Lettre d'information

La nécropole nationale de Noyon

La nécropole nationale de Noyon. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_necropole_Noyon

 

La nécropole nationale de Noyon regroupe les dépouilles de soldats morts pour la France lors des batailles de l’Oise entre 1914 et 1918. Créée en 1921, elle est réaménagée en 1934 pour y réunir les corps d’autres combattants exhumés des différents cimetières provisoires de l’Oise (Tirlaucourt, Guiscard, Pont-L'Évêque, Passel, Pontoise, Appilly, Bussy, Porquericourt, Canny-sur-Matz, Lassigny, Chiry, Ourscamps et Château-de-Bretigny). Cette nécropole rassemble 1 726 corps français pour la plupart tués lors des dernières offensives de 1918. Parmi eux, près de 700 sont inhumés dans deux ossuaires. Au titre de la Seconde Guerre mondiale, cette nécropole regroupe quatre combattants morts pour la France.

Parmi les soldats français, repose notamment le corps d’une victime civile, Émile Georget (tombe 126 bis) dont la dépouille a été transférée le 15 janvier 1925. Né en 1898 à Cherbourg, cet enfant de 16 ans, accusé de suivre le mouvement des troupes sur une carte, a été fusillé, en 1914, par les Allemands au cours de la brève période d’occupation de Noyon.

 

Noyon, une ville marquée par la Grande Guerre

Au lendemain de la bataille de Saint-Quentin, les armées alliées défaites se replient sur Noyon où le maréchal French installe son quartier général du 26 au 28 août 1914. Occupée par les Allemands dès le 30 août, cette ville, située à cent kilomètres de Paris, est ensuite le théâtre de violents affrontements qui se déroulent du 15 au 18 septembre 1914. Toutefois, Noyon reste aux mains de l’ennemi qui y imposa aux civils de strictes conditions de vie. Ainsi, chaque jour, des hommes doivent se rendre à la mairie, siège de la Kommandantur pour s’y constituer prisonniers et otages. Ce moyen de pression de l’occupant permet d’éviter toute opposition des civils. Le ravitaillement est des plus difficiles car les réquisitions sont nombreuses afin de satisfaire les besoins de l’occupant. Les pillages et les destructions se multiplient comme les vexations à l’égard des habitants qui vivent dans la terreur. Au cours de l’hiver 1914–1915, les troupes d’occupation pillent, violent et exécutent de nombreux otages. A la suite du repli allemand, le 18 mars 1917, les Français reprennent cette ville en ruines. Mais le 25 mars, la ville est à nouveau occupée. D’intenses bombardements achèvent de détruire Noyon dont la cathédrale porte encore les stigmates.

Témoin du reflux des armées ennemies en 1914, Noyon reste au cœur des enjeux militaires, en particulier lors des offensives de 1918.

La deuxième bataille de Picardie : 21 mars – 5 avril 1918

Au printemps 1918, le rapport de force tourne en faveur des Allemands qui peuvent, à la suite de la capitulation russe à Brest-Litovsk, concentrer tous leurs moyens sur le front occidental. Exploitant les divisions entre les Alliés, le général allemand Ludendorff cherche à repousser les Britanniques sur les côtes de la Manche en exécutant une manœuvre rapide et brutale. Au matin du 21 mars, après un bref mais violent bombardement, les troupes allemandes attaquent dans la Somme, entre Arras et La Fère. Les Britanniques des généraux Byng et Gough sont contraints de se replier. En une seule journée, le front britannique est enfoncé. Sous la pression ennemie, une brèche s’ouvre à la jonction des armées britanniques et des armées françaises.

À la hâte, le général Pétain, chef des armées françaises, mobilise ses réserves et envoie les 3e et 5e armées dans les secteurs de Noyon et de Lassigny. Les jours suivants, la progression allemande se poursuit sous les yeux de l’empereur Guillaume II. Les Britanniques refluent vers Amiens. Le 24 mars, Chauny tombe. Le 25 mars, les Allemands entrent à nouveau à Noyon. L’ennemi est aux portes de Paris, bombardées par le Parizer Kanonen. Cette pièce d’artillerie de longue portée, située dans la forêt de Pinon, à 120 kilomètres de Paris, sème la panique dans la capitale. Les combats se poursuivent au sud-ouest de Noyon où les Français parviennent à contenir les assauts allemands.

Le 9 juin 1918, les Allemands lancent une nouvelle offensive dans le secteur Noyon – Montdidier en vue d’atteindre Compiègne. En raison des pertes importantes consenties, cette manœuvre n’est pas poursuivie. Le mouvement ennemi s’enraye. Les alliés résistent et parviennent, en juillet 1918, à inverser définitivement le sort de la guerre. Le 30 août 1918, Noyon, détruite à 80 %, est ainsi définitivement libérée.

Enjeu militaire et symbolique, la ville de Noyon a reçu, au titre de cette occupation des plus éprouvantes, la Légion d’honneur.

 

  • La nécropole nationale de Noyon. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Noyon. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Noyon. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Noyon. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Noyon. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Noyon. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Noyon. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Noyon. © ECPAD

  • Troupes anglaises montant vers le front en 1918. © ECPAD

  • Population civile évacuée aux environs de Compiègne, mars 1918. © ECPAD/Baguet

  • Évacuation de prisonniers allemands, mars 1918. © ECPAD/Baguet

  • Soldats anglais allant au repos à Longpont, mars 1918. © ECPAD/Emmanuel Mas

  • Obus tombé à l'angle de la rue de Rennes et du boulevard Raspail (Paris), bombardement du 30 mars 1918. © ECPAD/Albert Moreau

  • Soldats français rassemblés dans Noyon, août 1918. La ville de Noyon est reprise par la 3e armée le 30 août 1918. L’offensive de la 3e armée, dirigée par le général
    Humbert, oblige les Allemands à battre définitivement en retraite. Avant d'abandonner la ville, l’ennemi piège un certain nombre de rues et d'édifices publics pour
    ralentir la progression française. © ECPAD/Baguet