La nécropole nationale de Souain-Perthes-Lès-Hurlus - Cimetière de la Légion Etrangère

Inscrite au patrimoine mondial

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Nécropole nationale de Souain-Perthes-Lès-Hurlus - Cimetière de la Légion Étrangère. © ECPAD

 

Pour accéder au panneau d'information de la nécropole, cliquer ici vignette necropole_Souain Americain

 

La nécropole nationale de Souain - Cimetière de la Légion Etrangère regroupe, dans un ossuaire, les dépouilles de 128 corps de soldats morts pour la France lors de l'offensive du 25 septembre 1915. Créé en 1920, ce monument-ossuaire est édifié à l'initiative de M. Fanstworth, citoyen américain, pour y inhumer son fils Henri. Engagé volontaire au 1er Etranger, il décède, à l'âge de 24 ans, le 28 septembre 1915. Son corps est inhumé dans deux fosses communes (Fosses 234 – 235 au bois U). En ce lieu dévasté par la guerre, M Fanstworth y érige, non sans difficultés, un monument dédié aux Légionnaires des 1er et 2e Etrangers.

 

Les batailles de Champagne - 1914-1918

Après la contre-offensive franco-britannique de septembre 1914 sur la Marne et l’échec la "Course à la Mer", la guerre de mouvement disparait sur le front ouest. Pour se protéger du feu de l'artillerie, les belligérants s’enterrent.

Au cours de l’hiver 1915, le général Joffre lance en Champagne différents assauts qui se brisent contre les tranchées allemandes. Ces opérations de "grignotage", localisées notamment dans les secteurs de Souain, de Perthes, de Beauséjour et Massiges, sont particulièrement meurtrières. Sans résultat, le front resta figé.

Au cours de l'été, pour rompre le front et soutenir les Russes en difficulté sur le front oriental, Joffre décide de mener une nouvelle offensive. Cet effort principal, appuyé par une autre action en Artois, se déploie dans la grande plaine aride et crayeuse de la Champagne pouilleuse. Long de 25 kilomètres, le front s'étend entre Aubérive et Ville sur Tourbe. Cette action est conduite par la 2e et 4e armée. En face, les Allemands de la IIIe armée sont installés dans de solides tranchées. Plus en retrait, située à contre pente se trouve une seconde position dissimulée des observations aériennes et hors de portée des canons français.

Après une préparation d'artillerie de trois jours, l'attaque est déclenchée le 25 septembre. Les Français enlèvent les premières lignes à l’exception de celles situées notamment sur la butte du Mesnil.

Avec pour objectif d'atteindre la Ferme de Navarin, le 2e de Marche du 1er Etranger n'est engagé qu'à partir du 28 septembre. Au prix de pertes importantes, les légionnaires multiplient les assauts et parviennent à percer les positions ennemies à l'ouest de la Ferme de Navarin, encerclant les positions allemandes et s'emparant de la Butte de Souain. C'est au cours de l'un de ces assauts contre des blockhaus allemands du Bois Sabot que disparait Henry Farnsworth, atteint à la gorge et à la colonne vertébrale. D'autres soldats subissent le même sort comme le fils de l'écrivain portugais Raphael de Carvalho, ou bien encore le poète Blaise Cendrars, blessé grièvement à la main droite.

Plus largement et malgré les efforts consentis, l'élan de cette offensive se brise sur la deuxième position encore intacte. Les troupes françaises s'épuisent et doivent faire face à de puissantes contre-attaques. Au cours de ces assauts, les deux armées perdent 138 000 hommes. En novembre, les conditions climatiques difficiles et l'importance des pertes obligent Joffre à renoncer à conduire de nouvelles attaques. Le front revient à un calme relatif.

L'offensive allemande de juillet 1918 replace ce front au cœur des opérations. Mais engageant la totalité de ses forces de la Meuse à la mer du Nord, le maréchal Foch, fort du soutien croissant des Américains, déploie à l'automne une large manœuvre. Pour la région de Reims, l’armée du général Gouraud s’empare successivement de Navarin, Tahure et de Sommepy. Dans le secteur de Minaucourt, le Mont-Têtu et Le Mesnil sont enlevés par les Français qui franchissent la Dormoise et marchent vers les Ardennes jusqu'en novembre 1918.

Aujourd'hui, la région de Suippes, au travers des vestiges de villages de Perthes, Hurlus, Mesnil, Tahure et Ripont mais aussi de dix-huit nécropoles, conserve le souvenir de ces combats acharnés. Pour la seule commune de Souain, on recense trois autres cimetières militaires et l'impressionnant monument-ossuaire de la Ferme de Navarin rassemblant 10 000 corps de soldats non identifiés et préservant le souvenir des combattants français, américains, polonais, russes et tchécoslovaques qui ont pris part aux opérations sur le front de Champagne.

Le monument Fanstsworth

Grâce à la mobilisation et le dévouement de nombreuses personnes, ce monument, dont la pierre provient de la même carrière que celle utilisée pour la construction de l'Arc de Triomphe, est construit en seulement six mois et est acheminé par voie fluviale, avant d'être transporté sur des axes routiers dévastés. Le 3 novembre 1920, en présence de M. et Mme Farnsworth, ce monument-ossuaire, conçu l'architecte Alexandre Marcel, est consacré par l'évêque de Chalons, Monseigneur Tissier. Deux plaques en marbre noir rappellent le sacrifice des Légionnaires qui s'engagèrent pour la défense des valeurs de la République.

 

  • Nécropole nationale de Souain-Perthes-Lès-Hurlus - Cimetière de la Légion Étrangère. © ECPAD

  • Nécropole nationale de Souain-Perthes-Lès-Hurlus - Cimetière de la Légion Étrangère. © ECPAD

  • Nécropole nationale de Souain-Perthes-Lès-Hurlus - Cimetière de la Légion Étrangère. © ECPAD

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  • Nécropole nationale de Souain-Perthes-Lès-Hurlus - Cimetière de la Légion Étrangère. © ECPAD

  • Nécropole nationale de Souain-Perthes-Lès-Hurlus - Cimetière de la Légion Étrangère. © ECPAD

  • Nécropole nationale de Souain-Perthes-Lès-Hurlus - Cimetière de la Légion Étrangère. © ECPAD

  • Treillage en fil de fer formant une barrière en cas de poursuite de l'ennemi. © ECPAD

  • La Ferme de de Navarin désigne une ancienne ferme-auberge située sur le bord de la route conduisant dans les Ardennes, la Ferme de Rougemont. Celle-ci aurait, en 1827, prit le nom de Navarin, après que son propriétaire ait pris part à la bataille navale de Navarin à l'issue de laquelle la flotte turque a été détruite par les escadres française, britannique et russe, lors de la guerre d'indépendance de la Grèce. © ECPAD

  • Ruines de Perthes-lès-Hurlus. © ECPAD

  • Ruines de l'églises de Souain, 1915. © ECPAD

  • Cantonnements en Champagne. © ECPAD

  • Cimetière américain de Souain. © MINARM/SGA/DPMA