1944, la rupture

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Sommaire

    En résumé

    En 1944 s’engage une nouvelle bataille de France, « la bataille de la France » comme l’annonce le général de Gaulle au micro de la BBC, dès le matin du 6 juin. Le débarquement allié sur les côtes normandes est suivi le 15 août d’un second débarquement, provençal celui-là, auquel participent massivement des troupes françaises.

    Sur l’ensemble du second conflit mondial, l’année 1944 sera décisive, sur tous les fronts. C’est une année de ruptures définitives en faveur des Alliés. Pas encore la Victoire mais son chemin, sur tous les théâtres des opérations.

    Le 1er décembre 1943, Joseph Goebbels, le ministre de la Propagande du Reich allemand, fait le constat dans son journal personnel qu’une « invasion » s’annonce à l’Ouest. Trois mois plus tard, le 25 février 1944, il énonce ce qui est devenu une évidence : « L’invasion sera l’événement décisif de l’année 1944». Ce que Goebbels ne sait pas le 1er décembre 1943, c’est que le même jour, à la conférence de Téhéran, le président américain Roosevelt a confirmé le principe d’un débarquement en Normandie, l’opération Overlord, « Suzerain », comme elle avait été dénommée à la conférence de Washington en mai 1943. Elle est prévue pour le printemps 1944 et elle se doublera d’une grande offensive simultanée à l’Est.

    L'Europe début 1944

    À l’Est, depuis la grande bataille de Koursk en juillet 1943, la Wehrmacht n’a plus l’initiative et l’Armée rouge multiplie les offensives. En janvier 1944, elle attaque au nord, pour reprendre Léningrad libérée le 26 février. De mars à mai, elle lance l’offensive en Ukraine. Ainsi, à la fin du printemps 1944, la Wehrmacht ne contrôle plus que la Biélorussie et les Pays baltes, soit un quart des territoires conquis en 1941, et elle a perdu 600 000 hommes. Et si l’Armée rouge a subi de lourdes pertes, ses réserves sont très supérieures à celles de la Wehrmacht. Toutefois, l’Allemagne tient toujours la Baltique où les offensives soviétiques ont échoué en mars-avril, comme celle menée en avril-mai en Roumanie, stratégique pour ses réserves pétrolières. Et Hitler envahit la Hongrie en mars, d’où les nazis déportent 435 000 Juifs en quelques semaines.
    La situation est compliquée également en Italie. It’s a long way to Rome proclame ainsi une affiche de propagande allemande, où l’on voit un escargot portant les couleurs des Alliés remontant difficilement la « botte » italienne. En janvier 1944, une offensive d’envergure est déclenchée, combinant un assaut contre la ligne Gustav et un débarquement sur les arrières de l’ennemi, à Anzio, sur la côte romaine. C’est un échec. Le front s’enlise sur le Monte Cassino jusqu’au plan de débordement en profondeur déclenché le 12 mai par le général Juin, à la tête du corps expéditionnaire français. Ses troupes atteignent des cols réputés infranchissables et forcent les Allemands à décrocher. Monte Cassino est pris le 18. Hitler décide d’évacuer Rome, libérée le 4 juin, et la Wehrmacht se retire sur une nouvelle solide ligne de défense.

    Libération de Rome (Italie), 1944.
    © SeM/Universal Images Group / Bridgeman Images

    Pendant ce temps, Overlord se prépare sous la conduite d’Eisenhower, son commandant suprême, épaulé par le général Montgomery, le héros d’El-Alamein, à la tête des troupes terrestres. La « guerre totale » étant aussi économique, la puissance américaine est déterminante : les États-Unis produisent alors 40 % de l’armement mondial, en fournissent 25 % aux Britanniques et 10 % aux Soviétiques. Les convois maritimes chargés d’armes et de munitions, de chars, d’avions et de planeurs, de véhicules pour la logistique affluent vers l’Angleterre. Avec des soldats ! 150 000 GI's arrivent chaque mois ; ils sont 2 millions début juin 1944. Un plan de fausses informations, l’opération Fortitude, est en cours pour faire croire à l’Allemagne que le débarquement interviendra dans le Pas-de-Calais, tandis que la France occupée est bombardée avec intensité : 35 000 des 67 000 victimes françaises des bombardements décèdent en 1944. Hitler attend cette offensive, convaincu qu’en cas de victoire à l’Ouest, il pourra concentrer ses forces à l’Est. Il y masse 14 divisions supplémentaires, soit 60 au total, dont des unités blindées, et 950 000 hommes – des troupes toutefois hétérogènes, manquant d’officiers. Il fait intensifier la construction du mur de l’Atlantique, nomme Rommel chef du groupe d’armées B et inspecteur des fortifications à l’Ouest. Mais, le 6 juin 1944, malgré les constructions et les obstacles sous-marins et sur les plages, le mur de l’Atlantique sera perméable et sans profondeur. Et Rommel n’obtient pas que toutes les divisions blindées soient placées près des côtes, pour intervenir vite et sans être gênées par l’aviation alliée, maîtresse des airs. Celui qui croit en l’hypothèse d’un débarquement dans la zone entre Cherbourg et Le Havre, n’a pas anticipé un débarquement par gros temps. Avec ce choix de la Normandie, cette donnée sera déterminante pour les Alliés.

