Lettre d'information

La mise en tourisme des lieux de mémoire

Plage d’Arromanches (Normandie) à l’occasion du 70e anniversaire du débarquement, juin 2014. © Calvados Attractivité

La visite des lieux de mémoire en France connaît un essor sans précédent portée par de nombreux aménagements réalisés à l’occasion des commémorations récentes des deux guerres mondiales. Une mise en tourisme qui diffère sensiblement en Allemagne où la gestion des traces du passé récent pose d’innombrables questions.

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Les plages du Débarquement en Normandie comme les sites de la Première Guerre mondiale dans le nord et l’est de la France sont devenus ces dernières années l’objet d’un tourisme en pleine croissance. Cet engouement pour les sites de conflits contemporains correspond à une nouvelle mise en mémoire et une muséographie renouvelée, encouragées, en France, par l’État et les collectivités territoriales.

Avant même la fin de la Grande Guerre, on cherche à patrimonialiser les traces du conflit. Une commission des vestiges et souvenirs de guerre menée par l’architecte André Ventre inventorie et dresse un inventaire des sites remarquables à conserver : tranchées, plateformes de tir, bunkers, abris, cavités… L’objectif est de sauvegarder et transmettre une sélection de "ces souvenirs tragiques aux générations futures". Les premiers guides sont édités pour conduire les « touristes » sur les champs de bataille à la découverte des vestiges. Les frères Michelin publient ainsi dès 1917 leur premier guide bleu des champs de bataille, créant une véritable collection qu’ils étendent à d’autres fronts et poursuivent jusqu’à la fin des années 1920, avec près de 2 millions d’exemplaires vendus. Ainsi débutait, comme à d’autres endroits de l’ancien front, le tourisme de mémoire.

En 1921, les familles des morts pour la France peuvent bénéficier d’un voyage gratuit par an en train sur le lieu d’inhumation de leur défunt. La ferveur des anciens combattants, des veuves et des orphelins qui partent ainsi en pèlerinage, cohabite dès la fin de la guerre avec un tourisme organisé pour de nombreuses personnes curieuses de voir de près les stigmates. Parmi eux se trouvent de nombreux étrangers, Britanniques et Américains en tête. Les Allemands ne sont pas absents des pèlerinages sur le front ouest au sortir de la Grande Guerre, même s’il faut attendre le début des années 1930 pour les voir en groupes organisés par l’association fondée en 1919 du Volksbund Deutsche Kriegsgräberfürsorge, qui emmène anciens combattants et voyageurs jusqu’en France, souvent avec un passage par Paris et ses monuments.

Si la Seconde Guerre mondiale interrompt ces pèlerinages, le cinquantenaire de la Grande Guerre participe d’une muséification de celle-ci avec notamment l’inauguration du Mémorial de Verdun en 1967. C’est le moment où les anciens combattants de 14-18 souhaitent laisser leur témoignage et leur message sur les lieux mêmes des combats. Après une longue période de reflux de la mémoire combattante en France durant les années 1970-1980, la notion de "tourisme de mémoire" se cristallise dans les années 1990, lorsque s’opère progressivement le passage d’un tourisme de "pèlerinage" à un tourisme "d’histoire" surtout autour des sites de la Première Guerre mondiale. Une transformation qui s’explique par la progressive disparition des anciens combattants, entraînant une modification en profondeur de la nature du tourisme, des pratiques et des motivations des visiteurs. Une évolution qu’il semble opportun de reconsidérer au travers de l’exemple récent du centenaire de la Première Guerre mondiale.

