Lettre d'information

La nécropole nationale de "Souain-Perthes-lès-Hurlus" - L'Opéra

La nécropole nationale de Souain-Perthes-lès-Hurlus - L'Opéra. © Guillaume Pichard

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette_Souain Opéra

 

Située à l'écart de Souain-Perthes-les-Hurlus sur l'ancienne route du village détruit de Tahure, la nécropole nationale de Souain - L'Opéra regroupe les dépouilles de 144 corps de soldats morts pour la France lors des offensives de 1915. Si une vingtaine de combattants repose dans des tombes individuelles, les autres sont inhumés dans des ossuaires. Rassemblant les corps de combattants décédés dans l'ambulance divisionnaire installée en 1915 à cet endroit-même, ce cimetière, considéré comme provisoire, aurait dû, en 1920, transféré vers des sites plus importants. Mais à la suite de l'intervention d’Henri Seyrig auprès des pouvoirs publics, cette nécropole fut définitivement maintenue et aménagée les années suivantes : grâce à cet homme domicilié à Belfort, et attaché à la mémoire de son fils Jean Roger Seyrig, engagé volontaire, caporal au 1er Etranger décédé au nord-est de Souain le 2 octobre 1915 et inhumé dans ce cimetière (Tombe n°3), les autres familles endeuillées ont pu y venir en pèlerinage et honorer le souvenir de leurs morts. De plus, à titre exceptionnel, Henri Seyrig il obtint des autorités militaires la possibilité de financer l'aménagement du muret de clôture et d’une croix qui lui donne à cette nécropole un caractère original.

 

Les batailles de Champagne - 1914-1918

Après la contre-offensive franco-britannique de septembre 1914 sur la Marne et l’échec de la "Course à la mer", la guerre de mouvement disparaît sur le front ouest. Pour se protéger du feu de l'artillerie, les belligérants s’enterrent.

Au cours de l’hiver 1915, le général Joffre lance en Champagne différents assauts qui se brisent contre les tranchées allemandes. Ces opérations de "grignotage", localisées notamment dans les secteurs de Souain, de Perthes, de Beauséjour et Massiges, sont particulièrement meurtrières. Le front reste figé.

Au cours de l'été, pour rompre le front et soutenir les Russes en difficulté sur le front oriental, Joffre décide de mener une nouvelle offensive. L’effort principal, appuyé par une autre action en Artois, se déploie dans la grande plaine aride et crayeuse de la Champagne « pouilleuse ». Long de 25 kilomètres, le front s'étend entre Aubérive et Ville sur Tourbe. Cette action est conduite par la 2e et 4e armée. En face, les Allemands de la IIIe armée sont installés dans de solides tranchées. Plus en retrait, située à contre pente se trouve une seconde position dissimulée des observations aériennes et hors de portée de l’artillerie.

Après une préparation d'artillerie de trois jours, l'attaque est déclenchée le 25 septembre. Les Français enlèvent facilement les premières lignes notamment à la butte du Mesnil. A l'est du dispositif, la division coloniale s'empare de "La Main de Massiges", point clé du dispositif allemand.

Mais cet élan se brise sur la deuxième position encore intacte. Les troupes françaies s'épuisent et doivent faire face à de puissantes contre-attaques. Au cours de ces assauts, les deux armées ont perdu 138 000 hommes. En novembre, les conditions climatiques difficiles et l'importance des pertes obligent Joffre à renoncer à conduire de nouvelles attaques. Le front revient à un calme relatif.

L'offensive allemande de juillet 1918 replace ce front au cœur des opérations. Mais engageant la totalité de ses forces de la Meuse à la mer du Nord, le maréchal Foch, fort du soutien croissant des Américains, déploie à l'automne une large manœuvre. Pour la région de Reims, l’armée du général Gouraud s’empare successivement de Navarin, Tahure et de Sommepy. Dans le secteur de Minaucourt, la Main de Massiges, le Mont-Têtu et Le Mesnil sont enlevés par les Français qui franchissent la Dormoise et marchent vers les Ardennes jusqu'en novembre 1918.

Aujourd'hui, la région de Suippes, au travers des vestiges de villages de Perthes, Hurlus, Mesnil, Tahure et Ripont mais aussi de dix-huit nécropoles, conserve le souvenir de ces combats acharnés. Pour la seule commune de Souain, on recense trois autres cimetières militaires et l'emblématique monument-ossuaire de la Ferme de Navarin rassemblant 10 000 corps de soldats non identifiés et préservant le souvenir des combattants français, américains, polonais, russes et tchécoslovaques qui participèrent aux opérations sur le front de Champagne.