    Overlord et la bataille de France

    Alors que le Pas-de-Calais est trop défendu, c’est en effet la Normandie qui a été choisie depuis l’été 1943 comme le lieu du Débarquement. Des ports artificiels doivent venir suppléer son absence de grand port, à l’exception de Cherbourg, objectif visé rapidement. Au total, 130 000 hommes et 20 000 véhicules, embarqués dans une armada de près de 7 000 vaisseaux, traversent la Manche dans la nuit du 5 au 6 juin 1944, devancés par des troupes aéroportées qui doivent s’emparer ou détruire des objectifs stratégiques. Un bombardement aérien et naval prépare l’arrivée sur les plages des cinq secteurs définis – Utah, Omaha, Gold, Juno et Sword –, couvrant un front de 80 km. Le soir du 6 juin, Eisenhower peut être satisfait : ses troupes ont débarqué et elles ont pénétré d’une dizaine de kilomètres à l’intérieur des terres, sauf à Omaha Beach. Les pertes restent faibles : 10 000 morts et blessés. Dix jours plus tard, la tête de pont est définitivement installée, et Cherbourg tombe le 27 juin : le pari des Alliés est un succès.

    Les troupes américaines dans les péniches de débarquement se dirigent vers Omaha Beach, 6 juin 1944.
    © Peter Newark Military Pictures / Bridgeman Image

    Pour autant, la bataille de Normandie dure pendant deux mois. Les défenses allemandes ne craquent qu’avec l’opération Cobra déclenchée le 25 juillet, à l’ouest de Saint-Lô. Six jours plus tard, le front est percé à Avranches et les troupes de Patton peuvent se lancer vers la Bretagne – où la Résistance avait préparé le terrain – et la Loire : Rennes est libérée le 4 août, Saint- Brieuc le 6, Quimper le 8, Angers le 10 et Nantes le 12. Un mouvement d’encerclement bloque 50 000 soldats allemands dans la poche de Falaise. Eisenhower décide de poursuivre l’offensive, avec les troupes britanniques et canadiennes au nord, les Américains au sud. Le 16 août, les Alliés sont à Chartres et le lendemain à Orléans. À la demande du général de Gaulle, Paris devient un objectif. Sa libération le 25 août est un symbole dans le monde entier. Cinq jours plus tard, Rouen tombe et Montgomery fonce vers le Nord alors que Patton est à Verdun. Lille est libérée le 2 septembre. Un second débarquement est intervenu le 15 août en Provence. Réussi, il permet une rapide progression dans la vallée du Rhône, alors même que les Allemands tiennent encore solidement en Italie du Nord, sur le massif des Apennins. La 1re division française libre et les Forces françaises de l’Intérieur (FFI) libèrent Lyon le 3 septembre, alors que les Britanniques entrent à Bruxelles puis, le lendemain, à Anvers. Le 12, les troupes débarquées en Normandie et en Provence font leur jonction à l’ouest de Dijon. Les Allemands reculent, harcelés par les FFI. Au début de l’automne 1944, le territoire français est libéré, à l’exception de l’Alsace et de poches fortifiées sur le littoral ouest.