Le tournant du centenaire

Le centenaire de la Grande Guerre a été marqué par des investissements sans précédent de la part des collectivités locales sur l’ancien front pour renouveler l’offre mémorielle, en partenariat avec l’État. De nombreux musées et sites ont été réaménagés tandis que de nouveaux lieux de visite ont ouvert leur porte. Dès novembre 2014, c’est l’anneau de la Mémoire près de la nécropole de Notre-Dame de Lorette qui est inauguré et sur lequel se trouvent gravés les noms des 580 000 soldats de toutes nationalités morts dans les départements du Nord et du Pas-de-Calais. Il est aujourd’hui adossé au nouveau centre d’interprétation Lens 14-18 (2015), dont le nom rappelle la présence à proximité du musée du Louvre-Lens dans une logique de destination culturelle et touristique. Le Musée-territoire 14-18 : la ligne rouge (2014) dans l’Oise, permet la mise en valeur du patrimoine de la Grande Guerre dans ce département, comblant un vide entre les grands sites de la Somme et de l’Aisne. La rénovation du Mémorial de Verdun (2016), avec sa nouvelle muséographie et la création d’un EPCC Mémorial de Verdun - Champ de bataille, qui doit désormais permettre de valoriser l’ensemble du site mémoriel meusien en incluant les forts de Vaux et de Douaumont dans l’offre touristique. Face au flux de visiteurs britanniques, l’Historial de Péronne a rénové entièrement son site satellite de Thiepval (2016) avec l’installation notamment de la fresque illustrée de l’artiste Joe Sacco. Sur le plan franco-allemand, l’inauguration du Mémorial franco-allemand de l’Hartmannsvillerkopf (2018) marque le retour de l’Alsace parmi les hauts-lieux de mémoire de la Grande Guerre, en lien avec la mise en tourisme de l’ancienne ligne de front du massif vosgien. Enfin, la création d’un Centre d’Accueil du Visiteur du Chemin des Dames à la Caverne du Dragon (2019) traduit l’aboutissement d’une démarche ouvertement orientée vers l’accueil des touristes sur l’ensemble du champ de bataille.

Tous ces lieux ont vu également leur environnement s’étoffer d’une offre de plein air durant le centenaire, faite de circuits du champ de bataille, de circuits du souvenir et autres chemins de mémoire, portés par la publication de nombreuses cartes et guides touristiques. On relèvera l’édition actualisée et commentée des guides Michelin des champs de bataille, en format papier et e-books, un Guide du routard "Grande Guerre 14-18, les chemins de mémoire", des cartes IGN des principaux secteurs du front, sans compter les centaines de brochures des différents offices de tourisme publiées entre 2014 et 2018.

Le centenaire a consacré l’effort de consolidation de véritables destinations touristiques liées à la mémoire des conflits contemporains, porté par le développement de l’e-tourisme. Un phénomène que l’on retrouve également très présent en Normandie autour des plages du Débarquement. La mise en mémoire a suivi ainsi une hybridation des pratiques, conséquence directe de l’investissement du Web par les acteurs locaux. On fait désormais appel largement aux réseaux sociaux et même aux Youtubeurs pour attirer toujours plus de visiteurs. Cela se manifeste à la fois par le déplacement d’un grand nombre d’individus en quête de leur propre mémoire familiale, mais aussi de nombreux visiteurs attirés par l’histoire ou encore ceux adeptes d’un tourisme vert, tourné vers la nature et les paysages ou la redécouverte d’un patrimoine de proximité. Une autre tendance s’est manifestée avec le décloisonnement des périodes historiques comme au musée Guerre et Paix en Ardennes (2018), qui propose une muséographie allant de la guerre de 1870 à la Seconde Guerre mondiale. La mise en tourisme s’accompagne enfin d’une mise en réseau des acteurs du tourisme de mémoire, avec le contrat de destination "Grande Guerre" ou "Tourisme de Mémoire en Normandie" à l’initiative de l’agence Atout France ou, par exemple, avec le réseau Mém’Histo qui regroupe les musées d’histoire et de mémoire contemporaines des Hauts-de-France, dans une logique de coopération territoriale, ou encore le réseau des musées et mémoriaux des conflits contemporains animé par le ministère des armées.

La mise en tourisme de ces lieux de mémoire suppose enfin une adaptation aux nouvelles pratiques liées à l’ère du numérique in situ. Le regain d’intérêt a aussi été porté durant le centenaire de la Grande Guerre par des efforts de modernisation mis en oeuvre par les collectivités territoriales avec le concours de l’État. C’est le cas au Mémorial de Verdun avec une visite immersive, des bornes tactiles et désormais des lunettes 3D, ou l’introduction d’une scénographie totalement immersive et des grandes tables interactives au Centre John Monash australien de Villers-Bretonneux (2018) et à la Caverne du Dragon (2019) qui permettent de mieux faire découvrir les sites environnants. On doit relever enfin l’effort fait durant le centenaire pour proposer sur de très nombreux sites une médiation multilingue (panneaux traduits ou résumés en plusieurs langues, audioguides ou visites guidées principalement en anglais, allemand et néerlandais).

