Lettre d'information

La nécropole nationale des Islettes

La nécropole nationale des Islettes. © Guillaume Pichard

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_Islettes

 

La nécropole nationale des Islettes regroupe les corps de 2 226 soldat français tombés lors des combats en Argonne en 1914-1918. Ces dépouilles ont été initialement inhumées dans des cimetières provisoires des communes limitrophes telles que Froidos, La Harazée, Le Neufour, Parois, Rarécourt. A Froidos comme aux Islettes, plusieurs ambulances, c’est-à-dire des structures médicales, étaient implantées afin de soigner les soldats blessés. La majorité des combattants enterrés, en ce lieu, ont succombé de leurs blessures dans ces antennes sanitaires.

Parmi les combattants, reposent de nombreux soldats issus des troupes coloniales. Par ailleurs, quatre soldats du 129e régiment d'infanterie, fusillés à Rarécourt le 28 juin 1917, sont inhumés dans ce cimetière. Ces quatre hommes, acteurs de manifestations pacifistes, sont Marcel Chemin (tombe 501), Marcel Lebouc (tombe 447), Adolphe François (tombe 365) et Henri Mille (tombe 384).

 

L’Argonne en 1914-1918

Située entre la Meuse et la Champagne, l'Argonne est une région fortement boisée. Au milieu d'un relief accidenté, il est difficile d'y progresser. C'est pourquoi, l'Argonne est épargnée par les premières opérations militaires de la guerre. Pourtant, à l'automne 1914 ce secteur est le théâtre de combats locaux et violents. La ligne de front est désormais continue entre la Champagne et la Meuse. Les épaisses forêts d’Argonne deviennent une position stratégique, lourdement fortifiée afin d’éviter que les armées françaises ou allemandes ne se retrouvent débordées ou coupées de leurs arrières.

Au début de l'année 1915, le général Joffre applique une stratégie nouvelle, celle du "grignotage". Les forces armées sont engagées dans des attaques localisées et répétées contre une position ennemie. Au terme de ces actions, les pertes plus élevées que les gains territoriaux. Pour dissimuler de tels ravages, la lutte pour un mur ou la conquête d’une ruine devient une victoire retentissante dans les communiqués ou dans la presse. Cette dernière relate, par exemple, en janvier 1915, le baptême du feu des volontaires italiens conduits par Giuseppe Garibaldi qui entrent ainsi dans la légende. Aux prises avec les chasseurs silésiens et hessois, ils s'illustrent dans le ravin des Meurissons où est érigé, depuis 1933, un monument commémoratif.

Par ailleurs, la nature du terrain ne facilite pas l’emploi de l’artillerie où elle est peu efficace. Chaque belligérant utilise de nouvelles armes comme l'artillerie de tranchée, les grenades, ou les lance-flammes. Plus qu'en d'autres secteurs, on y mène une véritable guerre de siège, où le conflit prend une nouvelle forme : la guerre des mines. Le recours à cette forme antique de l'attaque des places fortes revient aux Allemands qui, à la fin novembre 1914, utilisent ce procédé dans le secteur 263. En Argonne, se développe une véritable guerre souterraine. Employant des outils pneumatiques modernes, les sapeurs creusent des tunnels de plus en plus profonds sous les lignes ennemies. A leur extrémité, une charge explosive dont la puissance ne cesse d'augmenter est posée puis explose. En surface, fort de cet effet de surprise, l'infanterie s'élance pour s'emparer des positions bouleversées. D'octobre 1915 à juin 1916, plus de 220 explosions sont recensées dans le secteur de la Fille Morte.

Mais au terme de ces combats, il n’y a souvent ni vainqueur ni vaincu. Renonçant à de nouveaux efforts, chacun des belligérants s’accroche à un terrain dévasté. L'Argonne n'est qu'une succession d'entonnoirs comme à la Haute-Chevauchée, marquant à jamais le paysage. En 1916, faute de résultats probants et des opérations à Verdun, le front de l'Argonne perd en intensité même si des opérations aux effets limités y sont encore conduites notamment sur la butte de Vauquois.