    L'opération Bragration et l'effondrement nazi à l'Est

    Nos mémoires auraient dû mettre davantage en avant cette grande offensive en Biélorussie déclenchée le 22 juin – trois ans jour pour jour après l’entrée de la Wehrmacht en URSS – qui, par ses conséquences, va peser très lourd dans la chute du Reich. La Biélorussie, c’est le dernier verrou avant la Prusse-Orientale et la Pologne. L’URSS mobilise 1,3 million d’hommes, 4 400 chars et 3 600 avions, sur plus de 700 km de front. La percée, foudroyante, se fait après de puissants tirs d’artillerie, alors que les partisans harcèlent l’arrière des unités du groupe d’armées Centre. Dès le 3 juillet, l’Armée rouge entre dans Minsk. Le lendemain, Staline ordonne une offensive au nord pour reprendre les États baltes et atteindre les frontières de la Prusse-Orientale. Vilnius est prise le 14 juillet, alors que la Baltique est atteinte le 30. Si une contre-offensive allemande intervient, l’Armée rouge reprend l’avantage dès l’automne. La Finlande engage des négociations avec l’URSS et un armistice est signé le 19 septembre. Le 13 juillet, c’est cette fois en Ukraine, là où les Allemands attendaient davantage l’Armée rouge en juin, qu’une attaque est lancée, en direction de Lvov. Un million de soldats soviétiques et 2 200 chars font face à 850 000 soldats allemands et hongrois et 1 500 chars, toutefois affaiblis par la perte de divisions blindées parties au secours du groupe d’armées Centre. Lvov tombe le 27 juillet et l’Armée rouge fonce vers la Vistule, qu’elle franchit le 1er août pour menacer la Silésie. Le 18 juillet, une autre offensive coordonnée permet d’atteindre Lublin, prise le 25. Le camp de Majdanek est découvert. La route de Varsovie est toutefois stoppée par une contre-offensive allemande, la Wehrmacht menaçant Kaunas en août. Mais le front allemand s’est effondré et l’armée allemande a subi un véritable désastre, avec 700 000 soldats mis hors de combat en quelques semaines. L’Armée rouge a quant à elle subi de lourdes pertes – un tiers de ses effectifs – et a besoin de se reconstituer. Staline décide donc d’une pause jusqu’en janvier 1945 avant de poursuivre vers la Prusse-Orientale et Berlin. Celle-ci condamne les insurgés de l’Armée de l’intérieur polonaise qui sortent de l’ombre le 1er août à Varsovie, abandonnés seuls à leur lutte, non sans arrière-pensées politiques pour Staline qui veut installer le Comité polonais de libération nationale, communiste.

    De Belgorod aux Carpates, des unités de l'Armée rouge franchissent la frontière roumaine, 1944.
    © Sovfoto/UIG / Bridgeman Images

    Offensives dans les Balkans

    En plus des objectifs militaires et de mettre la main sur des ressources pétrolières stratégiques, ces prémices de la recomposition de l’Europe fondent la décision de Staline de reprendre l’offensive devant la frontière roumaine, là où elle avait été stoppée au printemps. Il s’agit de faire tomber les soutiens du Reich dans l’orbite soviétique. Le 20 août, l’Armée rouge entre en Roumanie, et sa progression est rapidement facilitée par un coup d’État à Bucarest. La ville est prise par les Soviétiques le 31 août. Un armistice est signé le 12 septembre, par lequel l’URSS récupère la Bukovine et la Bessarabie. Face à la menace, le gouvernement bulgare, pourtant allié de l’Allemagne, avait lui aussi demandé un armistice. L’Armée rouge répond en envahissant le pays dès le 6 septembre et, trois jours plus tard, le Front de la patrie, contrôlé par les communistes, déclenche une insurrection, prend le pouvoir à Sofia et signe un armistice. Hitler est alors obligé de faire reculer ses troupes stationnées en Grèce et en Albanie, via une Yougoslavie où les partisans de Tito ont engagé le combat depuis des mois déjà. Le 11 octobre, l’Armée rouge franchit la frontière et, dès le 20, avec les partisans yougoslaves, elle entre dans Belgrade. Seules la Slovénie et une partie de la Croatie et de la Dalmatie demeurent sous le contrôle de la Wehrmacht. À cette date, les Balkans ont presque en totalité basculé dans le camp de l’URSS, Staline laissant à la Grande-Bretagne le soin de s’occuper de l’épineuse situation en Grèce. Hitler tient encore la Hongrie, qui permet notamment d’assurer le lien avec le front italien. L’Armée rouge y pénètre début octobre et avance vers le Danube. Mais Budapest, transformée en camp retranché, tient jusqu’au 12 février 1945, au prix de terribles combats.

    Une victoire retardée à l'Ouest

    Les territoires français et belge en grande partie libérés, la route de l’Allemagne est ouverte. Mais Eisenhower doit faire face à des problèmes de ravitaillement en carburant, alors que le port du Havre a été en partie détruit par les bombardements et que l’entrée de celui d’Anvers est encore tenu par les Allemands. L’opération aéroportée Market Garden, voulue par Montgomery pour encercler la Ruhr et entamée le 17 septembre, échoue par ailleurs face à la réaction allemande. Cet échec coupe les Pays-Bas en deux, provoque des représailles et entraîne une famine faisant 15 000 morts. Montgomery ne réussit à prendre le contrôle du port d’Anvers que le 8 novembre. Ce même jour, Patton relance l’offensive et prend Metz le 22 novembre. Le lendemain, le général Leclerc entre dans Strasbourg et honore le serment de Koufra. Quatre jours plus tôt, la 1re armée française de De Lattre avait atteint le Rhin. Mais le temps pris pour reprendre les opérations du fait de l’échec de Market Garden a permis aux Allemands de reconstituer des forces, grâce à une ultime mobilisation et à la production de chars. Hitler, qui a survécu le 20 juillet à un attentat, croit aux « armes secrètes » – les V1 et V2 ou les nouveaux avions à réaction – pour inverser le cours de la guerre. Il est décidé à stopper les Alliés à l’Ouest pour mieux reprendre l’initiative à l’Est et ainsi provoquer des désaccords dans une coalition qu’il juge contre-nature. Le 16 décembre, une puissante contre-offensive est lancée dans les Ardennes, surprenant des Alliés qui n’ont rien retenu des leçons de la percée de 1940. Le pari d’Hitler est perdu dès la fin d’année mais les combats en Alsace se poursuivront jusqu’en janvier 1945, Colmar ne tombant que début février. À cette date, l’Allemagne nazie, qui ne s’est finalement pas effondrée en 1944 mais qui a perdu près d’1,5 million d’hommes et la plupart de ses soutiens, agonise.

