Lettre d'information

La nécropole nationale du Rayol – Canadel-sur-Mer

La nécropole nationale du Rayol – Canadel-sur-Mer. © ECPAD

 

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Situé sur le territoire de la commune de Saint-Mandrier, le cimetière national du Rayol – Canadel-sur-Mer, regroupe neuf dépouilles des membres du commando d’Afrique de l’adjudant-chef Texier qui trouvèrent la mort aux côtés de leur chef, en escaladant les falaises du Cap-Nègre. Aux premières heures du débarquement de Provence, ce commando, qui avait pour mission d’appuyer la progression alliée, subit de très lourdes pertes au Cap-Nègre.

D’une superficie de 220 m², ce cimetière est le plus petit des cimetières nationaux français. Parmi les neuf tombes, cinq sépultures sont In Memoriam, c'est-à-dire qu’elles conservent le souvenir de cinq combattants morts pour la France, dont les corps ont été restitués aux familles. A la demande du Général Bouvet, chef des Commandos d’Afrique et de M. Gola, Maire du Rayol-Canadel, ce cimetière fut maintenu par décision ministérielle du 22 juillet 1950.

L’opération Anvil-Dragoon

Malgré des désaccords stratégiques importants, le principe d’un second débarquement dans le Sud de la France pour compléter l’opération Overlord, est entériné dès novembre 1943. Si Winston Churchill préfèrerait porter l’effort en Italie du Nord et dans les Balkans, Staline s’y oppose et préfère l’option d’un débarquement en Provence. Pour le général de Gaulle, cette option hâterait ainsi la libération du territoire. Le président américain Roosevelt tranche finalement en faveur d’une opération dans le sud de la France.

Sauvage et rocheuse, avec de petites plages la côte provençale ne se prête guère à un débarquement de grande envergure. Mais les fonds relativement profonds proches du rivage permettent aux navires de tirer de près, et la proximité de la Corse autorise l’emploi massif de l’aviation. La libération de la Provence permet surtout l’utilisation des ports en eau profonde de Marseille et Toulon, vitaux pour le ravitaillement des armées alliées en France.

Forte de 250 000 hommes, la XIXe armée allemande du général Wiese défend le Midi. Délaissant l’arrière-pays, les troupes allemandes sont concentrées sur le littoral et sur les principaux axes de communication. Les moyens de la marine et de l’aviation sont très faibles, et les défenses côtières bien moins impressionnantes que celles du Mur de l’Atlantique, même si les ports de Toulon et Marseille sont solidement défendus. Le débarquement se déroule loin de ces deux objectifs majeurs et se déploie entre le Lavandou et Agay, sur 70 km de côte.

15 août 1944 : les Alliés débarquent en Provence

Les troupes d’assaut sont confiées au général américain Alexander Patch. Il commande la 7e armée américaine, composée du 6e corps américain du général Truscott et de l’armée B française (future 1re armée) du général de Lattre de Tassigny. La présence navale française est bien plus importante qu’en Normandie. Le cuirassé Lorraine et une dizaine de croiseurs sont engagés. Les Forces françaises de l’Intérieur (FFI), très organisées dans le Sud de la France doivent soutenir cette opération en harcelant les troupes allemandes.

Partie de Corse, d’Italie et d’Afrique du Nord, l’armada alliée transporte 500 000 hommes. Elle est appuyée par 1 500 avions. Dans la nuit du 14 au 15 août, plus de 5 000 parachutistes alliés sont largués dans la région du Muy, tandis que des commandos prennent d’assaut des batteries ennemies sur la côte. À l’aube, un terrible bombardement aérien et naval s’abat sur la côte, et à 8 heures, les premières vagues d’assaut américaines débarquent sur les plages Alpha, Delta et Camel, entre Cavalaire et Saint-Raphaël. Malgré la résistance ennemie dans le secteur de Saint-Raphaël, le succès du débarquement est total : une tête de pont d’environ 75 kilomètres sur 30 est établie au soir du 15 août.

Le 17 août, la XIXe armée allemande reçoit l’ordre de retraite générale, à l’exception des garnisons de Toulon et Marseille. Exploitant leurs premiers succès, les Américains se dirigent vers le nord, laissant aux Français la difficile mission de prendre Toulon et Marseille. Après de violents combats urbains, Toulon est libérée le 26 aout. Deux jours plus tard, la 3e Division d'infanterie algérienne du général de Montsabert pénètre dans la cité phocéenne. Empruntant la vallée du Rhône, la progression alliée est foudroyante : Lyon est libérée le 3 septembre. Le 12 septembre à Montbard (Côte d’Or), la jonction est réalisée entre les troupes françaises de la 2e DB parties de Normandie et celles remontant de Provence.