En Allemagne, civisme plutôt que tourisme de mémoire

Les cimetières militaires, monuments ou bâtiments liés à la Grande Guerre, bien qu’encore nombreux, n’ont pas reçu la même attention en Allemagne où la mémoire de la Première Guerre mondiale s’est depuis longtemps dissoute dans celle de la Seconde Guerre mondiale. Depuis 1952, par exemple, la journée de deuil national commémore à la fois les "victimes" de la Première et de la Seconde Guerre mondiale. Si la notion de tourisme de mémoire est désormais institutionnalisée en France, elle ne va pas de soi outre-Rhin, où l’idée de tourisme (associée aux loisirs) et celle de mémoire (associée à la culture, au deuil et à la pédagogie) sont bien dissociées. Les questions d’ordre éthique et moral prennent une grande place dans le débat public lorsqu’il s’agit de mettre en valeur un lieu de mémoire. Or le tourisme de mémoire relève aujourd’hui aussi de l’industrie touristique qui questionne en Allemagne. La notion de Dark Tourism ou tourisme noir autour des lieux de guerre, de catastrophe ou de génocide y est souvent mise en avant pour décrier l’utilisation à des fins mercantiles de la mémoire.

 

visite du DDR Museum Berlin

Une enfant visite le DDR Museum, Berlin. © Franck Viltart

 

Le tourisme de mémoire comme moyen d’attractivité semble peu soluble dans la conception de la mémoire en Allemagne, où la dimension civique et pédagogique demeure primordiale. Ce qui explique que le but affiché de la plupart des lieux de mémoire est de permettre au public de comprendre le plus objectivement possible l’histoire et de lui fournir des outils pédagogiques. L’effort est donc mis sur la qualité du discours historique et pédagogique et sur la mise en oeuvre d’outils de médiation (expositions, ateliers, livrets de visite, applications multimédia, etc.). Il n’est pas question ici de jouer sur les émotions ou de recréation du passé. Une mise à distance de la notion même de tourisme de mémoire, qui s’explique principalement par l’apprentissage de l’histoire à l’école qui privilégie en Allemagne l’acquisition de connaissances par des recherches sur les lieux de mémoire, dans les musées, les bibliothèques ou encore les archives. L’acquisition de connaissances sur les lieux de mémoire dans un cadre pédagogique doit permettre d’éveiller l’empathie envers les victimes qui ont souffert dans le passé et une forme de respect envers elles. Ensuite, une question est récurrente en Allemagne afin de savoir comment faire pour empêcher toute forme de glorification, même involontaire, d’actes commis au nom du nationalisme ou d’idées qui pourraient être sources de fascination. La visite d’un lieu de mémoire correspond davantage à un devoir civique plutôt qu’à un loisir, dans un parcours commun à chaque citoyen allemand afin de lui rappeler les fondements de la démocratie. Depuis 2005, par exemple, les lieux de mémoire ne peuvent recevoir de subventions publiques qu’à condition de proposer un volet pédagogique aux visiteurs dans les expositions ou les parcours de visite. Une dimension pédagogique qui permet de mieux comprendre comment sont aménagés les lieux de mémoire en Allemagne.

Berlin "ville-mémoire"

Meilleur observatoire de cette approche allemande de la mise en valeur des lieux de mémoire, Berlin tend à s’imposer depuis ces dernières années comme la capitale européenne de la mémoire. Témoin des crimes du nazisme et des tensions de la guerre froide, la capitale de l’Allemagne réunifiée est restée longtemps partagée entre devoir de mémoire et volonté d’effacer certaines traces de son passé récent. Face aux enjeux d’une grande métropole européenne et au tourisme mondialisé, elle a su mettre en valeur ses nombreux lieux de mémoire jusqu’à y prendre une part importante de son identité.

Cette métamorphose de la ville s’exprime surtout par la multiplication des lieux de mémoire liés à l’Holocauste. L’exposition permanente Topographie de la terreur, installée depuis 1987 sur les ruines du siège de la Gestapo, était auparavant l’objet de nombreuses visites sauvages par les touristes. À la suite d’un débat public, on décida d’y créer un centre de documentation et d’interprétation. L’impressionnant Mémorial aux juifs d’Europe assassinés, juste à côté de la porte de Brandebourg, est un immense champ de stèles en béton créé par l’architecte Peter Eisenmann en 2003-2005. En lien avec ces sites, le Centre commémoratif de concentration d’Oranienburg-Sachenhausen, se trouve à seulement 45 minutes du centre de la ville en S-Bahn. Il propose de nombreuses visites guidées, et soutient d’importants projets éducatifs et de recherche autour des camps satellites implantés à Berlin ou dans le Land de Brandebourg. C’est le cas du camp de Schöneweide situé dans Berlin et qui abrite aujourd’hui le Centre de documentation des travaux forcés nazis et son exposition permanente sur l’exploitation de la main d’œuvre européenne par les nazis.

