Lettre d'information

La nécropole nationale de Revigny-sur-Ornain

Nécropole de Revigny-sur-Ornain. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_Revigny

 

Aménagée près d’un ancien hôpital de campagne, la nécropole nationale de Revigny-sur-Ornain est créée en 1915 en vue d’inhumer les soldats ayant succombé à leurs blessures reçues sur les fronts de Champagne ou de Verdun. Agrandi dès 1922 pour y rassembler les corps d’autres soldats, ce cimetière militaire regroupe 1 313 soldats de la Grande Guerre dont 72 reposent en ossuaire. Parmi ces hommes figurent près d’un millier d’hommes tués lors des combats de Vassincourt qui se déroulèrent à l’été 1914. Au centre de la nécropole, se dresse un monument honorant le souvenir de ceux de la Champagne et de Verdun.

 

La bataille de Revigny, septembre 1914

Lors de la bataille de la Marne, Verdun et sa ceinture de forts forment un camp retranché sur lequel s'appuie solidement la 3e armée du général Sarrail. L'ennemi tente de faire tomber ce môle en lançant deux attaques l’une à l'ouest contre Revigny-sur-Ornain et l’autre à l’est contre le fort de Troyon. Ces deux actions échouent.

Le 5 septembre 1914, après avoir entamé un mouvement rétrograde, l’armée française reçoit, du général Joffre, l’ordre d’attaquer les troupes allemandes. Dans ce secteur, les hommes de la 3e armée du général Sarrail se préparent au choc. Au soir, de violents combats se déroulent. Du 6 au 10 septembre 1914 au cours de la bataille de la Marne, cette confrontation oppose la Ve armée allemande du Kronzprinz et la 3e armée. Comme l’ensemble des autres armées françaises, cette dernière manœuvre vers l'ouest par la trouée de Revigny en vue d’atteindre la forêt d’Argonne. Appuyés par le feu de leur artillerie de campagne, les Allemands progressent et s’emparent de nombreux villages abandonnés par les Français. Ainsi, Villers-aux-Vents, Brabant-le-Roi, Revigny, Laimont sont aux mains de l’ennemi. Le 7, cet effort se porte vers Saint-Dizier et la Marne en vue de contourner les Français. D’un seul élan, ces derniers ripostent et parviennent à contenir la poussée de la Ve armée. Au terme de plusieurs jours de violents combats visant à rompre le front, les Allemands se replient après avoir brièvement occupé la région.

Au cours de cet épisode, la ville est bombardée et saccagée. À la hâte, de nombreux habitants ont été évacués mais une soixantaine d’habitants et les blessés les plus atteints y demeurent, accompagnés par l’abbé Halbin.

La bataille de Verdun, 1916

Durant toute l'année 1915, le saillant de Saint-Mihiel et le massif forestier de l'Argonne sont successivement attaqués. Ces combats locaux s'enlisent et se transforment en un terrible grignotage très coûteux en effectifs.

Le 21 février 1916, l'opération Gericht est lancée à Verdun. Après un violent bombardement de la rive droite de la Meuse et de la ville, les Allemands, avancent sur un terrain ravagé. En quatre jours, ils progressent rapidement. Le 25, l’ennemi s’empare du fort de Douaumont, tandis que la 2e armée du général Pétain, se charge de défendre Verdun. Celui-ci organise le front et le ravitaillement. La route Bar-le-Duc-Verdun devient la grande artère, la "Voie Sacrée", qui alimente, jour et nuit, la défense de Verdun.

En mars, le front est élargi à la rive gauche de la Meuse, la cote 304 et le Mort-Homme. Seuls obstacles naturels contrôlant l'accès à Verdun, ces deux crêtes sont alors les positions les plus disputées de la rive gauche de la Meuse. L’offensive franco-anglaise du 1er juillet déclenchée sur la Somme contraint les Allemands à dégarnir progressivement le front de Verdun en y puisant troupes et canons. Le dernier assaut d’envergure a lieu les 11 et 12 juillet et vient buter contre le fort de Souville, à trois kilomètres seulement de Verdun. Le 24 octobre, le fort de Douaumont est repris. Le 2 novembre, le fort de Vaux est aux mains des Français. Ainsi, de février à novembre 1916, Français et Allemands vont s'affronter au cours de l'une des plus terribles batailles de l'histoire de la Grande Guerre.