    La guerre dans le Pacifique

    « Germany first » ont décidé les Alliés, et les Américains ont mis davantage d’hommes et de moyens en Europe que dans le Pacifique. Si en 1944 la défaite de l’empire du Soleil-Levant se dessine inexorablement, les combats y sont donc encore longs et meurtriers, les Japonais se défendant avec acharnement. Plusieurs routes sont suivies pour atteindre le Japon. Les Britanniques veulent combattre en Birmanie, leur ancienne colonie, et soulager ainsi l’Inde, tout en permettant de ravitailler les nationalistes en Chine. Au sein de l’état-major américain, le commandant en chef dans le Sud-Ouest Pacifique, le général MacArthur, qui a pour objectif les Philippines pour couper le Japon de ses sources d’approvisionnement de l’Asie du Sud-Est et d’Indonésie, plaide pour la prise de la grande base japonaise de Rabaul, à partir de la Nouvelle-Guinée et des îles Salomon. L’amiral Nimitz, commandant en chef de la Flotte et responsable du théâtre d’opérations du Pacifique Centre, demande une attaque directe au travers de l’océan, de Hawaï en direction du Japon, en passant par les îles Gilbert, les Marshall, les Carolines et les Mariannes. Toutes ces options sont suivies !

    Le Pacifique en 1944.
    © Pôle graphique de Tulle

    Les îles Gilbert sont prises fin 1943, les îles Marshall à partir de janvier 1944 et Rabaul est neutralisée dès fin février. Ces offensives s’accompagnent de lourds bombardements pour détruire notamment les pistes et les avions japonais, piégeant les garnisons retranchées sur place. L’assaut sur les plages de Saipan dans les Mariannes débute dans la nuit du 15 au 16 juin, alors qu’Overlord a eu lieu et que Bagration se prépare. La dernière grande bataille de porte-avions qui l’accompagne tourne à l’avantage des Américains. La capture des Mariannes, qui se poursuit jusqu’en août, est stratégique : elle permet de commencer à bombarder systématiquement le Japon dès l’automne. Le 20 octobre, le débarquement sur l’île de Leyte entame le début de la conquête des Philippines. La plus grande bataille navale de la Seconde Guerre mondiale s’y déroule du 23 au 26 octobre, mettant fin à la marine impériale japonaise. En avril, le Japon est certes passé à l’offensive en Chine, occupant désormais le Hunan, le Guangxi et une partie du Guangdong pour mieux contrôler les espaces côtiers et assurer les approvisionnements de l’Indochine jusqu’à la Corée. Mais ces opérations mobilisent de nombreuses troupes, rendues indisponibles ailleurs. À la fin de l’année 1944, l’archipel japonais est bombardé et menacé d’un débarquement américain. Mais ses dirigeants entendent combattre jusqu’au bout avant de négocier leur reddition, espèrent encore sauver leur système politique et conserver certains des territoires conquis.

    Répressions et persécutions

    En Europe, les civils sont touchés par des bombardements, des exodes et des pénuries, sans compter de multiples exactions. La répression nazie menée à l’arrière du front, pour éradiquer les résistances et les soulèvements, est souvent impitoyable. En France occupée, Overlord déclenche ainsi de vastes opérations militaires contre des maquis. Celui du Vercors est attaqué le 21 juillet
    lors de l’opération la plus importante menée contre la Résistance en Europe de l’Ouest, marquée par des atrocités contre la population à Vassieux, La Chapelle, et contre des résistants blessés dans la grotte de la Luire. Au total, 326 résistants sont tués, ainsi que 130 civils. Et les déportations des victimes de la répression et des Juifs de France se poursuivent jusqu’au bout. En Italie du Nord, le gouvernement fantoche de Mussolini, installé par les Allemands après l’armistice de septembre 1943, forme des « escadrons de la mort » qui mènent une véritable guerre civile, faisant 40 000 morts parmi les partisans et 10 000 tués lors d’opérations de représailles ; alors que 12 000 fascistes sont aussi éliminés. Dernier exemple tragique, la répression par l’armée allemande de l’insurrection du ghetto de Varsovie, déclenchée le 1er août et anéantie le 2 octobre après 63 jours de siège, tue 16 000 insurgés et 150 000 civils. La ville est en grande partie détruite.

