Lettre d'information

La nécropole nationale de Craonnelle

La nécropole nationale de Craonnelle. © Guillaume Pichard

 

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_Craonnelle

 

Aménagée pendant la guerre à proximité d'un poste de secours, la nécropole nationale de Craonnelle regroupe les corps de soldats morts pour la France lors des batailles du Chemin des Dames en 1914-1918. Au lendemain de la guerre, ce cimetière est aménagé pour réunir d’autres combattants inhumés sur le plateau de Californie et des Casemates, ou ceux enterrés dans les cimetières provisoires des postes de secours des Flandres, à Oulches, de Vassogne, de Jumigny, de Craonne, du Moulin de Vauclair. Cette nécropole rassemble près de 4 000 corps français dont près de la moitié reposent dans deux ossuaires. Vingt-quatre combattants britanniques et deux Belges y sont également inhumés.

Parmi les soldats français, repose notamment la dépouille d’Auguste Hourcade (Tombe 228). Né en 1892, le jeune poète et critique d’art, caporal au 34e RI, meurt le 21 septembre 1914 à Oulches.

Dès les premières semaines du conflit jusqu'à ses derniers sursauts, le plateau calcaire du Chemin des Dames qui domine la vallée de l'Aisne au sud et la vallée de l'Ailette au nord, sont âprement disputés. Observatoire naturel, cette position est un verrou stratégique qui domine à la fois la plaine de Reims et celle de Soissons.

Poursuivant l'ennemi défait sur la Marne, Français et Anglais franchissent l'Aisne, le 13 septembre 1914. Mais très vite, les Allemands s'accrochent au plateau du Chemin des Dames. Après des combats acharnés, l'ennemi parvient, en novembre 1914, à rester seul maître du plateau qui se transforme progressivement en véritable forteresse.

L'offensive du Chemin des Dames

En avril 1917, au cœur des enjeux, ce plateau voit le déploiement d'une puissante offensive française mais avec le repli allemand sur la ligne Hindenburg, le plan initialement imaginé est caduc. Pourtant, le général Nivelle maintient son projet qui concentre, pour les Français, 49 divisions d’infanterie, 5 divisions coloniales soutenues par 5 310 canons, soit un canon tous les 12 mètres. De plus, 128 chars français sont engagés pour la première fois. Au total plus d’un million d’hommes sont rassemblés.

Le 2 avril, le feu de l'artillerie est déclenché mais cette intense préparation n’a détruit que très partiellement les défenses allemandes. Aussi, le 16 avril, quand les premières vagues s’élancent, elles se heurtent aux barbelés et sont fauchées par le feu des mitrailleuses allemandes. Pourtant, les Français parviennent à mettre un pied sur la crête. Malgré les pertes et des conditions météorologiques difficiles, les assauts se prolongent jusqu’au lendemain mais l’offensive est un échec. L'autorité de Nivelle s’effondre. Du 16 au 30 avril, 147 000 hommes sont mis hors de combat dont 40 000 morts. Chaque division perd en moyenne 2 600 hommes sur le Chemin des Dames. Les tirailleurs sénégalais, notamment perdent plus de 7 000 hommes sur 16 500 engagés (40-45%) dans les premières journées.

Au bord de l’effondrement, les Français s'accrochent. Au cours de l'été 1917, une série d’opérations et de contre-attaques est lancée pour contrôler les positions-clés du Chemin des Dames, de Craonne à Laffaux. Les fantassins des deux camps supportent les plus extrêmes souffrances En octobre 1917 se déroule la bataille de la Malmaison dont l'objectif est la prise de l'ancien fort de la Malmaison à l'ouest du Chemin des Dames. Conquis le 23 octobre, les Allemands abandonnent le plateau et se replient au nord de la vallée de l'Ailette.

Les combats de 1918 au Chemin des Dames

Au printemps de 1918, le Chemin des Dames est à nouveau âprement disputé. Le 27 mai 1918, les Allemands déferlent, bousculant les positions françaises. Ils occupent rapidement la crête du Chemin des Dames et atteignent la Vesle. Soissons est occupée et Reims est sous les tirs directs de l'artillerie. Le 30, les Allemands atteignent la Marne. Les Français se replient, le front est rompu. L'assaillant est à 60 kilomètres de Paris où le bruit sourd du canon se fait entendre. C'est la seconde bataille de la Marne.

Mais, le 18 juillet, ce mouvement s'enraye. Les Alliés contre-attaquent et repoussent les forces épuisées de l'ennemi. Appuyée par les chars, l’armée Mangin progresse rapidement. Soissons est libérée le 2 août. Au cours des semaines suivantes, les combats font rage au centre et à l'est du Chemin des Dames. Le 10 octobre, un mois avant l’armistice, les Allemands abandonnent définitivement le plateau aux troupes françaises et italiennes.

 

  • La nécropole nationale de Craonnelle. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Craonnelle. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Craonnelle. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Craonnelle. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Craonnelle. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Craonnelle. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Craonnelle. © ECPAD

  • Ruines du village de Craonne, 8 mai 1917.  Le 5 mai 1917, concentrant leur assaut entre la ferme d'Hurtebise et Craonne, les deux divisions engagées (36e et 35e division d'infanterie) parviennent à enlever le plateau de Californie défendu par le corps allemand de la Garde. © ECPAD

  • Sucrerie de Berry-au-Bac abandonnée par les Allemands. Quittant ce secteur, les Allemands pratiquent la politique de la terre brûlée, et ont détruit les installations d'une sucrerie, où était entreposé de la ferraille destinée à être recyclée par l'industrie d'armement allemande. © ECPAD

  • Hurtebise, soldats prenant leur repas à l'intérieur de la caverne du Dragon. © ECPAD

  • Cuisine du bataillon au chemin des Dames. © ECPAD

  • Funiculaire du village d’Hurtebise. Cette installation servait à monter les munitions aux troupes de 1re ligne qui occupent la crête en avril 1917. © ECPAD

  • Vue du Chemin des Dames dévasté de la Vallée Foulon. © ECPAD

  • Ravin du Paradis. Les arbres sont utilisés par les deux camps comme bois de chauffage, pour la cuisine, la construction et le renforcement des ouvrages de défense ou encore à la réalisation de caillebotis recouvrant le sol des tranchées. Les rondins servent à consolider les abris de tranchées. © ECPAD

  • Chasseurs à l'intérieur des carrières de Montparnasse, La Malmaison, octobre 1917. Mise en service en 1806, cette carrière tient son nom de l'auberge qui se trouvait à l'entrée de celle-ci. Occupée par les Allemands en septembre 1914, la Barbarossa Höhleelle est reprise, au terme d'un violent bombardement, par les chasseaurs du 1er BCP lors de l'offensive sur La Malmaison (Octobre 1917). Au terme de ces combats, les Français l'utilisent comme abri. En 1919, les pierres de la carrière sont de nouveau extraites pour rempierrer notamment les chemins vicinaux. © ECPAD

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    À 24 km au sud-est de Laon, en bordure du CD 18 (Craonne / N2)

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