 

East Side Gallery

Des passants et artistes se retrouvent devant l’East Side Gallery, ancien emplacement du mur de Berlin, à l’occasion du 20e anniversaire de sa chute. © Franck Viltart

 

Tous ces lieux représentent désormais autant d’étapes pour les touristes étrangers, de plus en plus nombreux à Berlin, troisième métropole la plus visitée d’Europe. Un véritable paradoxe pour cette ville-mémoire, où la plupart des traces du passé ont été détruites par les bombes ou écrasées par les bulldozers. Les mémoriaux et panneaux explicatifs fleurissent désormais dans chaque quartier bien qu’administrativement indépendants. Les divergences de points de vue et les compétences distinctes des acteurs locaux ont posé d’ailleurs de nombreuses difficultés pour s’accorder sur la mise en tourisme des différents lieux de mémoire dans la ville. L’exemple le plus marquant reste l’effacement manifeste des traces de la partition de la ville et de l’héritage de la RDA. Après la réunification de 1990, on s’est ainsi efforcé de supprimer le mur qui coupait la ville en deux depuis 1961, à tel point qu’au début des années 2000, il était bien difficile d’en retrouver le tracé. Sur ses 155 kilomètres ne demeuraient en l’état que les 1 200 mètres de l’East Side Gallery, dédiés aux artistes. On décida alors d’aménager un parcours piéton et cycliste le long du Mauerweg. Mais l’essentiel de sa mise en tourisme revenait à des entreprises privées, comme le célèbre Checkpoint Charlie, point de passage entre secteur américain et secteur soviétique ou le DDR Museum (2006) qui jouent sur l’Ostalgie et la vie quotidienne dans l’ancienne République démocratique d’Allemagne. Il a fallu attendre près de vingt ans avant que la ville s’empare du tourisme de mémoire lié aux traces du mur, avec notamment la modernisation du Mémorial du Mur sur la Bernauerstrasse inauguré en 1998, et l’aménagement d’une exposition de plein air avec une vision du no man’s land autour d’une partie conservée du mur, un Centre des Visiteurs et un Centre de documentation. Aujourd’hui encore, acteurs privés et publics se partagent la mise en tourisme autour des traces du mur de Berlin. En 2019, la société Time Ride a mis en place des visites en bus où l’on peut découvrir le mur de Berlin en réalité virtuelle à l’aide de lunettes 3D. La ville s’est peu à peu construite une identité de ville-mémoire avec ses pleins et ses vides, avec ses strates mémorielles, mais où le touriste international parvient à projeter son propre imaginaire historique de la Seconde Guerre mondiale et de la guerre froide. Une identité que la ville et le Land de Berlin tentent d’orienter face aux nombreuses critiques envers la mise en valeur d’une forme de passé conflictuel et douloureux pour les Allemands. En témoigne la recréation du château des Hohenzollern à l’emplacement de l’ancien Palais de la République de la RDA en plein coeur de la ville, qui doit rappeler cette fois le passé prussien de la ville.

En France, le tourisme de mémoire est né durant la Première Guerre mondiale ; depuis, la création ou l’aménagement de lieux de mémoire prolonge l’engouement suscité lors des grands anniversaires et leurs commémorations, comme on l’a observé depuis la fin du centenaire de la Grande Guerre. La mise en tourisme se caractérise par des projets d’aménagements du territoire et de destination par les acteurs locaux, témoignant d’une demande de la société et de son rapport sensible à l’histoire qui peut rassurer. Un phénomène qui permet aussi de conserver et valoriser tout un patrimoine en assurant la transmission de la mémoire au plus grand nombre. En comparaison, l’Allemagne conçoit difficilement le rapport entre mémoire et tourisme. La présence et l’utilisation de la mémoire et de l’histoire dans l’espace public doit avant tout correspondre à des enjeux civiques et pédagogiques très présents dans la société, en se prémunissant de ne pas tomber dans le piège de l’émotion, du sensationnel ou toutes formes de "positivation" du passé. Des approches qui doivent continuer de se nourrir entre elles au regard de la dimension européenne et démocratique de la visite de ces lieux. Un regard croisé qui révèle enfin toute la difficulté à parler de mémoire partagée sur ces lieux qui doivent de toute évidence prendre en considération le regard de l’autre.