    Affiche signée par le général Koenig sur les murs de la chapelle de Vassieux-en-Vercors (Drôme), sept. 1944
    © Roger Viollet

    Partout, les Juifs sont des victimes désignées : dans les massacres des fosses ardéatines à Rome en mars 1944, ou à Bron, près de Lyon, en août. Le génocide se poursuit à Auschwitz-Birkenau où 90 % des 435 000 Juifs hongrois sont notamment exterminés. Dans ce camp, dans la nuit du 2 au 3 août, près de 3 000 Tsiganes sont assassinés. Ainsi, bien que décisive, l’année 1944 ne mit pas fin aux horreurs. Il faudra encore de longs mois pour voir l’Allemagne nazie puis le Japon capituler en 1945.

    Auteur

    Thomas Fontaine, Docteur en histoire et directeur des projets du musée de la Résistance nationale

    1944, 80e anniversaire de la libération

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    Membres de la Résistance française en embuscade contre les Allemands sur le plateau des Glières en Savoie, début 1944. © Tallandier / Bridgeman Images

    Vareuse du sous-lieutenant Marie-Louise Cloarec

    1944, la rupture

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    Le centre du patrimoine arménien

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    Un timbre en hommage à Missak Manouchian

    Le Mont-Valérien et le groupe Manouchian

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    Clairière du Mont-Valérien. © ONaCVG_CharlotteBourdon

    Lieutenant-colonel Arnaud Helly

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    Missak Manouchian, "Aux grands hommes la patrie reconnaissante"

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    Sommaire

      En résumé

      Le 21 février 2024, 80 ans après son exécution, Missak Manouchian entre au Panthéon, accompagné de sa femme, Mélinée. Voici l'histoire de ce résistant et de son parcours.

      « Bonheur à tous ceux qui vont survivre et goûter la douceur de la liberté et de la paix de demain. Je suis sûr que le peuple français et tous les combattants de la Liberté sauront honorer notre mémoire dignement ». (Extrait de la dernière lettre de Missak Manouchian adressée à son épouse, le 21 février 1944). Le 21 février 2024, 80 ans après son exécution, Missak Manouchian
      entre au Panthéon, accompagné de sa femme, Mélinée.

      L’été 1939 vient tout changer dans la vie de Missak et Mélinée. Depuis l’arrivée au pouvoir de Daladier en avril 1938, la France vit une forme de crise d’identité nationale et sociale. Le temps est à l’atomisation de la société qui prend le dessus sur la référence au socle partagé hérité de la Révolution française, tandis que la population est travaillée par la xénophobie, l’antisémitisme, l’anticommunisme et le pacifisme. Si la guerre d’Espagne a longtemps suscité un soutien à la République, il n’en est plus de même en février 1939, quand affluent les réfugiés.

      Portrait de Missak Manouchian (1906-1944), alors dans l’armée française, en permission en 1940.
      © Archives Manouchian / Roger-Viollet

      De l’entrée en guerre à l’entrée en résistance

      La signature du pacte germano-soviétique, en août 1939, conduit le Parti communiste français (PCF) à analyser la guerre qui éclate le 3 septembre comme un conflit impérialiste ne concernant pas la classe ouvrière.

      Qu’en est-il de Manouchian ? On sait qu’à l’image de nombreux responsables communistes de l’immigration, il est arrêté le 2 septembre. Il ne reste cependant que quelques semaines à la prison de la Santé : le 17 octobre il rejoint son régiment à Colpo, dans le Morbihan. 

      En janvier 1940, il renouvelle sa demande de naturalisation. En 1933 elle avait été repoussée, malgré l’avis favorable du préfet de police ; il n’avait pas de revenus fixes. En 1940, il est soutenu par le chef de son régiment et par le préfet du Morbihan. Il veut pouvoir ainsi combattre au front comme officier, afin de défendre son pays d’accueil. On relèvera a minima que cela ne semble guère coller avec la ligne du PCF, devenu clandestin depuis son interdiction le 26 septembre.

      Pour instruire sa demande, il est affecté spécial dans une usine travaillant pour la Défense nationale, chez Gnômeet-Rhône. La défaite française de mai-juin 1940 arrive avant que le dossier de naturalisation puisse être traité.

      La ligne politique du PCF évolue et, au printemps 1941, la question de la libération nationale est mise au premier plan, mais le véritable bouleversement est consécutif à l’offensive allemande contre l’URSS lancée le 22 juin 1941, Hitler rompant ainsi le pacte signé deux ans plus tôt. C’est un soulagement pour tous les communistes étrangers en France et pour nombre de militants français.

      Russes blancs anticommunistes, arrêtés parce que russes ; ainsi de Manouchian dont on n’avait aucune preuve d’une action effective. Il lui suffit alors de signer un engagement par lequel il nie toute activité communiste pour être libéré le 7 septembre 1941. À Paris, il convainc sans peine ses camarades qu’il a fait cela pour reprendre le combat, de fait en accord avec la direction clandestine communiste du camp de Compiègne.

