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La nécropole nationale de Troyon

Nécropole nationale de Troyon. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_Troyon

 

La nécropole nationale de Troyon regroupe les corps de 167 Français dont 20 dans une sépulture collective, tombés lors des combats des Hauts de Meuse en 1914-1918. Créée en 1915, elle est aménagée en 1924 afin d'y regrouper les corps de soldats inhumés initialement dans les cimetières militaires de Troyon et Vaux-les-Palameix.

Dans l'enceinte du fort situé à proximité de la nécropole de Troyon, un petit obélisque est inauguré, le 3 mai 1916, à la mémoire des défenseurs du fort. Un second est érigé après la Seconde Guerre mondiale.

 

La défense du Fort de Troyon, septembre 1914

Après la défaite française de 1870 et le traité de Versailles (1871), la France perd l'Alsace et une partie de la Lorraine. Le département de la Meuse devient frontalier. Les villes de Verdun et de Nancy deviennent directement exposées aux menaces allemandes. C'est pourquoi, le général Séré de Rivière crée un système de fortifications qui vise à protéger ces villes et le reste du pays. La construction du fort de Troyon, en 1878 à 1879, répond à ces enjeux et intègre le dispositif d'une ligne de défense entre Nancy et Verdun. Implanté entre les villages de Troyon et de Lacroix-sur-Meuse, cet ouvrage fortifié est complété par les forts de Génicourt et celui des Camps des Romains. A la veille de la guerre, il est muni de deux sections de mitrailleuses ainsi que trois observatoires périscopiques. Il ne dispose pas de coupole blindée comme à Loncin, mais de 18 plates-formes doubles pour deux pièces à l'air libre. A la mobilisation de 1914, la garnison du fort compte des hommes issus du 166e régiment d'infanterie (RI) et du 5e régiment d’artillerie à pied ainsi que des télégraphistes, des forestiers et des infirmiers.

Lors des premières offensives dans le secteur du Saillant Saint-Mihiel en septembre 1914, cet ouvrage est au cœur des enjeux. Dès le 8, celui-ci est violemment bombardé. Recevant l'ordre de tenir au moins deux jours, la garnison résiste afin de freiner l'avancée allemande qui menace, au sud, la ville de Verdun. Le 9, le major allemand Neuhoff, de la X. infanterie-division, propose aux Français de capituler. Mais, le capitaine Heym du 166e RI rejette cette offre. En représailles, l'artillerie ennemie composée d'obusiers Skoda de 305 mm pilonne le fort. Les destructions sont nombreuses. Après six jours de bombardements, la garnison s'oppose encore à l'ennemi. Les Allemands ne peuvent franchir la Meuse et s'emparer de Verdun. Par cette résistance, la garnison dont la devise est « S'ensevelir sous les ruines du fort, plutôt que de se rendre » permet, en quelque sorte, de sauver Verdun. Après leur échec sur la Marne et leur reflux, les Allemands assiègent à nouveau cet ouvrage. Le 23 septembre 1914, deux obus s’écrasent sur le magasin à poudre causant la mort de 18 soldats. Les dégâts sont considérables. Aujourd'hui encore, les corps de ces combattants reposent sous des tonnes de terre. Jusqu’en 1918, l’ouvrage est bombardé. A l’automne 1918, il devient un hôpital de campagne pour les troupes américaines.

Les combats du Saillant-Saint-Mihiel - 1914-1918

Dès les premières semaines de la guerre, les Allemands évoluent sur ce secteur. Le 6 septembre, Joffre initie une contre-offensive générale par la bataille de la Marne dont l’aile droite est située en Meuse. Les succès français poussent les Allemands à se replier notamment au nord-ouest de Verdun. Le 20 septembre, les Allemands lancent une attaque et s’emparent, le 24, de Saint-Mihiel. Le lendemain, le fort du Camp des Romains tombe et un saillant profond est creusé dans les lignes françaises. Le 22 septembre, la trouée de la Spada fait l’objet d’âpres combats qui ont pour conséquence la fuite des habitants de ce secteur. D'autres, ne pouvant s'échapper, deviennent des otages. La perte de cette ville a des conséquences stratégiques importantes car elle se situe à la jonction des 1re et 3e armées françaises.

De septembre 1914 à août 1915, les nombreuses attaquent françaises sont vainement lancées. Les destructions sont nombreuses, notamment au Bois d’Ailly, au Bois Brûlé, au Bois de Mort-Marre et au Bois-le-Prêtre. C’est en ces lieux, au cours de ces combats, que les premières tranchées sont, en octobre 1914, creusées. Les combats sont d'une rare violence car les Français cherchent à s'emparer de ces positons stratégiques. L'infanterie française est décimée. Ces luttes de deux à cinq jours se révèlent plus importantes que les gains territoriaux enregistrés. Des milliers d’hommes perdent ainsi la vie. Dans ses écrits dans Ceux de 14, l'écrivain-combattant, Maurice Genevoix, témoigne d’ailleurs des réalités de ces combats au nord du Saillant Saint-Mihiel. Les tentatives de reconquêtes du saillant en avril 1915 s’avèrent infructueuses. Ce n’est qu’en septembre 1918 après un retrait partiel des troupes allemandes que les Alliés parviennent à réduire le saillant de Saint-Mihiel. En effet, six divisions américaines aux côtés des Français parviennent à libérer, le 10-11 septembre, la ville de Saint-Mihiel. Parmi ces hommes participe l'officier Patton, futur général de l'armée américaine en 1944. Les Allemands reculent et enregistrent des pertes sont importantes (15 000 prisonniers, 440 canons et 750 mitrailleuses canons). Le 13, les généraux Pershing et Pétain défilent à la tête des troupes américaines et françaises. Le 14, le président de la République Poincaré et Clemenceau, président du Conseil sont accueillis chaleureusement à Saint-Mihiel.

 

  • Nécropole nationale de Troyon. © ECPAD

  • Nécropole nationale de Troyon. © ECPAD

  • Nécropole nationale de Troyon. © ECPAD

  • Nécropole nationale de Troyon. © ECPAD

  • Nécropole nationale de Troyon. © ECPAD

  • Le saillant de Saint-Mihiel. © MINARM/SGA/DMCA/Joëlle Rosello

  • Dortoir du fort de Troyon éventré après le bombardement du 8 septembre 1914. © Collection privée - FBN - DR

  • Gare d'Ambly et canal de l'Est, février 1916. © Collections BDIC

  • Rue de l'Église à Ambly, mars 1916. © Collections BDIC

  • Cagna dans le parc à fourrage au bois de Tilly, juillet 1916. © Collections BDIC

  • Repas des soldats dans le bois de Tilly, juillet 1916. © Collections BDIC

  • Tombes des officiers au cimetière militaire provisoire de Troyon. © Collection privée - FBN - DR