Lettre d'information

La nécropole nationale de Vienne-le-Château

La Harazée

La nécropole nationale de Vienne-le-Château. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_Vienne-le-Chateau_La Harazee

 

Située en lisière du bois de la Gruerie, sur le territoire de Vienne-le-Château, la nécropole nationale de La Harazée regroupe les dépouilles de soldats morts pour la France lors des combats d'Argonne en 1915.

Créée dès les premiers combats à proximité de formations sanitaires pour y inhumer les soldats succombant à leurs blessures, elle est aménagée de 1924 à 1936 afin de regrouper les corps exhumés des cimetières militaires et des tombes des bois de la Gruerie et de La Harazée. Le cimetière accueille un peu moins de 1 700 corps dont un tiers en ossuaires. Un soldat français tué lors de la Seconde Guerre mondiale y est également enterré.

 

Les combats d’Argonne, 1915

Situé entre la Champagne et Verdun, il constitue un verrou entre ces deux zones majeures des combats de la Grande Guerre. Sur ce massif recouvert de profondes forêts, la guerre se fait dans de difficiles conditions. En raison du relief accidenté, l’emploi de l’artillerie s’avère délicate. La guerre de position prend en ces lieux un caractère singulier où les assauts français et allemands se transforment rapidement en de sanglantes et d'inutiles mêlées. L’infanterie doit ainsi se battre au corps-à-corps, dans des tranchées sinueuses souvent inondées. Pourtant, malgré ces conditions éprouvantes, ce secteur reste, tout au long de l'année 1915, un enjeu pour les combattants.

Au lendemain de la bataille de la Marne (6-12 septembre 1914), la Ve armée conduite par Guillaume de Prusse se replie et se retranche dans la partie nord de la forêt d'Argonne pour stopper la 3e armée du général Sarrail. Le front se stabilise. Progressivement de profondes tranchées sont creusées. Dès octobre 1914, l'ennemi, voulant atteindre la vallée de la Biesme pour déborder le camp retranché de Verdun par l’ouest, multiplie les assauts.

Au début de l'année 1915, l'armée française applique la dramatique stratégie de "grignotage" où la lutte pour un mur, la conquête d’une ruine devient une victoire retentissante dans les communiqués ou dans la presse. Cette dernière relate, par exemple, en janvier 1915, le baptême du feu des volontaires italiens conduits par Giuseppe Garibaldi qui entrent ainsi dans la légende. Aux prises avec les chasseurs silésiens et hessois, ils s'illustrent dans le ravin des Meurissons où est érigé, depuis 1933, un monument commémoratif.

Resté dans la mémoire des Poilus comme le « bois de la tuerie », le bois de la Gruerie est, depuis l'automne 1914, le théâtre d’une lutte terrible. Sergent au 272e régiment d’infanterie, Marc Bloch (historien et résistant fusillé en 1944) évoque dans ses notes de guerre le souvenir de ces combats dont il a été témoin mais aussi cette proximité vécue avec l’ennemi. En effet, les tranchées ne sont parfois distantes que de quelques mètres. Les assauts qui se multiplient au bois de la Gruerie comme en d'autres secteurs de l'Argonne permettent de gagner quelques centaines de mètres, bien vite perdus.

La résistance française est primordiale pour éviter que les Allemands ne prélèvent des troupes pour les envoyer en Champagne. Ces attaques et contre-attaques sont très meurtrières. C’est ainsi que fin février 1915, les Français perdent 40 % de leur effectif en deux heures en attaquant la position allemande située sur la croupe Blanleuil. Au terme de ces assauts, ils sont contraints de regagner leur tranchée de départ. Dans la vallée de l’Aire et sur la rive droite de cette rivière, les attaques françaises du 5e corps d’armée ont pour objectif la butte de Vauquois et le village de Boureuilles. Après de multiples assauts, le 1er mars 1915, la 10e division d'infanterie s'empare de cette colline.

Attaques et contre-attaques, guerre de mines, bombardements et guerre des gaz se succèdent sans répit. Le 19 juin, trois divisions allemandes attaquent le front du 32e corps d’armée et s'emparent du saillant de Fontaine-aux-Charmes, dans le bois de la Gruerie. Les assauts continuent jusqu’en juillet. Les Français perdent Fontaine Madame.

Le 13 juillet, précédée d’un tir de 50 000 obus à gaz, d’explosions de fourneaux de mines, une nouvelle offensive ennemie est lancée dans le secteur de la Haute Chevauchée, de la Fille Morte et de la cote 265. L’ennemi submerge tout en direction de Lachalade. Le 5e corps d’armée contre-attaque et parvient à le refouler.

Ces âpres combats ont montré que ce secteur est inadéquat pour d’importantes attaques. Il n’y a ni vainqueur ni vaincu. Renonçant à de nouveaux efforts, chacun des belligérants s’accroche à un terrain dévasté duquel jaillissent des sources, transformant ainsi le front en un immense bourbier. En 1916, le front perd en intensité même si des opérations aux effets limités y sont conduites notamment sur la colline de Vauquois.

En septembre 1918, les troupes américaines du général Pershing et la 2e armée française du général Hirschauer se voient confier la tâche de nettoyer la forêt et de poursuivre les Allemands vers la Meuse. L’importante avancée française en octobre et les renforts américains toujours plus nombreux permettent d’intensifier les opérations. Malgré d'ultimes combats, l’armée allemande lâche pied et se retire sur la rive droite de la Meuse où elle se heurte au 17e corps d’armée français. Les buttes de Vauquois et de Montfaucon sont ainsi libérées. Quelques jours plus tard l’armistice du 11 novembre est signé.

 

  • La nécropole nationale de Vienne-le-Château. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Vienne-le-Château. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Vienne-le-Château. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Vienne-le-Château. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Vienne-le-Château. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Vienne-le-Château. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Vienne-le-Château. © ECPAD

  • Cantonnement établi dans le secteur de Saint-Hubert, Bois de la Gruerie. Situé dans la Forêt d'Argonne, ce secteur de Saint-Hubert est le théâtre de combats quotidiens au début de l'année 1915. Ce cantonnement a été établi dans le creux de deux buttes, où l'entrée est protégée par un réseau de barbelés et de chevaux de frise. © ECPAD

  • Tranchée de seconde ligne située en forêt d'Argonne. On aperçoit à l'intérieur de cette tranchée un opérateur du service photographique de l'armée créé au début de 1915. © ECPAD

  • Soldats du 363e RI occupant les tranchées de premières lignes dans le secteur de la Gruerie. © ECPAD

  • Cantonnement français situé dans le secteur de La Harazée. © ECPAD

  • Soldats américains parcourant les ruines de Varennes-en-Argonne, octobre 1918. © ECPAD

  • Cimetière militaire n°1 de La Harazée. © Collection privée - JBR / DR

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    Adresse

    Vienne-le-Château
    À l’ouest de Verdun, D 2, D 63

    Horaires d'ouverture hebdomadaires

    Visites libres toute l’année

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    Comité départemental du tourisme de la Marne

    13 bis, rue Carnot

    51006 Châlons-en-Champagne Cedex

    Tél. : 03 26 68 37 52

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