Revigny, une ville de l’arrière-front

À l’arrière des fronts de Champagne et de Verdun, Revigny constitue un pivot essentiel dans l’organisation du front français. C’est pourquoi, le 21 février 1916, premier jour de l’offensive à Verdun, trois zeppelins allemands survolent la ville et ont pour objectif le nœud ferroviaire de Revigny. Pris sous les faisceaux des projecteurs, ces appareils sont la cible d'automitrailleuses de la 17e section d’auto canons. L’un d’eux, le L.Z. 77 est abattu. Parmi les 22 membres d'équipage, il n'y eut aucun survivant. Servant la propagande, la presse de l’époque relata ce premier combat anti-aérien de l’histoire. Quant aux servants de cette batterie, ils reçurent les honneurs du président Poincaré. Ce fait d’armes permit de garantir le fonctionnement de la Voie Sacrée ferroviaire, Le Meusien. Cette voie étroite permit d’assurer l’acheminement du front de Verdun.

Située à proximité de la Voie Sacrée et éloignée de la zone du front, la ville de Revigny, comme Lemmes-Vadelaincourt, accueille de nombreux blessés, près de 700 par jours. Un train chargé de blessés arrivait toutes les trente minutes. Au sein de cette unité sanitaire installée dans l’ancienne école des filles ou dans des baraquements, ces hommes sont soignés. Les plus atteints succombent à leurs blessures, tandis que les autres, les plus valides, sont évacués vers d’autres hôpitaux de l’Arrière. Parmi ces hommes décédés à Revigny figurent les officiers supérieurs, le lieutenant-colonel Jean-Louis Bourgeois du 147e régiment d’infanterie (Mort le 28 mai 1918), le colonel Raphaël Guillochon du 281e régiment d’artillerie lourde (RAL) (Mort le 2 mai 1918, et le lieutenant-colonel Louis Compadre du 86e (Mort le 30 novembre 1916). Son corps repose aujourd’hui à la nécropole de Revigny (Tombe 470). Selon la loi du 29 décembre 1915, ce sont les terres appartenant à Léon Camille Flise et Émile Hannion qui sont cédées à l'État pour créer le cimetière militaire. Y sont inhumés des combattants de Champagne, Argonne et Verdun.

 

  • Nécropole de Revigny-sur-Ornain. © ECPAD

  • Nécropole de Revigny-sur-Ornain. © ECPAD

  • Nécropole de Revigny-sur-Ornain. © ECPAD

  • Nécropole de Revigny-sur-Ornain. © ECPAD

  • Nécropole de Revigny-sur-Ornain. © ECPAD

  • Nécropole de Revigny-sur-Ornain. © ECPAD

  • Façade de l'église de Revigny incendiée par les Allemands en octobre 1914. © Collections BDIC

  • Ruines du village de Revigny incendié en octobre 1914 par les Allemands, mars 1915. © Collections BDIC

  • Débris du zeppelin abattu le 25 février 1916 à Revigny. © Collections BDIC

  • Parc d'artillerie à Revigny, mars 1916. © Collections BDIC

  • Embarquement d'un régiment d'artillerie à Revigny, mars 1916. © Collections BDIC

  • Montée en ligne de soldats français vers Verdun, mars 1916. © Collections BDIC

  • Construction d'une voie ferrée reliant la ligne Verdun - Revigny, juin 1916. © Collections BDIC

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    Infos pratiques

    Adresse

    Revigny-sur-Ornain
    Au nord-ouest de Bar-le-Duc, D 995

    Horaires d'ouverture hebdomadaires

    Visites libres toute l’année

    En résumé

    Eléments remarquables

    Monument aux morts 1914-1918