      Il s’engage alors dans le combat politique de la Main-d’œuvre immigrée (MOI) pour prendre bientôt la direction du groupe de langue arménienne en région parisienne.

      S’organiser pour la lutte armée

      Le changement majeur de l’été 1941 est l’engagement des communistes dans la lutte armée au nom d’une guerre dorénavant définie comme une guerre patriotique. Le point de départ de cette nouvelle forme de combat est l’exécution, le 21 juin 1941, d’un sous-officier allemand par Pierre Georges, le futur colonel Fabien, à la station Barbès-Rochechouart.

      Dans la foulée, trois groupes sont organisés pour mener cette lutte armée, entre attentats individuels et attaques à l’explosif ou à la grenade : les Bataillons de la jeunesse, qui regroupent de jeunes militants voulant absolument en découdre les armes à la main avec les nazis ; l’Organisation spéciale (OS), formée de militants français ; enfin l’Organisation spéciale Main d’oeuvre immigrée
      (OS-MOI) regroupant des communistes étrangers ou d’origine étrangère. Cette dernière est dirigée par un Espagnol, Conrado Miret-Muste, qui sera arrêté au bout de quelques mois, comme la majorité de ces combattants de première génération. Il est alors décidé de concentrer les forces dans une même structure, les Francs-Tireurs et Partisans (FTP), sous la direction nationale de Charles Tillon. La singularité des communistes étrangers est cependant perpétuée : en avril 1942, les FTP-MOI parisiens sont créés sous la direction d’un juif roumain, Baruch Bruhman, connu après-guerre sous le nom de Boris Holban. La singularité des FTP-MOI est de dépendre d’une double tutelle, politique avec la MOI, militaire avec les FTP.

      Au gré des arrestations et des actions se mettent en place plusieurs détachements de FTP-MOI parisiens : le 1er détachement est formé de Roumains, Bulgares, Hongrois et bientôt d’Arméniens ; le 2e détachement dit « juif » est composé des Juifs polonais yiddishophones ; le 3e détachement est composé essentiellement d’Italiens, mais aussi de quelques Français se retrouvant là par volonté de combattre et par réseau d’amitiés ; organisé un peu plus tard, le 4e détachement se définit par son modus operandi : il s’agit de dérailleurs opérant entre 50 et 100 km de Paris. Enfin, sans doute en juin 1943, est constituée une « équipe spéciale » en charge des exécutions de hautes personnalités. S’ajoutent un service de renseignement chargé de repérer les cibles et un service chargé d’assurer l’approvisionnement en armes et leur bonne répartition, dirigés tous deux par des femmes, Cristina Boïco et Golda Bancic.

      La direction parisienne est assurée par un triangle de responsables (un militaire, un politique et un technique). Rol Tanguy, l’un des héros des Brigades internationales en Espagne, a la responsabilité militaire de l’ensemble des FTP parisiens. Supérieur hiérarchique d’Holban, il revient à Paris pour installer une nouvelle direction des FTP au printemps 1943, suite à des arrestations. Joseph Epstein, un autre interbrigadiste, rejoint ainsi en mai le triangle de direction et devient le supérieur hiérarchique de Manouchian, qui remplace lui-même Holban fin juillet ou tout début août 1943. Dawidowicz (Davidovitch) est le commissaire politique, troisième point du triangle.

      Manouchian est alors le chef militaire des FTP-MOI parisiens et il relève donc, côté FTP, de Joseph Epstein qu’il rencontre chaque semaine, le mardi. C’est un mardi qu’ils seront arrêtés ensemble, quelques mois plus tard.

      L’Affiche rouge de propagande allemande. Photographie d’André Zucca (1897-1973). 
      Bibliothèque historique de la Ville de Paris.
      © André Zucca / Roger-Viollet

      La confrontation radicale

      La première action d’éclat de Manouchian est un attentat à Levallois le 17 mars, quand, avec Marcel Rajman en protection, il jette une grenade au milieu d’un groupe de soldats allemands dans la rue.