 

Franck Viltart - Chef du service du Chemin des Dames et de la Mémoire, Conseil départemental de l’Aisne
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Des lieux de pédagogie

musée de la Bataille de Fromelles

Visite guidée au Musée de la Bataille de Fromelles : les collégiens découvrent le détail des uniformes allemands. Musée de la Bataille de Fromelles/MEL©Alexandre Traisnel

L’attractivité des sites de mémoire passe aussi par leur capacité à proposer une offre pédagogique innovante. Pour attirer les familles et les plus jeunes, de nombreux établissements en France proposent des visites jeune public et même des espaces réservés aux familles avec enfants. Enseignants et scolaires se voient proposer toute une gamme de visites différenciées en fonction des niveaux : école primaire, collège, lycée et des projets pédagogiques. Les visites scolaires peuvent se faire désormais dans bien des musées à l’aide de supports numériques, tablettes ou audiophones. Le Mémorial de Caen propose également des web-documentaires ou des albums multimédia sous forme de bande-dessinée en ligne (l’album de Rachel et Hannah) pour travailler en classe ou préparer sa visite.

Il faut souligner aussi la variété des thèmes proposés dans des ateliers pédagogiques. Le Musée de la Grande Guerre du Pays de Meaux ne propose ainsi pas moins de 21 ateliers différents à destination du public scolaire pour aborder la Grande Guerre à travers la bande dessinée, la photographie ou encore le cinéma. Le Musée de la bataille de Fromelles, sur l’engagement australien durant la Première Guerre mondiale, propose un atelier "Sciences et Histoire". Non loin de là, le Musée de La Coupole, près de Saint-Omer, développe toute une programmation jeunesse dédiée à la science et à la conquête spatiale sur cet ancien site de stockage et de lancement des fusées allemandes V2, reconverti en Centre d’Histoire et en Planétarium.

 


BerlinHistory application

 

BerlinHistory : une application pour visiter le Berlin historique

 

L’application développée par une association à but non lucratif berlinoise en partenariat avec les musées et les archives de la ville

propose des milliers de photographies géo-référencées de Berlin, de 1933 jusqu’à 1990. A l’aide d’une carte, vous pouvez vous balader en ville

et choisir de retrouver l’endroit où vous vous trouvez au moment de la bataille de Berlin en 1945 ou lors de la chute du Mur en 1989.

L’application a reçu de nombreux prix de l’innovation digitale en 2020 et 2021. L’application est disponible en allemand et en anglais.

 

 

 

 


Stolpersteine : les pierres du souvenir

pierres du souvenir

Stolpersteine : les pierres du souvenir. © Franck Viltart

 

Dans Berlin, il n’est pas rare de tomber sur des petits pavés de couleur cuivrée disséminés un peu partout sur les trottoirs de la ville appelées Stolpersteine, littéralement pierres d’achoppement. Depuis 1993, l’artiste Gunter Demnig a installé ces centaines de pavés de métal gravés aux noms de victimes du régime nazi, persécutées, déportées ou assassinées entre 1933 et 1945, qu’il incruste dans les dalles des trottoirs. Ils sont installés devant la porte d’entrée des immeubles où habitaient les victimes. Un moyen d’honorer les victimes qui se retrouvent mis en mémoire devant leur dernier lieu de vie connu. A la vue de ces pavés, c’est une habitation, un immeuble et toute une rue qui prend une autre dimension pour le visiteur de passage. Installées au début illégalement, les Stolpersteine sont aujourd’hui présentes dans presque toute l’Allemagne et dans de nombreuses villes d’Europe ainsi qu’en Argentine. On en trouve près de 7 000 à Berlin et plus de 70 000 en Europe. À noter que la demande d’un pavé provient la plupart du temps de descendants ou de citoyens engagés dans un travail de mémoire. Aujourd’hui ces pavés proposent une forme nouvelle de mise en mémoire dans l’espace public.

Plus d’informations sur www.stlopersteine.eu