIC

  • Cérémonie d'hommage organisée après la libération d'Haguenau, novembre 1918. Après une messe de requiem, le souvenir français sous la présidence de M. Echinger, dépose des couronnes aux morts de 1870 et de la Grande Guerre. Au centre de la photo, se trouve le drapeau des vétérans de 1870. © Collections BDIC

  • Exercice au tir d'arme anti-char par un fantassin du 1er RCA (Régiment de chars d'Afrique) de la 5e DB (Division blindée) dans la région de Colmar. © ECPAD/Jacques Belin

  • Défilé pour célébrer la libération de Colmar, 1er-2 février 1945. © ECPAD/Jacques Belin

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    Haguenau
    Au nord de Strasbourg

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