Lettre d'information

La nécropole nationale de Montceaux-lès-Provins

La nécropole nationale de Montceaux-lès-Provins. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_necropole_Maroeuil

 

Situé au lieu-dit Derrière les châtaigniers, la nécropole nationale de Montceaux-lès-Provins regroupe les dépouilles de soldats morts pour la France lors des combats qui se déroulent sur les Deux Morins en septembre 1914. Créé en 1920, ce cimetière est réaménagé en 1934 pour y réunir d’autres corps de soldats tombés au champ d’honneur au cours des affrontements de septembre 1914 et inhumés initialement dans des carrés militaires des environs de Montceaux-lés-Provins ou dans le cimetière communal de cette commune. La nécropole nationale rassemble 223 corps dont 68 reposent en tombes individuelles. Les restes mortels de 155 soldats ont été déposés dans deux ossuaires.

 

La bataille des Deux Morins, combats majeurs de la bataille de la Marne, 6-9 septembre 1914

Après avoir ordonné un mouvement rétrograde, le général, Joffre, commandant en chef des forces françaises, décide, pour couvrir Paris, de placer 500 000 hommes sur une ligne de résistance pour couvrir Paris. Cette dernière s'étire sur plus de trois cents kilomètres. L’ennemi est aux portes de Paris. Les 5e et 9e armées françaises, soutenues par les Britanniques, doivent tenir le centre de ce dispositif. Le 6 septembre, les troupes françaises, déployées du Grand-Morin à Verdun, font volte-face mais se heurtent à une forte résistance de l’armée allemande qui accentue sa poussée vers l’est en direction de Bar-le-Duc.

Secteur tenu par la 9e armée du général Foch qui se déploie entre Courtacon et Sézanne, la vallée des Deux Morins devient alors le théâtre de violents combats, pour y déloger l’ennemi.

Depuis la veille, l’élan allemand se brise devant l’offensive de la 6e armée du général Maunoury sur l’Ourcq. Le 6 septembre, les observateurs aériens informent le général Franchet d’Esperey que l’ennemi manœuvre vers le nord. Fort de ces informations, il lance son armée en direction du Grand et du Petit Morin. Le terrain perdu est extrêmement compliqué à reconquérir. Les Allemands se sont retranchés dans chaque village ou se sont enterrés dans des tranchées creusées à la hâte.

Villiers-Saint-Georges pris, Franchet d’Esperey y installe son quartier-général depuis lequel il dirige la manœuvre de ses unités et notamment l’artillerie de la 69e division d’infanterie (DI). En raison d’un duel d’artillerie que se livrent les deux adversaires, le sort de la bataille est incertain. Dans la même journée, sous un déluge d’obus, attaques et contre-attaques se multiplient, notamment à Montceaux-lès-Provins.

Plusieurs villages comme Montceaux-lès-Provins sont conquis. Les pertes sont lourdes notamment dans les rangs du 18e corps chargé d’enlever cette position. Ces hommes se heurtent à la ferme des Châtaigniers, transformée en forteresse et dont les mitrailleuses balaient la route de Villiers-Saint-Georges. Une partie des blessés est dirigée vers l’ambulance mise en place au lieu-dit Champcouelle. Au soir du 6 septembre, les fantassins du 18e corps atteignent les décombres de ce village.

Le lendemain, les troupes de Franchet d’Esperey enfoncent les positions allemandes mais doivent ralentir leur mouvement pour venir en aide à l’armée du général Foch en difficulté dans les marais de Saint-Gond. Quelques unités poursuivent leur progression dans la vallée du Grand Morin en direction de la Marne. Celle-ci est franchie le 9 septembre en dépit des lourdes pertes infligées par l’artillerie allemande entre Château-Thierry et Dormans. Le même jour, à l’ouest de Mondement, pivot des combats du marais de Saint-Gond, la retraite est effective. A l’est, le 12 septembre, l’ennemi décroche. Les Allemands sont contenus dans la région. Rejetés au-delà des marais de Saint-Gond, sous la menace de voir leurs lignes coupées en deux, ils se replient sur des positions fortifiées situées plus au Nord ou sur l’Aisne. L’armée française, faute de moyens humains et de munitions, ne peut poursuivre les troupes ennemies.

La nécropole nationale de Montceaux-lès-Provins

Au terme des combats de septembre 1914, les civils sont souvent requis pour enterrer les morts. Les dépouilles des combattants sont alors déposées dans deux ossuaires. Le principe des tombes collectives subsiste jusqu'en 1915, mais le recours aux tombes individuelles se généralise. Aussi, la loi du 29 décembre 1915 accorde aux soldats morts pour la France le droit à être inhumés en sépulture individuelle. En cela, la nécropole de Montceaux-lès-Provins est typique des cimetières militaires du début de la Première Guerre mondiale, et du traitement de la mort par les autorités militaires françaises. Quant aux soldats morts à l'hôpital militaire de Villiers-Saint-Georges en 1918, ils sont inhumés dans des tombes individuelles.

Depuis 1922, au centre de la nécropole est érigé le monument aux morts de la commune, citée à l’ordre de l’armée en mars 1922.

 

  • La nécropole nationale de Montceaux-lès-Provins. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Montceaux-lès-Provins. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Montceaux-lès-Provins. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Montceaux-lès-Provins. © ECPAD

  • Fantassins français en position dans un champ. Cibles de choix pour l’ennemi, les soldats français en pantalon rouge garance et capote bleue stationnent au milieu d'un champ. © Collection privée - FBN - DR

  • La Garde au drapeau. © Collection privée - FBN - DR

  • Assaut conduit par les troupes françaises dans les environs du village de Courgivaux. Situé au sud-ouest de Mondement (Marne), le village de Courgivaux connait le même sort que Montceaux-lès-Provins. Occupé par les Allemands, le 6 septembre 1914, il est le théâtre de violents affrontements avant d'être libéré par les Français. Aujourd'hui, une nécropole nationale conserve le souvenir de 225 soldats tombés au cours de ces combats. © Collection privée - FBN - DR

  • Ruines de fermes situées rue de Brangy à Montceaux-lès-Provins, septembre 1914. © Collection privée - FBN - DR

  • Intérieur de l'église de Montceaux-les-Provins. Au cours des combats, le village et le clocher de l'église, qui sert de poste d'observation sont bombardés. Au soir du 6 septembre 1914, les ruines du village sont aux mains des Français. © Collection privée - FBN - DR

  • L'évêque de Meaux, Mgr Marbeau, en visite dans le village de Montceaux-les-Provins. © Bibliothèque diocésaine de Meaux/Guillaume Briçonnex

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    Infos pratiques

    Adresse

    Montceaux-lès-Provins
    À l’ouest de Sézanne, D 403

    Horaires d'ouverture hebdomadaires

    Visites libres toute l’année

    En résumé

    Eléments remarquables

    Monument aux morts 1914-1918 et 1939-1945