      On s’interroge régulièrement sur l’importance des actions menées par ce groupe qui, au vu des rapports internes, ne dépasse pas les 65 membres à l’été 1943, au moment de ses actions les plus spectaculaires. On comprend qu’on ne peut mesurer leur importance à l’aune de leur efficacité militaire. De fait, les quelques dizaines de militaires allemands exécutés en dix-huit mois pèsent peu en rapport avec les grands combats militaires plus classiques. L’importance de leurs actions en plein Paris, siège principal des autorités d’occupation, est donc d’abord d’ordre politique : ce qui se joue, c’est la capacité de montrer à la population que la Résistance est bien vivante et qu’elle prépare la Libération. Un seul exemple : le 28 septembre 1943, après des mois d’une filature opérée par le service de renseignement des FTP-MOI, « l’équipe spéciale » abat le dignitaire allemand chargé de la mise en œuvre du Service du travail obligatoire (STO) en France, Julius Ritter. À la manœuvre, un Juif polonais, Marcel Rajman, et un Espagnol, Celestino Alfonso, aidés d’un Allemand, Leo Kneler. Cela ne change pas le cours de la guerre, mais il faut imaginer l’impact que cette exécution a dans une opinion traumatisée par ce STO qui touche directement ou indirectement toutes les familles, ponctionnant les jeunes pour remplacer, en Allemagne même, les Allemands partis pour le front de l’Est. Combien ont dû se féliciter de cette action d’éclat ! Combien ont dû admirer le courage de ces résistants ! Combien ont dû penser que la résistance était bien vivante au cœur même de Paris !

      En lisant l’agenda où la BS2 [NDLR 2e brigade spéciale] de la préfecture de police de Paris note tous les jours les actions dites « terroristes », le constat est frappant : pas un jour ou presque où il n’y ait une, deux ou trois actions armées. De fait les morts sont peu nombreux, mais comment imaginer que les Allemands, qui ont fait de la sécurité des troupes d’occupation leur objectif premier dès 1940, puissent accepter ces morts, ces blessés, ces attentats, ces trains qui déraillent à 50 ou 80 km de Paris sous l’égide du 4e détachement dirigé par un autre ancien d’Espagne, Joseph Boczor (de son vrai nom Ferenz Wolf) ? En ce sens, il y a bien une efficacité militaire à ce harcèlement de tous les jours.

      La traque policière et la chute

      Dès lors, pourquoi ces combattants sont-ils tombés ? Les Allemands ont bien compris que la police française était la plus à même de mener la traque, connaissant ces résistants ou leurs familles et maîtrisant parfaitement la tactique de la filature. En cela l’État français porte une très lourde responsabilité dans le sort réservé aux FTPMOI parisiens, par le double choix fait de la collaboration, ouvrant la voie à son intervention en zone occupée, et de la Révolution nationale qui cible singulièrement les Juifs, les communistes et les étrangers.

      La police parisienne, forte de 20 000 hommes, est de très loin la plus puissante de France. Elle est divisée en trois branches : la police municipale, la police judiciaire et les Renseignements généraux (RG), dont une Brigade spéciale associe surveillance et répression. Créée en mars 1940, elle est réactivée en août 1941 pour contrecarrer l’engagement communiste dans la lutte armée. Sous la férule du commissaire David, elle est même dédoublée en janvier 1942, la BS1 s’occupant de la résistance politique et la BS2 de la lutte contre les « communo-terroristes ». C’est donc à la BS2 que les FTP-MOI sont confrontés. Et face aux 65 résistants, plus ou moins expérimentés, de l’été 1943, on trouve les 200 inspecteurs professionnels des deux BS, sachant que la police municipale n’est pas en reste dans la surveillance et la répression de terrain.

      Impossible de comprendre la chute de Manouchian et de son groupe si l’on n’a pas en tête que trois filatures s’enchaînent de janvier 1943 à novembre 1943, touchant à chaque fois des groupes importants de MOI et de FTP-MOI.

      Pour prendre le seul cas de la troisième filature, elle commence le 26 juillet et va donc durer environ quatre mois. Et c’est simplement dans les derniers jours que la rafle s’opère. Les policiers se gardent bien de griller la filature : pour cela ils se fixent comme premier objectif de localiser la planque en suivant le résistant afin de le récupérer le lendemain matin quand ils sentent qu’il se méfie. Autre tactique : au moment des rafles clôturant chaque filature, ils prennent soin de laisser passer entre les mailles du filet des résistants qui pourraient leur servir d’accroche pour la filature suivante, sans qu’ils le sachent bien entendu. C’est ainsi qu’on peut lire en ouverture de la troisième filature que, le 24 juillet, les policiers rencontrent « fortuitement un individu repéré dans une précédente affaire ». Il s’agit en l’occurrence de Marcel Rajman qu’ils n’ont donc pas besoin de désigner par un surnom, comme ils le font lors des premiers contacts dans toutes ces filatures.

      C’est ainsi que « Bourg » est repéré la première fois le 24 septembre 1943 à la gare de Bourg-la-Reine, lors d’un rendez-vous avec « Ivry » qui avait été repéré, quelque temps auparavant, avenue de la porte d’Ivry. Ils notent rapidement qu’Ivry n’est autre que Joseph Boczor et que Bourg n’est autre que Manouchian. Quant à Epstein, il est repéré dès le 28 septembre, lors du rendez-vous hebdomadaire avec Manouchian.