Les combats du Cap Nègre

Créé en juillet 1943 à Dupleix (Algérie), le Groupe de commandos d’Afrique est composé de volontaires d’Afrique de Nord, d’évadés de France ou d’Espagne et de tirailleurs d’Algérie et du Maroc. Après avoir pris part à la libération de l’ile d’Elbe (27-30 juin 1944, cette unité précède, avant l’aube, les vagues d’assaut et sera ainsi la première unité à débarquer sur le sol de France. Sous couvert de l'obscurité, le commando n°1 du capitaine Ducourneau doit détruire les batteries allemandes situées sur le Cap-nègre qui peuvent affliger de lourdes pertes aux navires alliés. Les autres membres du Groupe, après avoir débarqués, doivent forcer les positions ennemies, s’emparer rapidement de la route côtière et repousser d’éventuelles contre-attaques. Mais en raison d’une erreur de navigation, les hommes sont débarqués à deux kilomètres à l’ouest de leurs objectifs initiaux. A 0h30, les hommes du détachement Texier sont au pied du Cap Nègre. A la corde lisse et avec leur seul poignard, ils escaladent les pentes abruptes de ce promontoire. Mais au terme de cette difficile ascension de 60 mètres, l’adjudant-chef Texier est atteint par des éclats de grenade ennemie et succombe à ses blessures.

Malgré la perte de leur chef, ces derniers continuent leur progression et, aux côtés du commando Ducourneau, engagent le combat. Très vite, les Français parviennent à s’emparer de cette position et détruisent tour à tour les canons allemands qui balaient, de leurs feux, la plage où, dans quelques heures, vont débarquer les troupes alliées. Mais, pour l’heure, les autres hommes du Groupe atteignent la plage du Canadel, nettoient les la zone qui mène aux plages de Canadel et du Rayol et prennent le contrôle de la route côtière.

L’un et l’autre de ces objectifs sont pleinement remplis assurant en partie le succès du débarquement allié en Provence. Après ce succès, les commandos du Groupe s’illustrent dans la libération de Toulon et poursuivent leur élan jusqu’en Allemagne où ils sont engagés jusqu’en mai 1945. Au cours du conflit, les pertes des commandos d'Afrique sont évaluées à 300 tués au combat et une soixantaine de disparus.

  • La nécropole nationale du Rayol – Canadel-sur-Mer. © ECPAD

  • La nécropole nationale du Rayol – Canadel-sur-Mer. © ECPAD

  • La nécropole nationale du Rayol – Canadel-sur-Mer. © ECPAD

  • La nécropole nationale du Rayol – Canadel-sur-Mer. © ECPAD

  • La nécropole nationale du Rayol – Canadel-sur-Mer. © ECPAD

  • La nécropole nationale du Rayol – Canadel-sur-Mer. © ECPAD

  • La nécropole nationale du Rayol – Canadel-sur-Mer. © ECPAD

  • La nécropole nationale du Rayol – Canadel-sur-Mer. © ECPAD

  • Entrainement du groupe de commandos d'Afrique près du fort Mauvannes situé sur les hauteurs de Hyères. © ECPAD

  • Entrainement du groupe de commandos d'Afrique près du fort Mauvannes situé sur les hauteurs de Hyères. © ECPAD

    Destruction d'un point de résistance logé dans un blockhaus.

  • Entrainement d'un membre du commandos d'Afrique escaladant une falaise au Cap Nègre. © ECPAD

  • Entrainement du groupe de commandos d'Afrique. © ECPAD

  • Entrainement du groupe de commandos d'Afrique. © ECPAD

    Exercice de débarquement au pieds des falaises du Cap Nègre par les commandos d'Afrique, groupe spécialement entraîné aux actions amphibie, destiné à l'accomplissement de coups de main sur les arrières de l'ennemi. Ce sont ces hommes qui ont été les premiers à aborder les côtes de Provence le 14 août 1944 lors de l'opération Anvil.

  • Hommage militaire rendu aux morts près de la Môle, 1944. © ECPAD

  • Débarquement du 15 août 1944 et bataille de Provence. © MINARM/SGA/DPMA/Joëlle Rosello

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    Infos pratiques

    Adresse

    Le Rayol-Canadel-sur-Mer
    À l’est de Toulon, D 27, D 559

    Horaires d'ouverture hebdomadaires

    Visites libres toute l’année

    En résumé

    Eléments remarquables

    Stèle des commandos d’Afrique - Plaque au général Bouvet