Alexander Blumrosen

Chapeau

Alexander Blumrosen est le président de la Fondation du Mémorial de l’escadrille La Fayette. Il travaille ainsi à l’entretien et la valorisation de la mémoire des pilotes américains qui ont combattu sous l’uniforme français avant l’entrée en guerre des États-Unis en 1917.

Alexander Blumrosen. © Olivier le Comte/ECPAD
Texte

Pourriez-vous nous expliquer le rôle et les objectifs de la Fondation du Mémorial de l’escadrille La Fayette ?

La Fondation a été créée en 1931 afin de gérer et entretenir le Mémorial de l'escadrille La Fayette. Inauguré le 4 juillet 1928, il est implanté sur un site magnifique de cinq hectares, offert par la France, dans le parc de Saint- Cloud. 

Ainsi, pendant plus de quatre-vingts ans, la Fondation a veillé sur le Mémorial, assuré son entretien et organisé des cérémonies pour célébrer le courage et le sacrifice de ces pilotes américains engagés volontaires. Toutefois, la dotation initiale étant épuisée depuis une dizaine d'années, d'autres solutions devaient être trouvées pour pérenniser le Mémorial et avec lui la mémoire de ces alliés de la France.

Le Mémorial de l’escadrille La Fayette vient d’être cédé à l'American Battle Monuments Commission. Quelle est la portée symbolique de ce geste ?

Il s'agit sans doute du moment le plus important dans la vie du Mémorial depuis son inauguration. Le site a été cédé aux Etats-Unis, et il reviendra désormais à l’American Battle Monuments Commission (ABMC), responsable de tous les cimetières militaires et sites de mémoire américains installés en dehors des États-Unis, y compris les plus connus comme ceux de ‎Colville-sur-mer et la Pointe du Hoc en Normandie, d’en assurer la pérennité. Cette structure dispose de tous le moyens nécessaires pour assurer l'entretien et la valorisation du site, et ce pour toujours. Plus symbolique, la cession du site aux États-Unis confirme la place centrale de l'escadrille La Fayette dans l'histoire militaire américaine, comme étant le berceau de l'aviation militaire américaine, et dans la mémoire américaine de la Grande Guerre.

De ce fait, le Mémorial trouve sa place comme haut lieu de la coopération militaire franco-américaine, d'autant plus que les commandants français Georges Thénault et Antonin Brocard ont choisi d'être inhumés au Mémorial aux côtés de leurs amis américains, morts pour la France. 

Comment les États-Unis et la France entretiennent la mémoire du lien qui les unit des deux côtés de l’Atlantique ?

La mémoire des pilotes américains engagés volontaires dès 1916, soit un an avant l'entrée en guerre des États-Unis, est mieux entretenue en France qu’outre-Atlantique. Elle a d’ailleurs été mise à l’honneur le 20 avril 2016, à l’occasion du centenaire de la création de l’Escadrille La Fayette, en présence d’autorités civiles et militaires qui ont rendu hommage à la fraternité d’armes franco-américaine. En France, cette mémoire trouve aussi sa place dans les manuels scolaires, et les écoles et municipalités organisent régulièrement des sorties pour assister aux cérémonies. 

Malheureusement, aux États-Unis, l’histoire des exploits des pilotes de l'escadrille La Fayette ainsi que d'autres faits d’armes, de courage et de bravoure reconnus pendant la Première Guerre mondiale ont été occultés par l'histoire plus récente de la Seconde Guerre mondiale. Mais l'enseignement de l'histoire de la Grande Guerre et du rôle de l'escadrille La Fayette entre dans la mission de la Fondation. Nous continuerons ce travail avec d'autant plus d'énergie que nous n'aurons plus à nous soucier des aspects purement matériels liés à l'entretien du Mémorial. 

L’année 2017 sera une année commémorative importante pour les Américains et les Français. Pourriez-vous évoquer la place du Mémorial dans ce cycle ?

Comme tous les ans, la grande cérémonie au Mémorial de l’escadrille La Fayette aura lieu autour du "Memorial Day" américain, le dimanche 28 mai à 11h 00, avec un survol militaire, des interventions de personnalités, et un vin d'honneur auquel tout le monde est convié. Elle aura cette année un relief particulier au regard du centième anniversaire de l’entrée en guerre des États-Unis et rappellera une nouvelle fois que des hommes se sont engagés volontairement dans le conflit dès 1916.


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La rédaction

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