      Dès lors « celui qui a trahi » dont parle Manouchian dans sa dernière lettre, à savoir Joseph Dawidowicz, a en effet été décisif en ce qu’il a dit, pour chacun, la fonction qu’il occupait dans l’organisation. Mais ce que ne peut savoir Manouchian, c’est que, pour l’essentiel, cela ne change rien : quand Dawidowicz est arrêté, cela fait trois mois que la troisième filature est lancée et plus d’un mois que lui-même est repéré et logé.

      Les dernières semaines sont terribles pour l’organisation. Entre fin octobre et mi-novembre, après Dawidowicz, c’est l’essentiel du groupe italien qui tombe lors de deux actions. Et les 16 et 17 novembre, ce sont des dizaines de militants qui sont arrêtés, quand le directeur des RG donne l’ordre de l’arrestation de fin de traque.

      Du procès de l'affiche rouge à la reconnaissance nationale

      Le cahier central s’attache à expliquer ce qu’est l’Affiche rouge. Retenons ici simplement que l’objectif de la Propaganda Abteilung et de ses officines collaborationnistes est bien de dire que la Résistance est dans la main de métèques, de Juifs et de bolcheviques. Cela explique au demeurant qu’Epstein n’en soit pas, alors qu’il est le responsable de Manouchian et qu’il semble cocher toutes les cases, lui qui est juif, polonais et communiste. Mais ses papiers sont tellement bien faits qu’il ne sera jamais identifié : « Joseph Estain », né au Bouscat, « de nationalité française, aryen ». Comment mettre en scène un procès dont le premier accusé serait un Français non juif ? Il est donc renvoyé à un autre procès où, autre cause de cette exfiltration, il est jugé avec les camarades de la direction des FTP parisiens, arrêtés dans la foulée de la 3e filature. Il est bien sûr, lui aussi, condamné à mort et exécuté au Mont Valérien.

      Exécution de quatre résistants FTP-MOI du « groupe Manouchian » au Mont-Valérien, 21 février 1944.
      © ECPAD - Association des amis de Frantz Stock

      Car tel est le sort de 22 des 23 condamnés à mort du procès qu’on dira après-guerre de l’Affiche rouge. Le dossier conservé du procès est malheureusement très maigre mais la présentation des protagonistes, juges y compris, est symptomatique du cadre idéologique entourant le jugement : on cible bien les Juifs et les communistes. Golda Bancic est la seule femme jugée entre le 15 et le 18 février, et condamnée à mort. Mais, sachant l’impact que cela aurait dans l’opinion et dans l’appareil d’État français, les Allemands se gardent bien d’exécuter une femme en France ; elle sera donc décapitée à Stuttgart. Ces hommes et ces femmes ne disparaissent pas de la mémoire nationale au lendemain de la victoire pour laquelle ils ont donné leur vie. Dès 1949 le grand poète Paul Éluard leur consacre un poème, Légion. Surtout, en 1955, pour accompagner l’inauguration de la « rue du Groupe Manouchian » dans le 20e arrondissement de Paris, Aragon écrit Strophes pour se souvenir, aussi comme un hommage au poète que fut Missak Manouchian. La composition que propose quelques années plus tard Léo Ferré dans une chanson qui prend le nom de « L’Affiche rouge » connaît un succès exceptionnel qui, jamais, ne s’est démenti, reprise jusqu’à nos jours par des générations de grands chanteurs.

      Missak Manouchian est ainsi entré dans la mémoire collective bien avant d’entrer au Panthéon. La décision du président de la République est d’autant plus importante qu’il n’y avait pas, jusque-là, de résistant étranger dans ce temple où la Patrie est reconnaissante à ses grands hommes. L’hommage s’inscrit dans une perspective universaliste qui correspond bien à ce qui a motivé l’engagement de ces hommes et de ces femmes. Communistes et internationalistes, Juifs d’Europe centrale, Italiens, Espagnols ou Arméniens, marqués par le génocide des Arméniens ou par les déportations qui annoncent la Shoah, mais aussi, tous, profondément attachés à la France des Lumières et de la Révolution française, ils illustrent la convergence identitaire si présente en ces années, et si loin de l’assignation à résidence identitaire qu’on constate aujourd’hui.

      Avec Missak Manouchian, accompagné de Mélinée, ce sont tous les membres de son groupe qui entrent au Panthéon et, au-delà, tous les résistants étrangers. Au-delà de sa propre personne qui n’était pas, et de loin, sa priorité, sa demande de reconnaissance pour la grandeur de leur combat est maintenant pleinement exaucée.

      Auteur

      Denis Peschanski - Directeur de recherche émérite au CNRS, Président du conseil scientifique et d’orientation de la Mission des commémorations du 80e anniversaire de la Libération

      Missak Manouchian, un combattant de l'universel

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      Missak Manouchian (6e à partir de la droite) et sept résistants de son groupe, peu de temps avant leur exécution (février 1944). © Collection Roger-Viollet / Roger-Viollet

      Missak Manouchian au Panthéon

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