Lettre d'information

La nécropole nationale "le Trottoir"

Les Éparges

Nécropole nationale "le Trottoir", les Éparges. © Guillaume Pichard

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici  necropole_Les Eparges-Trottoir

 

La nécropole nationale dite "le Trottoir" rassemble les dépouilles de soldats morts pour la France lors combats des Hauts-de-Meuse de 1914 à 1918. Créé en 1915, le cimetière fut réaménagé successivement en 1922, 1924, 1933 et 1934 pour accueillir les corps de soldats décédés dans ce secteur et exhumés dans les cimetières des environs des Éparges ou de Mesnil-sous-les-Côtes. Le site regroupe 2960 corps de soldats français dont 852 en ossuaire.

Au premier rang à droite, dans la nécropole repose Robert Porchon, ami et compagnon d’armes de Maurice Genevoix. Né en 1894, cet homme, originaire du Loiret, entra à l’école spéciale militaire de Saint-Cyr en 1913. Au début de la guerre, il fut affecté comme sous-lieutenant d’active au 106e RI où il retrouva Maurice Genevoix, ancien camarade de lycée. Il fut tué le 19 (ou 20) février 1915 à la suite d’une blessure par éclat d’obus. Immortalisé dans le témoignage de Maurice Genevoix, Ceux de 14, Robert Porchon, dans ses lettres comme dans son journal, a transmis également un éclairage des plus intéressants sur la guerre.

Les combats aux Éparges

Situé au sud-est de Verdun, l'éperon des Éparges domine de ses 346 mètres la plaine de la Woëvre. Occupé par les Allemands à partir du 22 septembre 1914, cet observatoire naturel, puissamment fortifié, devient pour les Français un enjeu militaire de premier ordre. Réduisant le saillant de Saint-Mihiel, sa conquête permettrait de dégager Verdun. Aussi, en janvier 1915, le général Joffre souhaite dégager les côtes de Meuse pour occuper ce promontoire et surveiller ainsi les mouvements ennemis placés sous le feu des batteries d’artillerie française. L’objectif est aussi de détourner les réserves ennemies de Champagne où la IVe armée française conduit des actions plus importantes pour  rompre le front.

Les assauts se succèdent de février à avril 1915. Le 17 février 1915, le jeune normalien, Maurice Genevoix, conduit à la tête de ses hommes l'assaut pour reprendre le village des Éparges alors aux mains des troupes allemandes. A la faveur de l'explosion de deux mines, la 12e division d'infanterie enlève les premières lignes ennemies. Toutefois, ils doivent les abandonner. Attaques et contre-attaques se succèdent. Les Français ne parviennent pas à bousculer les Allemands solidement installés dans cette "citadelle" redoutable. Dans chaque camp, les pertes sont considérables et la vie est pour les survivants un enfer. Très vite, les Éparges deviennent une "montagne de boue" balayée par le feu de l'artillerie. A cette période, Français comme Allemands ont compris l’importance considérable de l’artillerie pour préparer les assauts et défendre le terrain. Genevoix, devenu romancier dira plus tard à ce propos  dans Ceux de 14 : "Ce que nous avons fait, c'est plus qu'on ne pouvait demander à des hommes et nous l'avons fait".

À partir de mi-avril, la guerre change de visage. Il faut déloger les Allemands du point X, situé à l'extrémité orientale de la crête. Le lundi de Pâques, l’ultime assaut est lancé. Au prix de pertes importantes, les Français investissent 80% de la crête. Mais les Allemands occupent encore cette position. Tour à tour, prenant provisoirement l'ascendant sur l'autre, chaque belligérant s'acharne au travers d'une guerre de mines toujours plus violente. Celle-ci se prolonge jusqu'en septembre 1917 et décline ensuite. Elle ne procure aucun gain territorial aux belligérants, malgré l'explosion au total de 46 charges allemandes et 32 françaises. Sur une longueur de seulement 800 m, ces mines creusent de spectaculaires cratères dont 18 sont toujours visibles. En septembre 1918, l’offensive franco-américaine libère la crête des Éparges, devenu le tombeau de milliers de disparus.

D'une très grande brutalité, ces combats au cours desquels Français et Allemands alignent des pertes similaires (10 000 tués ou disparus) préfigurent la violence des offensives de Verdun ou de la Somme en 1916 où triomphe l'artillerie.


 

  • Nécropole nationale "le Trottoir", les Éparges. © Guillaume Pichard

  • Nécropole nationale "le Trottoir", les Éparges. © Guillaume Pichard

  • Nécropole nationale "le Trottoir", les Éparges. © Guillaume Pichard

  • Nécropole nationale "le Trottoir", les Éparges. © Guillaume Pichard

  • Nécropole nationale "le Trottoir", les Éparges. © Guillaume Pichard

  • Cagnas sur la butte des Éparges, 6 octobre 1915. © ECPAD

    6 octobre 1915 aux Éparges, sur le flanc de la butte des Éparges, deux hommes posent devant l'entrée d'une cagna creusée dans la pente. Une cagna est un abri léger, dans la terre ou fait de boisages, où peuvent se tenir les combattants en cas de bombardement.

  • Atelier "A la Gerbe d'Or", fabrique de bague de tranchées 6 octobre 1915. © ECPAD

    Un lieutenant tient un canif et deux hommes du rang sont assis devant l'entrée d'une cagna baptisée "à la Gerbe d'Or", où l’on fabrique des bijoux. Une petite marmite est posée sur un réchaud et permet de faire fondre l’aluminium pour réaliser des bagues.

  • Entrée du cimetière provisoire du Trottoir, 13 janvier 1916. © ECPAD

  • Panorama de la côte des Éparges, janvier-février 1916. © ECPAD

  • Puits sur la crête des Éparges, 15 février 1916. © ECPAD

  • Les Éparges, ravin de la Mort, février 1916. © ECPAD

    En février 1916, des soldats posent dans le ravin de Fragaoulle, appelé "ravin de la mort" par les soldats.

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    Infos pratiques

    Adresse

    55160 Les Eparges
    À 25 km au sud-est de Verdun, par la D 903 puis la D 154

    Horaires d'ouverture hebdomadaires

    Visites libres toute l’année

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