La nécropole de Souain - L'Opéra attachée à la mémoire de l'écrivain Blaise Cendrars

Aménagée à proximité d'une ancienne ambulance divisionnaire créée en 1915, la nécropole de Souain – L'Opéra a ainsi été nommée en raison de sa proximité avec une place d'armes aussi vaste prétendait-on à la place de l'Opéra à Paris. Construite des unités du génie, cette "place de l'opéra" constituée de 20 000 sacs de terre représentait un point névralgique dans l'organisation du secteur. La forme ovoïde de la nécropole rappelle ainsi cette place d'armes aujourd'hui disparus.

Le site est également attaché au souvenir du caporal Frédéric Louis Sauser dit Blaise Cendrars (1887-1961). Celui-ci, le 28 septembre 1915 à Navarin, est atteint d'une balle de mitrailleuse à la main droite. Après avoir reçu les premiers soins dans l’ambulance divisionnaire, Cendrars est transféré à Châlons-sur-Marne où il est amputé du bras droit, au-dessus du coude. Cité à l'Ordre de l'Armée en novembre 1915, rejoint Bourg-la-Reine. Le 16 janvier 1916, ce ressortissant suisse, engagé volontaire dans la Légion Etrangère, obtient la nationalité française.

Après cette épreuve il se réadapte et le poète manchot apprend à écrire de la main gauche et laisse au travers de son œuvre autobiographique, La Main Coupée, un témoignage poignant sur la Première Guerre mondiale.

  • La nécropole nationale de Souain-Perthes-lès-Hurlus - L'Opéra. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Souain-Perthes-lès-Hurlus - L'Opéra. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Souain-Perthes-lès-Hurlus - L'Opéra. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Souain-Perthes-lès-Hurlus - L'Opéra. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Souain-Perthes-lès-Hurlus - L'Opéra. © Guillaume Pichard

  • La nécropole nationale de Souain-Perthes-lès-Hurlus - L'Opéra. © ECPAD

  • La nécropole nationale de Souain-Perthes-lès-Hurlus - L'Opéra. © ECPAD

  • Place de l'Opéra. © ECPAD

  • Place de l'Opéra. © ECPAD

  • Entrée de l'ambulance, place de l'Opéra. © ECPAD

  • Explosion d'un obus au dessus des lignes françaises au nord de Souain. Photo prise de la place de l'Opéra. © ECPAD

  • Ancienne tranchée allemande dans le secteur du Bois Sabot, 1916. Le 7 mars 1915, les Français entreprennent  un nouvel assaut contre le bois Sabot où l'ennemi s'est très solidement fortifié. Malgré la résistance du 1e régiment de landwehr bavarois, cette position est enlevée au terme d'âpres combats conduits à la baïonnette. A partir d’avril, les positions se renforcent, les Allemands lancent cinq contre-offensives jusqu’en juin sans succès. Collection particulière/FBN/DR

  • Soldats français dans un poste d'écoute situé à 20 mètres des lignes ennemies, fortin de Beauséjour. Construite en 1825, la ferme modèle de Beau-séjour est implantée au coeur d'un domaine de 600 hectares. La vie y est paisible mais, en septembre 1914, ses habitants fuient les combats. Le front s'établit au nord de la ferme et les combats y sont d'une rare intensité. Aménagées progressivement par les Allemands, ces lignes fortifiées deviennent le "Fortin de Beauséjour" contre lequel les assauts successifs français se heurtent. De février et à mars 1915, ce bastion est pris et repris sept fois. La vie y est des plus difficiles. au cours de l'offensive de septembre 1915, l'ensemble du secteur est dégagé. Les régiments qui montaient en ligne arrivaient à pied sur la route de Minaucourt sans cesse bombardée par l'artillerie lourde allemande. A partir de Beauséjour, les soldats prenaient les tranchées pour rejoindre la première ligne. Collection particulière/FBN/DR

  • Cimetière national de l'Opéra, 1925. © MINARM/SGA/DPMA

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    Infos pratiques

    Adresse

    Souain-Perthes-lès-Hurlus
    À 7 km au nord de Suippes, au nord du village, route de Tahure

    Horaires d'ouverture hebdomadaires

    Visites libres toute l’année

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