En septembre 1918, les troupes américaines du général Pershing et la 2e armée française du général Hirschauer doivent conquérir définitivement ce massif et rejeter les Allemands vers la Meuse. Le 26 puis le 28 septembre, la butte de Vauquois et le piton de Montfaucon sont définitivement dégagés. En octobre, Français et Américains progressent rapidement. Grâce aux renforts américains toujours plus nombreux, leur mouvement s'intensifie. Débordé, l’armée allemande décroche et se retire sur de nouvelles positions situées sur la rive droite de la Meuse contre lesquelles se heurte le 17e corps d’armée français. D'ultimes opérations sont lancées mais cessent avec la signature de l’armistice du 11 novembre 1918.

Les fusillés des Islettes

Au terme de l'offensive du 16 avril 1917 au Chemin des Dames, il est évident que la percée est impossible. Parmi les Français, c'est l'abattement et la désillusion. Dans les rangs, des voix s'élèvent. À partir du 4 mai 1917, des vagues de mutineries se répandent dans l’armée française sous forme "d’indiscipline", de désobéissance collective. À la fin du mois du mai, le 129e RI et le 329e RI refusent de monter en ligne. Au cantonnement, 150 à 180 hommes se rassemblent. Certains improvisent des discours où ils expriment leur mécontentement et parlent de paix. Rapidement et sans violence, le calme revient. Au matin du 29, ils sont plus nombreux et parcourent les cantonnements. D'autres hommes les rejoignent. Le mouvement s'amplifie. Aussi, ces unités sont transférées dans la région de Verdun. Au cours du trajet, des drapeaux rouges sont mêmes agités. À leur arrivée, les hommes du 129e sont isolés. Des hommes sont arrêtés et jugés par une Cour martiale. Quatre hommes, Marcel Chemin, Marcel Lebouc, Adolphe François et Henri Mille sont condamnés à mort pour "Abandon de poste et refus d’obéissance devant l’ennemi". Les pelotons d’exécution sont fournis par le régiment lui-même et l’exécution a lieu le 28 juin 1917. Le 29, le 129e se voit retirer son drapeau. Le bataillon le plus coupable de rébellion est dissout.

 

  • La nécropole nationale des Islettes. © ECPAD

  • La nécropole nationale des Islettes. © ECPAD

  • La nécropole nationale des Islettes. © ECPAD

  • La nécropole nationale des Islettes. © ECPAD

  • La nécropole nationale des Islettes. © ECPAD

  • La nécropole nationale des Islettes. © ECPAD

  • La nécropole nationale des Islettes. © ECPAD

  • La nécropole nationale des Islettes. © ECPAD

  • Rue de Clermont-en-Argonne bombardée par les Allemands, septembre 1914. © Collections BDIC

  • Chargement du ravitaillement en gare des Islettes, septembre 1915. © CollectionMinistère de la culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, diffusion RMN

  • Major français vérifiant les masques contre les gaz asphyxiants, Les Islettes, novembre 1915. © CollectionMinistère de la culture (France), Médiathèque de l'architecture et du patrimoine, diffusion RMN

  • Abri d'infirmiers du groupe Bazelaire à Froidos, mai 1916. © Collections BDIC

  • Troupes au repos après un séjour dans les tranchées de Verdun, Froidos, mai 1916. © Collections BDIC

  • Personnel médical de l'hôpital militaire à Froidos, juin 1916. © Collections BDIC

  • Annamites employés à des travaux de terrassement à Froidos, juillet 1916. © Collections BDIC

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    Infos pratiques

    Adresse

    Les Islettes
    À l’ouest de Verdun, D 2, N 3

    Horaires d'ouverture hebdomadaires

    Visites libres toute l’année